![]() Comme l'avait annoncé European Voice la semaine dernière, les députés européens devraient voter prochainement une augmentation de la dotation mensuelle qui leur est accordée pour payer leurs assistants. Si le chiffre se situerait maintenant autour de 7%, les négociations ont commencé à 15%. Le débat a duré plusieurs semaines au sein de la Commission budget du Parlement européen. En question : faut-il augmenter la dotation dont dispose les députés européens tous les mois, pour payer leurs assistants et secrétaire ? Actuellement, ils disposent d'un montant global de 17540 euros pour l'embauche de quatre personnes au maximum (trois assistants dont deux à Bruxelles et une secrétaire). En plus de cela, 4220 euros sont prévus pour les frais du bureau. Amendement Daul Avec l'arrivée du Traité de Lisbonne et l'application de la procédure de co-décision dans de nouveaux domaines, certains élus ont fait part de la nécessité de revoir en conséquences les ressources qui leurs sont attribuées, du fait de l'augmentation de la charge de travail. Dans un article publié la semaine dernière dans leur version papier, European Voice parlait d'une probable augmentation de 8,7%. Selon un document disponible en ligne sur le site du Parlement européen, en octobre et novembre dernier, la proposition du Parti Populaire (amendement Joseph Daul, président du PPE) européen fixait à plus de 15% l'augmentation par rapport au budget prévu (en diminution par rapport à 2009 du fait de la réduction du nombre d'eurodéputés). Soit environ 2500 euros par députés en plus par mois. Leur dotation aurait ainsi atteint les 20 000 euros. Face l'opposition d'autres groupes, le montant a d'abord été revu à 8,7% comme l'annonçait European Voice, pour ensuite être de nouveau réduit à 5,5% soit un peu moins de 1000 euros par mois (calculé pour 754 députés), pour un coup global de 8,8 millions d'euros. Une augmentation pour quel résultat ? Il est raisonnable de questionner la validité de la réforme. Selon le règlement interne du Parlement européen, chaque député ne peut pas employer plus de quatre personnes (soit un salaire moyen de 4385euros). Si la charge de travail devient vraiment trop grande pour quatre, pourquoi ne pas plutôt changer le règlement en parallèle pour permette de recruter plus, et augmenter leurs moyens financiers en parallèle. L'augmentation seule de leur dotation ne changera donc rien pour ceux qui ont déjà quatre personnes à leur service ou alloué toutes leurs ressources. Autrement dit, pas sûr que la mesure ait l'effet escompté. A moins d'avoir recours aux stagiaires mais à noter aussi que les bureaux des parlementaires ne sont pas extensibles à l'infini. Les dépenses des parlementaires européens, y compris leurs salaires, frais de voyage, bureaux et rémunération des assistants représentent environ 25 % du budget 2009 du Parlement, qui lui se situe aux alentours d'1,5 milliard d'euros. Dans un article publié le 28 janvier 2010, European Voice pointe du doigt un budget qui ne cesse d'augmenter au fil des années. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Add Comment Auschwitz : la passion selon Etty Hillesum 26/01/2010
INTERVIEW & VIDÉO I Mercredi 27 janvier, l'Europe célèbrera le 65ème anniversaire de la liberation des prisonniers d’Auschwitz. André Bossuroi, paradigme du réalisateur européen consacrant son travail à « faire parler la génération Erasmus », a réalisé pour l'occasion un reportage sur la vie et la passion de la jeune écrivaine hollandaise Etty Hillesum, morte dans le camp d’extermination d’Auschwitz. Le Convoi c’est le travail le plus récent du belge André Bossuroi, cet ingénieur devenu réalisateur de documentaires par « goût de l’humain ». Ce film retrace la l’histoire d’Etty Hillesum, une contemporaine et amie d’Anne Franck, qui subit le même sort tragique. Originalité dans le résultat final : le rôle principal est tenu par les jeunes européens d'aujourd'hui. Des étudiants expatriés sont les conducteurs de ce documentaire. Bossuroi n’apparaît jamais devant la caméra. Il préfère que les voix et les interprétations des histoires racontées dans ses films soient incarnées par d’autres, dont la mission ne sera jamais de parler d’eux-mêmes en tant que but ultime, mais de construire un pont pour accéder à d’autres vies et d’autres cultures. Le tout lié à la naissance progressive d’une conscience européenne et d’une génération qui partage quelque chose de plus qu’un passé caïnite. Le Convoi est une road movie compressée « qui invite à regarder droit dans les yeux les discriminations dans la société européenne actuelle à la lumière de l’Histoire des victimes du nazisme », explique Bossuroi. « Ce qui m’a toujours frappé, c’est l’enthousiasme, le cœur de ces jeunes, leur esprit européen », souligne-t-il, en enchaînant par une citation d'Hillesum : « On est partout chez soi quand on porte tout en soi ». Il s’agit là d’une piste pour comprendre les motivation du réalisateur de« Chez moi en Europe », une série de documentaires que l’on peut consulter en une demi douzaine de langues sur les sites de cafebabel.com, Arte et Euronautes. Le témoignage vital d’Hillesum est resté longtemps ignoré. En revanche, il a bouleversé Bossuroi dès la première seconde de lecture. « Son choix radical de la Vie, sa décision d’orienter son regard sur la réalité vivante plutôt que sur la mort ou le désespoir, ce qui lui permet d’encore trouver un sens à sa vie même dans un camp de concentration. » « J’ai aimé cette vie… et, dans les camps, s’est confirmé mon amour de la vie », écrit Hillesum dans son journal regorgeant de sens de l’humain. Bossuroi trouve émouvant « sa capacité de voir en chacun l’Homme dans sa nudité, sa fragilité, à l’heure même où il commet ses actes les plus abominables, … et donc, cet Homme, elle le trouvait aussi dans ses bourreaux nazis, ce qui lui permettait, comme elle le dit, de ne pas en avoir peur ». Européenne avant l’heure, elle pressentait qu’une nouvelle société devrait voir le jour après le désastre de cette guerre. « Elle aurait aimé participer à sa construction et, lorsqu’elle réalisa qu’elle ne survivrait pas, elle aspira à ce que d’autres, à l’avenir, reprennent et continuent le fil de ses écrits. Faire un film comme Le Convoi, c’est se mettre au service d’une parole, d’écrits, d’une pensée qui vous dépassent. Et c’est en entendant les retours des spectateurs qu’on s’en rend compte tout à coup, combien ce message d’Etty les touche et les transforme parfois aussi », résume Bossuroi. Ce film sera diffusé à Auschwitz lors des journées de commémoration du 65è anniversaire de la libération du camp, le 27 janvier 2010. André pense déjà à ses nouveaux projets en compagnie d’autres étudiants européens. Désormais il travaille sur une série de documentaires sur l’aide au développement européenne dans des pays comme le Burundi, l’Afrique du Sud, le Congo ou Madagascar. « Nous avions même prévu de rendre visite aux projets de développement en Haïti courant 2010. C'est maintenu. Le reportage sera en lien avec les conséquences d'une situation d'urgence préexistante, réveillée au monde par le tremblement de terre". Questions/Réponses Si l’Europe était un objet, lequel serait-il selon vous ? Si l’Europe n’était pas un continent, il serait une femme. Mais attention, surtout pas une femme-objet. Racontez-nous une anecdote pendant un de vos tournage ? Lors du tournage du Convoi, cet été, l'équipe vidéo voyageait en Allemagne en train avec une halte prévue à Cologne pour y interviewer une jeune allemande. Juste avant d'embarquer dans le train, celle-ci m'envoit un message disant qu'elle ne souhaitait plus participer au film. Nous voilà donc désoeuvrés et obligés de faire halte "pour rien" à Cologne. Dans le wagon, alors que nous débattons depuis une heure d'Etty, de son livre et du film, mon cameraman se tourne vers moi et me demande: "Est-ce qu'il se passe toujours des choses "magiques" dans tes films?" A ce moment-même, une main enlève de notre tablette le Journal d'Etty qui s'y trouvait. Notre voisin de compartiment se met à le feuilletter, puis nous regarde et nous dit avec son accent anglais: "Je donne des conférences sur Etty Hillesum en Europe". James, c'est son nom, était rabbin, pétri de connaissance et de culture juive. Par l'interview qu'il va nous donner, sur le quai de la gare de Cologne, il nous permet de réaliser, de manière tout à fait imprévisible, la séquence centrale du film en nous expliquant le fondement de la personnalité d'Etty. Magic and wonderful Life ! Chez les gens, vous appréciez plutôt leur sens de l’humour ou leur sens de la compassion ? La relativité, la capacité à prendre du recul sur les personnes et les événements, à se remettre soi-même en question... donc, je dirais le sens de l'humour, indispensable pour cela. Un film qui vous tétanise ? Angel-A de Luc Besson. Fernando Navarro Sordo Europa451 ![]() La nouvelle est maintenant officielle. Jeleva Rumiana renonce au poste de Commissaire européen à l'aide humanitaire. Dans un article plus ou moins prophétique, Jean Quatremer explique les raisons de ce fiasco. Pourtant, l'infortunée commissaire désignée est avant tout la victime de luttes politiques bulgaro-bulgares. Bien sûr que derrière l'éviction de Jeleva Rumiana, il y a la volonté du Parlement européen de s'affirmer face au Conseil et ses décisions unilatérales. Et aussi, la preuve que des alliances sans le Parti populaire européen sont possibles. Pourtant, si les socialistes, verts et libéraux peuvent se féliciter de leur victoire, ils devraient aussi regarder du côté des députes européens socialistes et libéraux bulgares, qui sont finalement les grands vainqueurs et gagnants de l'histoire. En effet, lors des deux attaques concernant un possible conflit d'intérêts et une entreprise créée par les services secrets bulgares de l'époque communiste que possèderait Rumiana, l'assaut a été lancé par des membres de l'opposition bulgare : Ivaylo Kalfin pour le parti socialiste et Antonyia Parvanova pour le Mouvement national de Siméon II. Leur objectif principal n'était nullement l'émergence de la Commission européenne la plus irréprochable possible (dans ce cas, qu'ils auditionnent leurs propres partis ou alliés lors de coalition) mais plutôt d'amener le discrédit sur le gouvernement bulgare de centre droit de Boiko Borisov et son parti, le mouvement "Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie" (GERB), et ce pour des raisons évidente de politique interne. La tactique du ricochet Le GERB, lors des élections nationales de juin dernier a littéralement écrasé les socialistes (18%, plus bas score de leur histoire) et le parti de l'ancien Roi Siméon II, alors qu'ils étaient au pouvoir depuis 2005. Depuis, Borisov jouit d'une cote de popularité indécente, ne laissant que les miettes à l'opposition. C'est ainsi que les deux partis ont saisi l'occasion des auditions des commissaires et de la caisse de résonnance européenne que cela leur procureraient pour malmener le GERB et le gouvernement puisque Jeleva Rumiana était alors encore ministre des affaires étrangères. Fouillant dans son passé, ils ont ainsi trouvé quelques petites choses, assez mineures mais bien suffisantes pour Bruxelles. Porter en premier lieu des coups sur de probables conflits d'intérêts était subtil puisque toute la campagne de Borisov - et son image d'homme nouveau et intègre - portait sur la lutte contre la corruption. Faire tomber Jeleva sur ce sujet, c'était amener le discrédit aux yeux de l'opinion publique bulgare, sur tout le gouvernement et montrer que le GERB ne vaut pas mieux que tous les autres partis politiques bulgares, tous gangrénés par des affaires de corruptions, en particulier le PSB. En détruisant la bonne réputation du parti au pouvoir, les opposants comptent redorer la leur, au prix d'une image de la Bulgarie encore plus dégradée au sein de l'UE. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez lire un article écrit par un membre d'Europa451 sur le délabrement idéologique du Parti socialiste bulgare, héritier du parti communiste d'avant 1989 (disponible sur cafebabel.com). Les compétences étaient secondaires Les Bulgares font partis des citoyens les plus pro-européens de l'UE. Ils voient dans ce nouveau niveau de pouvoirs et compétences, une chance d'échapper à leur classe politique qui se soucie avant tout de ses petits intérêts avant de penser au peuple. Borisov devient ainsi celui qui a tenté de corrompre Bruxelles. Les compétences très légères de Rumiana étaient finalement le fond du problème, mais comme le démontre le peu d'importance que ce critère prend avec la candidate britannique Ashton (affaires étrangères quand même), cet argument ne fut utile que pour combler l'affaiblissement des accusations envers la Bulgare. Georgieva à la rescousse Toutefois, avec le retrait de la commissionnaire désignée, c'est l'heure du premier échec national pour Borisov. L'opposition bulgare peut ainsi crier victoire, bien aidée par les députés européens verts, socialistes et libéraux qui n'ont peut-être pas tous saisis la manœuvre. Bien sûr, le premier fautif dans tout cela est Boiko Borisov, étant celui qui a choisi d'envoyer Jeleva Rumiana à Bruxelles alors que dès le début, ses compétences étaient remises en cause (en Bulgarie tout du moins). Et la question qui se pose : pourquoi ces affaires n'ont pas été mises au clair avant, pour éviter tout faux pas, dans un milieu bruxellois très sensible à la corruption. Le nouveau nom qui circule maintenant pour obtenir le poste est celui de Kristalina Georgieva, officielle bulgare travaillant actuellement à la Banque Mondiale. Elle était pressentie au poste de ministre des finances dans le gouvernement actuel, mais c'est finalement Simeon Djankov, un autre économiste issu de même institution qui a obtenu le poste, avec qui elle possède des liens de parenté. Espérons qu'elle connaisse un meilleur sort que Jeleva. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Jeleva, passera ou passera pas ? 14/01/2010
![]() Depuis mardi 12 janvier et l'audition manquée de la candidate bulgare à la Commission européenne, le flou règle. Possède-t-elle une entreprise ? Les socialistes vont-ils l'approuver ? Quelle sera la réaction des conservateurs ? S'il n'y a aucun doute sur la qualité de la performance de la désignée au poste de Commissaire européenne à l'aide humanitaire -médiocre- de nombreuses questions émergent depuis sur ce qu'il va advenir d'elle. Global Consult = Auto Spa Les faits concernant le conflit d’intérêt qui lui était reproché commencent à se préciser, la presse bulgare et bruxelloise ayant travaillé sur le sujet, Europa451 compris. Il semblerait que Roumiana Jeleva possédait bien jusqu’en avril 2009, la société Global Consult (voir Europa451, le 12 janvier 2010) avant de la vendre à deux personnes. Selon certains médias comme Euractiv, elle posséderait encore 60% de l’entreprise, mais l’information serait encore à confirmer. Et selon les documents que nous avons publié hier, Jeleva aurait vendu toutes ses parts. De plus, le 22 avril dernier, selon un document que nous nous sommes aussi procurés, Global Consult est devenu Auto Spa. Il n'y aurait donc qu'une seule et unique société en cause. Acquisition immobilière Reste que si maintenant la situation ne présente plus à première vue de « conflits d’intérêts », reste que lors de son mandat d’eurodéputé entre 2007 et 2009, Roumiana Jeleva n’a pas fait mention dans sa déclaration financière auprès du Parlement européen, de cette compagnie. Alors que dans le même temps, des documents révélés par les médias bulgares (voir toute à la fin de l'article, les déclarations de 2007, 2008 et 2009) démontrent qu’elle la déclarait auprès des autorités de son pays. Assez curieux comme comportement qui pourtant brouille sa crédibilité et transparence. Pour aller plus loin, Euractiv.com révèle une possible affaire immobilière. Jeleva aurait en effet acquis pour la somme de 1000 euros, une villa d’une soixantaine de mètres carrés au bord de la mer Noire. Alors que dans cette région, un simple mètre carré vaut parfois plus de 1000 euros. Cela ramène les soupçons vers son mari, homme d’affaire dans l’immobilier, secteur où la mafia est omniprésente. Guéguerre PSE vs. PPE Le principal problème dans toute cette histoire n’est pas la gravité des faits qui lui sont reprochés. Dans le passé d'’autres commissaires ont aussi connu des déboires de conflits d’intérêts comme Neelie Kroes qui siégeait dans les conseils d’administrations des entreprises, avant 2004, impliquant qu’elle serait très probablement amenée à condamner en tant que responsable du respect des règles de compétition dans l’UE. Mais à ces doutes, Jeleva a rajouté une incompétence flagrante, ne maîtrisant pas ses dossiers et évoquant même lors de son audition la possibilité de se rendre en Somalie, pays où la durée de vie d’une Occidentale n’excède guère la demi-heure. C’est ainsi que les socialistes européens, et les Verts se sont emparés de l’affaire allant même jusqu’à évoquer le rejet de sa nomination. Le Parti populaire européen dont elle est issue, tout lui apportant son soutien, commence à organiser sa défense, en laissant courir le bruit qu’eux aussi pour rejeter un candidat socialiste. Si au début le nom d’Ashton circulait, il semblerait que le choix du slovaque Maros Sefcovic soit plus raisonnable (pour des propos datant de 2005, quelque peu racistes envers les Roms). Mettre un non catégorique sur le nom de la Haut représente aux affaires européennes reviendrait à rejeter un choix du Conseil unanime et résultat de plusieurs semaines de négociations. Ce que les 27 chefs d’Etat n’apprécieraient que fort peu. Mise à jour : au moment où nous publions ces lignes, le groupe PPE organise une réunion de presse concernant le commissaire slovaque. Il devrait annoncer le refus des conservateurs d'accepter sa nomination, comme représailles après les déclarations socialistes sur Jeleva. Quant à la Commission européenne, son Président, José Manuel Barroso devrait se prononcer aujourd'hui sur l'avenir de la candidate bulgare. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Après une audition catastrophique, la candidate bulgare à la Commission européenne, Roumiana Jeleva, est sur la sellette. Outre la mise en avant d'une certaine incompétence, elle a été attaquée sur un conflit d'intérêt, concernant l'époque 2007/2009 alors qu'elle était députée au Parlement européen. Selon certaines sources, elle possédait à la même époque une entreprise de consulting "Global Consult" sans l'avoir déclaré. Hier, l'intéressée a nié les faits. Aujourd'hui Europa451 publie les documents officiels. L'eurodéputée libérale bulgare, Antonyia Parvanova, a déclaré hier lors de l'audition de Jeleva que cette dernière avait conservé jusqu'en 2009 des activités dans cette société controversée et renommée depuis. Tout en ajoutant "je ne parle pas de rumeurs, je parle de documents officiels". Vous trouverez les fameux documents officiels en bas de cet article, Europa451 se les étant procurés (en bulgare): le titre de propriété de l'entreprise Global Consult daté du 14.04.09, nommant formellement Roumiana Jeleva comme propriétaire (doc1) et l'acte de vente à la même date à deux autres personnes (doc2). Voici le titre de propriété avec des repères de traductions et la date d'émission à la fin. Ces documents officiels de l'administration bulgare démontrent bien que la prétendante au poste de Commissaire européen était en conflit d'intérêt lors de sa mandature d'eurodéputée entre 2007 et 2009, ne prenant pas la peine de le signaler dans sa déclaration financière. Elle a pourtant affirmé lors de l'audition qu'elle était une "personne publique depuis 2007" et qu'elle assure avoir "déclaré tout ce que j'étais obligée de déclarer". Lors de l'audition, la tournure utilisée par Jeleva était aussi de dire que l'entreprise n'était plus active depuis longtemps. "La société Global Consult ne fonctionne plus depuis longtemps et conformément à la législation bulgare, cela a été déclaré, et je peux le prouver, documents à l'appui". Qu'elle fonctionne ou non, le fait est là : elle était propriétaire et l'a caché au Parlement européen, avant de la revendre en 2009 à Iveta Koleva et Svetoslav Donev (voir doc 2). Aujourd'hui, le conflit d'intérêt n'existe donc plus (on ne peut alors que lui reprocher que ses erreurs passées). Cet argumentaire rappelle celui de la française Rachida Dati qui a enregistré une société de consulting l'été dernier en France. L'eurodéputée s'en est justifiée en argumentant qu'elle n'était pas encore active. Reste que la nomination de Jeleva, malgré le soutien assuré de son Premier Ministre, semble de plus en plus difficile à tenir. Europa451
La politique étrangère reste une compétence jalousement gardée par les Etats membres de l’Union européenne. La nomination Catherine Ashton, personnalité sans expérience dans le domaine, est selon certains l’expression de la « non volonté » de communautarisation de ce champ politique. Pour analyser ces faits et les tendances, une nouvelle revue a été lancée en 2009. Le titre est des plus évocateurs : European Union Foreign Affairs Journal. Trimestrielle, l’ambition de cette revue est de mettre en relief les nouveaux enjeux de la politique étrangère européenne en étant « un outil d’information » à la fois descriptif, explicatif, constructif et critique, non seulement sur le plan théorique mais aussi pratique. Créée par un groupe de personnes ouvertement européens et de différentes origines (Allemand, Français, Macédonien), l’objectif est le débat ouvert et sans tabou, laissant la parole à d’autres opinions sur le rôle de l’Europe, vu de l’extérieur. Entièrement en anglais, le prix de l’abonnement varie entre 48 et 96 euros par an. Selon les dires même de l’équipe, « cette nouvelle publication en ligne a été conçue par des Européens qui veulent voir l'Union européenne plus forte et se focalisant plus sur la politique internationale, la politique européenne de défense et agissant de façon responsable dans le commerce international ». Pour toutes informations supplémentaires, cliquez ici. http://www.eufaj.eu/ Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Mal à la Francophonie 11/01/2010
Dans un article récent sur les Coulisses de Bruxelles, Jean Quatremer fait état du monopole de plus en plus important de l'anglais au sein des institutions européennes, et ce même parmi les journalistes en poste à Bruxelles. La construction européenne parfaite se ferait dans le respect des diversités linguistiques de chacun, avec des citoyens européens plus multilingues les uns que les autres. Bien loin de réalité... Depuis quelques semaines, trône fièrement devant le Parlement européen, un sapin de Noël, cadeau de la Pologne aux eurocrates. En passant à côté, un membre d'Europa451 a été interloqué par les inscriptions du socle. En quatre langues. Belle performance linguistique..sauf qu'en regardant de plus près, voilà ce que cela donne. Pour ceux qui n'arriveraient pas à voir : - la deuxième ligne (après celle écrite en anglais) dit : "L'épicéa vient du Forêts d'Etat de la Pologne" - la dernière ligne dit : "Directeur Général du Fôrets d'Etat". Même erreur, deux fois. Et on ne reviendra pas sur la formulation maladroite "de la Pologne". A se demander qui a traduit le texte ? Google ? Oui au multilinguisme, mais pas à n'importe quel prix. Surtout venant d'un pays ayant le statut d'observateur au sein de l'Organisation Internationale de la Francophonie. Cela en deviendrait presque ridicule. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 | ArchivesJanuar 2012 Europa451?
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