![]() NEWS/ Jeudi 19 novembre, alors que toute l'Europe avait les yeux rivés sur le Conseil européen et les nominations, le United-Kingdom Independence Party (UKIP) a lancé sur Internet une grande pétition. Elle porte sur l'organisation d'un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. Le leader de ces conservateurs d'extême droite, anti-européens farouches au sein de l'hémicycle bruxellois, Migel Farage a déclaré : "c'est une réelle chance pour le peuple de Grande Bretagne de montrer que quelque soit le prochain gouvernement (ndlr: les britanniques vont voter au printemps prochain), ils sont fatigués des mensonges et qu'ils veulent avoir leur mot à dire au sujet de l'appartenance de leur pays à l'UE". L'objectif, même si assez utopiste, est de forcer le gouvernement de Brown ou le prochain à demander l'avis des citoyens britanniques en espérant qu'ils disent non et ainsi obtenir ce dont rêve l'UKIP depuis sa création (sa raison d'être même): sortir de l'UE et redonner à la Couronne toute sa souveraineté. Pour la forme, il est quand même intéressant de noter que Farage utilise indirectement une nouvelle ressource du Traité de Lisbonne, qui pour la première prévoit qu'un pays puisse quitter l'UE (art.50), ce qui était impossible jusqu'à présent (et encore jusqu'au 1er décembre 2009). Pour quelqu'un qui a si durement critiqué ce traité, il semble lui trouver aussi quelques avantages. C'est d'ailleurs ce que disait Europa451 au sujet des eurosceptiques lors de la campagne irlandaise en septembre dernier. Voter oui était dans leur intérêt. Reste à savoir maintenant si une pétition pourra amener un gouvernement britanniques, même conservateur à tenter le diable. Car si critiquer l'UE est une chose, la quitter (et tout ce que cela comporte en terme de perte d'influence, d'opportunités, etc) est en une autre. David Cameron (futur probable Premier ministre après les élections du printemps 2010 qui devraient ramener les Torries au pouvoir) serait bien téméraire. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Add Comment Union européenne: du soft au "weak power" 20/11/2009
![]() EDITO/ Les négociations de couloirs et dinatoires auront finalement durées moins longtemps que prévues. En un peu plus d'une heure, les chefs d'Etats et de gouvernements de l'UE ont désigné le Président du Conseil européen et le Haut représentant en politique étrangère. Une nouvelle pourtant peu réjouissante pour l'avenir de l'Europe. Dans les années 90 a émergé dans le monde académique des relations internationales, un nouveau concept. Celui du "soft power" ou "pouvoir doux" en français. Ce terme désigne la capacité d'un acteur politique d'influencer la scène internationale ou obtenir quelque chose, sans avoir recours à des moyens de coercitions. A l'inverse, se trouve le "hard power", qui lui utilise des moyens directs, militaires pour ne citer que les plus radicaux. Une puissance sans puissance L'entité politique mondiale définissant le mieux ce pouvoir de la douceur est l'Union européenne. Première puissance économique mondiale en termes de PIB, regroupant près d'un demi-milliard d'individus, elle cherche avant tout à influencer les négociations internationales en utilisant les règles de droit, voire en les implantant là où elles sont bafouées. Les nombreuses missions de la paix sponsorisées par l'UE en sont la meilleure preuve. Ce particularisme est en parti dû au fait que les moyens de coercitions échappent encore en grande partie à Bruxelles, les gouvernements nationaux gardant la main sur la politique étrangère et l'usage de la force, qu'elle soit civile ou militaire. La tuer dans l'oeuf Or, l'Union européenne aspire à une place de choix au sein du jeu mondial, par l'intermédiaire de ses membres qui voient leur influence diminuer au fur et à mesure que de nouvelles puissances émergent. Depuis que le changement climatique est devenu un sujet de discussion international, l'UE cherche à s'imposer en tant que leader et exemple pour le reste de la planète. Même chose sur le plan de la sécurité: intervention au Tchad avec l'Eufor, ou l'opération Atalanta au large des côtes somaliennes. Les signaux sont encore peu clairs, mais les vieilles nations d'Europe voudraient encore être prises au sérieux. Pourtant, c'est tout cela qui vient d'être tué, ce 19 novembre 2009 quand lors d'un diner au Conseil, le nom de Herman Van Rumpuy et Catherine Ashton ont été acceptés. Ces deux personnages aux postes respectifs de Président permanent du Conseil européen et de Haut représentant en politique étrangère, c'est l'affirmation de la volonté de faiblesse volontaire de l'UE, de sa démission au nom de la sauvegarde des pouvoirs personnels de nos chefs d'Etat qui ne veulent pas être dérangés dans leurs petits arrangements. L'UE vient d'inventer un nouveau concept: le weak power…Un isolationnisme à l'européenne: nous aurions la possibilité d'acter sur le jeu mondial et nous le voulons, mais toutes les chances d'y arriver sont systématiquement annihilées par nous-mêmes. Nous nous auto-neutralisons. Par le refus ou la peur qu'éprouvent les chefs d'Etat à aller plus loin dans l'intégration, seul moyen pour rester un "power". L'Europe refuse d'assumer, de s'armer de courage politique. Tout le monde s'accorde à dire que le projet a besoin d'une relance, mais personne ne le fait. Le Traité de Lisbonne ne résoudra rien par lui-même. Il faut les hommes qui vont avec. La faiblesse, nouvelle qualité politique Il n'est écrit nulle part qu'un soft power se doit par la même occasion d'être un pouvoir faible. Or c'est que représentent Van Rumpuy et Ashton. Le premier, en tant que futur ancien Premier ministre belge est le symbole de la culture du compromis, du consensus, de l'absence assurée de vagues ou d'initiatives trop révolutionnaires. Il a réussi à faire vivre Flamands et Wallons ensemble pendant un an et demi, en enterrant certains dossiers (BHV par exemple), pourquoi pas 27 nations. Concernant Catherine Ashton, le poteau rose est encore plus flagrant. Pur produit des années Blair (son ascension date de cette époque), c'est une spécialiste avant tout en éducation et business. Un rapide coup d'œil sur son cv ne fait aucun doute la dessus. Alors pourquoi mettre quelqu'un qui n'a aucune expérience en relations internationales à un poste si stratégique, si ce n'est pour le torpiller et le rendre insignifiant? Javier Solana, le Haut représentant sortant avait au moins le mérite d'être l'ancien patron de l'OTAN. Or avec une britannique à la tête de la diplomatie européenne, tout en étant sûr qu'elle appellera Londres (donc Washington) avant de bouger, elle se contentera par ailleurs de faire le suivi administratif, rien de plus. Aucun de ces deux personnages ne sont charismatiques, ni connu du public européen et encore moins des autres chefs d'Etats du monde. Ils représentent la faiblesse et ont été choisi pour ce défaut qui devient une qualité sur notre continent. Qui pense vraiment qu'Obama ou Poutine appelleront Van Rumpuy ou Ashton pour parler à l'Europe ? Berlin, Londres et Paris resteront les trois numéros nécessaires. Bruxelles restera un ghetto isolé. L'hypocrisie du Mur C'est là toute l'hypocrisie de nos dirigeants, chefs de chantier de la construction européenne. Avec les 20 ans du 9 novembre 1989, nous avons pu entendre les plus beaux discours possibles et imaginables sur l'Europe, son unité retrouvée, son avenir commun et les défis qu'elle doit relever pour perdurer avec ses idéaux dans le XXIème siècle. Merkel et Sarkozy en ont même rajouté une couche avec le 11 novembre, la réconciliation franco-allemande, de nouveaux projets, un ministre commun, etc. Ils viennent là de montrer leurs vrais visages: l'UE, cela ne les intéresse que pour les fonds régionaux ou agricoles qu'ils peuvent ramener à la maison et les beaux discours d'anniversaire sous la pluie. Rien de plus. L'amitié et la solidarité européenne ne sont que de façade. La méfiance règne entre tous. Les Polonais se méfient toujours des ambitions allemandes, les Britanniques sont membres par défaut et craignent le fédéralisme comme la peste, les Français voient leur couple et leadership franco-allemand menacé par l'Est, les petits ont peur de se faire manger par les gros, les pays ayant souffert du communisme se considèrent comme méprisés par l'Ouest, etc. La vassalité annoncée Tous sont conscients que seuls ils ne comptent plus dans le jeu international, qu'Obama les trouve insignifiant, que les Russes les méprisent et que les Chinois n'en veulent qu'à leur technologie, mais sont encore trop fiers et sûrs de leur bon droit pour ne pas voir l'opportunité que constitue l'Union et qu'ils viennent de rater une chance historique. Une chance historique de relancer le projet qui est essoufflé par 10ans de négociations et réformes institutionnelles bancales et des élargissements successifs doublant le nombre de ses membres. Une chance historique de pousser l'UE vers la scène internationale, d'en faire un acteur véritable et responsable, assumant sa place. Pourtant, avec ces deux nominations, complétant celle de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission en septembre, c'est bien une Europe vassale de ses membres, de ses petits intérêts personnels/nationaux, d'elle-même qui se dessine. Une Europe qui n'a aucun projet d'avenir si ce n'est celui de vivre de ses maigres acquis et de se présenter comme un espace géographique rempli de bonnes intentions où il fait bon vivre. Une Europe qui ne tardera pas à se faire marginaliser par des acteurs bien plus sérieux qu'elle. L'abdication. Comme un goût de Munich. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 ![]() INTERVIEW/ Barcelone accueille du 18 au 20 novembre le congrès annuel de l'Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe (ADLE). L'eurodéputé belge Annemie Neyts y sera réélue en tant que présidente pour la troisième fois dans ce parti qui a très bien résisté aux élections européennes malgré la crise économique que beaucoup de gens expliquent par un excès de libéralisme. « Je ne suis pas pour la parité systématique hommes-femmes pour les postes à responsabilitéde l'UE, mais comme nous sommes très loin de l’atteindre, cette parité, nous avons une marge de manoeuvre pour exiger qu’il y ait plus de femmes », explique la présidente de l’ADLE, Annemie Neyts. Pour la première fois, les libéraux et réformistes européens organise un congrès en Espagne, à Barcelone. C’est logiquement un des partis membres qui est en charge de l'organisation, la Convergencia Democrática de Cataluña. Tout devrait se dérouler sans soubresauts en interne et en tout optimisme après les bons derniers résultats en Allemagne, Roumanie et aux dernières élections européennes de juin 2009. « La solution proposée par les libéraux pour qu’il y ait plus de femmes à la Commission européenne passe par le fait que chaque pays choisisse deux personnes pour le poste, un homme et une femme. Autrement, les pays qui se sont pressé de proposer un homme pour leur poste de commissaire obligent les pays restants à choisir des femmes pour donner un semblant de parité dans l’UE », raisonne Annemie Neyts. Le pari pour les femmes caractérise l’ADLE. Après les Verts, leur groupe est dans la Chambre européenne le plus féminisé, avec 42,5% de députées. De même, dans la Commission européenne, l’ADLE apporte plus de femmes que personne d’autre, avec Neelie Kroes (Concurrence), Meglena Kuneva (Consommateurs), Marian Fischer-Boel (Agriculture) et Androula Vassiliou (Santé). En revanche, pas de noms libéraux pour occuper la présidence de l’UE et le responsable de la Politique Étrangère et de Sécurité, postes qui seront décidés à partir du 19 novembre. Seraient-ils, les libéraux, prêts à soutenir une femme pour présider l’UE, même si elle ne provenait pas des rangs libéraux ? « Je connais bien les candidates. Tarja Halonen et Vikke-Freiberga me semblent très compétentes ; Mary Robinson pas tellement, que je respecte beaucoup pour son travail en tant que Premier ministre en Irlande, mais pas tellement pour son action auprès des Nations Unies dans la défense des Droits de l’Homme », juge Neyts. « Ceci dit, si jamais il y avait un candidat homme libéral ça me poserait un problème de conscience, même si au final je soutiendrais le libéral ». Le groupe des libéraux et des démocrates (ALDE) au Parlement européen est passé de 101 à 84 députés aux élections en 2009. Vous êtes satisfaites avec le résultat ? Je dois vous corriger. Les élus libéraux sont passés de 74 à 73. Ce sont surtout les démocrates qui ont perdu du terrain : les Italiens du Parti Radical, les Français du Modem. Sans oublier les italiens de Francesco Rutelli qui ont déménagé chez les socialistes. En revanche, le parti libéral en Italie, Italia dei Valori, a fait un très bon score. Malgré cette crise économique que l’opinion publique tendait à identifier comme un excès de libéralisme, les électeurs ne vous ont pas fait payer une facture trop chère. Certains intellectuels et dirigeants de la gauche pensent que le libéralisme est mort avec cette crise. Mais les électeurs ont démontré le contraire. Comment vous interprétez le râteau que s’est pris la gauche en Europe ? La social-démocratie ne parvient pas à articuler un discours cohérent et se voit dépasser à gauche par les utopistes, les ex communistes, les marxistes… Et même les Verts dans des pays comme la France ou la Belgique. Pour l’instant aucune régulation européenne pour le secteur financier n'est prévue. En avons-nous toujours besoin maintenant que l’UE sort de la crise ? Bien sûr que oui, mais les États doivent se mettre d’accord et ce n’est pas facile. Chacun a sa vision. Ils doivent s’accorder s’ils lancent une réforme intégrale avec une seule norme ou bien s’ils le font de façon progressive, en commençant par réglementer les opérations financières transfrontalières. Vous croyez vraiment qu’il y aura une régulation ? Sans doute. Il faut renforcer les mécanismes de contrôle. Et la rémunération des dirigeants de banque ? J’avoue mon ignorance à ce sujet. Il se pose un problème moral, en effet, quand les institutions financières soutenues à bras le corps par les pouvoirs publics avec des moyens financiers publics offrent des salaires faramineux à leurs dirigeants. Mais il ne faut pas tout mélanger : ce n'est pas cela qui a provoqué la crise. Maintenant que les pouvoirs publics ont sauvé le secteur financié, faut-il faire de même avec les chômeurs ? L’État paie déjà des allocations aux chômeurs. Mais peut-on parler de sortie de crise quand bien que le PIB augmente, l’emploi ne connait pas de reprise ? En effet, ces deux facteurs ne vont pas toujours de paire. La reprise économique ne se traduit pas de façon automatique avec une reprise de l’emploi. Soit parce que les entreprises gardent leur argent le plus longtemps possible, soit parce que le marché du travail est cadenassé et les chefs d’entreprise n’embaucheront pas avant d’être sûrs que la crise soit passée. Vous pensez à quels pays ? À l’Espagne ou la Belgique. La chute du mur de Berlin a fait la Une de tous les médias en Europe comme un évènement important dans l’histoire de l’Union. Que doit-on fêter : la défaite du communisme ou la défaite des dictatures ? Il faut fêter la défaite des systèmes autoritaires et le fait que ce sont ces peuples européens qui se sont libérés eux-mêmes. Dans les pays du sud de l'UE, les partis communistes ont lutté contre les dictatures. Que faire d'eux dans l'Histoire européenne ? Cela dépend de leur propre placement. En Espagne et au Portugal, les communistes sont encore marxistes. Pas en Italie. [En Espagne et le Portugal les communistes ont encore une forcé électorale notable] Chacun est maître de sa propre survie et de sa propre mort. Fernando Navarro Sordo Europa451 ![]() Voilà, c'est fait. L'Europe et le Monde viennent de célébrer les 20ans de la chute du Mur. Au lendemain de l'évènement, les Allemands se sont réveillés avec la gueule de bois et la réunification en perspective. Toutefois, l'idée de revoir une Allemagne unie et forte n'était pas du goût de tous. Surtout chez ses proches partenaires. « J’apprécie tellement les Allemands que je préfère qu’il y ait deux Allemagnes plutôt que une », a déclaré un jour la Première ministre conservatrice du Royaume Uni, Margaret Thatcher. Cette position tranche avec celle du chancelier de l’Allemagne fédérale de 1989, le démocrate-chrétien Helmut Kohl qui avait exprimé son souhait que les deux Allemagne fussent un jour une seule. Toutefois la position du Royaume-Uni, mêlée de crainte et de scepticisme n'était pas isolée en Europe. Le dirigeant de l’Italie, Giulio Andreotti, pays qui s’était embarqué en allié avec son voisin du nord dans les aventures guerrières des années 40, se méfiait d’une nouvelle unification allemande, craignant une « renaissance du pangermanisme ». De l'autre côté des Alpes, le Président français , François Mitterrand, tout en se prenant en photo avec Kohl de la main pendant des commémorations lacrymales à la vue du monde entier, insistait que « la question des frontières n'était pas parmi les priorités ». Il faut dire que la France avait largement payé les factures pendant le siècle dernier des guerres déclarées par son voisin germanique et qu’il existait encore une génération de vétérans gaulois qui manifestait au quotidien son rejet à l’amitié franco-allemande au sein de l’Europe. Mais pour en revenir à la Première ministre britannique, elle arriva même à suggérer à Gorbatchev que l’URSS devait éviter ou retarder la réunification allemande. Ceci dit, ce qui faisait surtout peur à cette dame de fer c’était le potentiel économique allemand pourrait éclipser le projet libéral que le Royaume Uni voulait étendre au reste de l’Europe. Une Europe qui voyait approcher le Traité de Maastricht, le marché unique, la monnaie unique et le risque de devoir augmenter le budget de la solidarité de l’UE destiné à la redistribution dans le continent. Des amis et des intérêts à négocier D’une certaine façon, Thatcher avait raison. À peine un an après la chute du mur, l’Allemagne s’était déjà réunifiée et le plus important dans cette opération hisotorique était la facture énorme qui en découler pour financer le rattrapage économique après 40ans de communisme. Face à la méfiance des ses trois grands voisins européens, Helmut Kohl a du chercher des alliés ailleurs. Ces soutiens, Kohl les a trouvé en premier lieu auprès du Bénélux, et ensuite chez le Président républicain des États Unis, George Bush père. Sans oublier un autre pays, nouvellement accroché à l'Europe et qui avait grand besoin d’inclure dans le Traité de Maastricht une politique de redistribution des richesses à un niveau européen pour être compétitif dans le futur marché unique : l’Espagne du socialiste Felipe González. Ce dernier avait également soutenu l’éventuelle installation de missiles sur le sol allemand en cas de danger venant de l’Est. En échange, l’Allemagne non seulement devrait financer la reconstruction des six états de l’Est, mais aussi les fonds de cohésion que l’espagnol González, le portugais Soares et le président de la Commission européenne, Delors, –tous socialistes- défendaient pour la nouvelle Europe. Vingt après, l’unification, loin de créer une hégémonie allemande sur le continent a surtout handicapé le pays qui a du transférer 1300 milliards d'euros vers les nouveaux Landers. Quant aux nationalismes, ils sont plutôt venus des autres pays de l’Est européen, du Royaume Uni ou de l’Irlande, obsédés par leur souveraineté nationale face à l’avancée de la construction européenne. Quant au budget de l'UE, il atteint toujous péniblement les 1% du PIB européen et si l'Allemagne panse ses plaies de la division petit à petit, ce sont aujourd'hui d'autres pays qui se fissurent petit à petit en deux. Juste à titre d'exemples: l'Italie, ou la Belgique. Fernando Navarro Sordo Europa451 Deux mille personnes voteront à partir d’aujourd’hui pour leurs candidats préférés pour les faire obtenir les prix de l'"European Film Akademy". La tradition consistait à attendre le dernier jour du Festival de Cinéma Européen de Séville (SEFF) pour annoncer les nominés mais 2009 inaugure une nouvelle méthode. Pour connaitre les vainqueurs il faudra toutefois attendre un mois et faire un tour à Bochum, en Allemagne. Les films qui ont fait l’objet de plus de nominations pour les récompenses européennes sont le français Un Prophète, de Jacques Audiard, le britannique Slumdog Millionaire, de Danny Boyle, le germano-britannique The Reader, de Stephen Daldry, un autre britannique avec Fish Tank, d’Andrea Arnold, et le danois Anthécrist, de Lars von Trier. Ne pas oublier Pedro Almodóvar et ses Étreintes brisées ont aussi bénéficié de trois nominations. À partir d’aujourd’hui, les deux mille associés de l’académie du cinéma européen devront voter pour leur film préféré. Le 12 décembre, nous connaîtrons le contenu des enveloppes les plus prisées dans l’idustriedu film continental pour la vingt-deuxième fois. Les six candidats à départager pour le prix du meilleur film sont Un Prophète (France), Le ruban blanc (Allemagne, Autriche, France et Italie), Slumdog Millionaire et Fish Tank (Raoyaume Uni), Let the right one in (Suède) et The reader (Allemagne et Royaume Uni). Presque tous ces films ont déjà obtenu la reconnaisance des jurys dans des festivals tels que celui de Cannes ou Belrin ou lors des Oscars de Hollywood. Fernando Navaroo Europa451 ![]() (Flickr/y.caradec) EDITO/ Embourbé dans des affaires scandalo-buzzantes, le gouvernement français a misé sur un débat haut en couleurs pour détourner l'attention médiatique et populaire: l'identité nationale. Succès assuré en ces temps de crise, mais rien de nouveau à l'heure de la construction européenne. En Espagne, le thème de l'identité nationale revient très régulièrement dans les médias. La faute aux régionalismes catalan et basque qui parfois mettent à mal l'Etat espagnol. En France, c'est plus rare, mais assez ponctuel, correspondant souvent à des périodes troublées ou pré-électorales. Car si la France se veut universelle, elle aime aussi fixer ses propres règles. Les euro-députés embrigadés Lors de l'annonce de ce débat par le ministre de l'immigration et de l'identité nationale, Eric Besson, ce dernier a tenu à préciser que les élus seront mis à contribution, dont les députés européens. Intéressant. Scrutant la presse depuis plusieurs jours, Europa451 trouve néanmoins que si les anciens discours sont de retour, l'aspect innovateur de l'Europe est très absent. Car peut-on encore en 2009 considérer que l'identité française est un vase clos national alors que les interactions avec nos voisins et partenaires n'ont jamais été si grandes ? En ce moment même, Nicolas Sarkozy pense et veut transformer le 11 novembre, jour symbole par excellence du sacrifice du soldat citoyen français, en journée franco-allemande. Il ne faudrait pas oublier que l'identité française s'est largement construite en opposition à celle de ses cousins germains. Ils ont misé sur le sang. Ernest Renan en 1883 avec son discours devant la Sorbonne a pris le contre-pied en misant sur l'adhésion à des valeurs, avec ce fameux "plébiscite de tous les jours". 1992, année citoyenne Depuis nos frontières sont tombées, plus rapidement qu'elles n'ont été construites. Aujourd'hui, une simple carte d'identité suffit pour aller de Lisbonne à Helsinki. Ce que ne manquent pas de faire une jeunesse qui explore les possibilités de la mobilité estudiantine ou professionnelle à grand renfort de multilinguisme. L'exemple souvent évoqué de Bruxelles et son quartier européen n'est qu'une partie de l'iceberg. Dans ce joyeux capharnaüm, les Français ne sont pas en reste, ni repliés sur leur vieille nation comme pourraient le croire certains. Ils sont les plus nombreux à participer au programme Erasmus, et les expatriés se comptent par milliers: 300 000 au Royaume-Uni, 200 000 en Belgique, 160 000 en Allemagne, 82 000 en Espagne, 5000 en Pologne, etc. Tous ceux-là (et bien d'autres) ont compris que si leur nationalité est française, leur citoyenneté est européenne. Et ce, depuis 1992 et le Traité de Maastricht, article 8 : 1. Il est institué une citoyenneté de l'Union. Est citoyen de l'Union toute personne ayant la nationalité d'un État membre. 2. Les citoyens de l'Union jouissent des droits et sont soumis aux devoirs prévus par le présent traité. » En découle alors des droits (nombreux mais encore limités sous certaines conditions) et de devoirs (encore non définit mais répétés dans la Charte des droits fondamentaux). C’est finalement là que se situe tout l’enjeu : dans ce nouvel équilibre entre nationalité et citoyenneté puisque le traité est clair : avoir une nationalité d’un Etat membre de l’UE vous confère automatiquement la citoyenneté européenne. Les pourfendeurs de l'Europe diront que cela est artificiel, mais venant d'un Français, cela serait cocasse puisque l'identité française a été construite principalement par l'Etat centraliste, sacrifiant les particularismes régionaux. Tous Français ? Le XIXème a justement permis l’émergence de l’Etat-nation, concept dans lequel la nationalité et la citoyenneté sont mêlés, expliquant la fin d’Empires comme celui de l’Autriche ou Ottoman, ne pouvant s’y conformer. Or, depuis 1945, il y a un décollement progressif entre les deux. D’abord de traité en traité, puis aujourd’hui dans la vie quotidienne, la citoyenneté échappe de plus en plus à nos vieux Etats, étant remplacés par l’Union européenne : Cour de justice des communautés européennes, Parlement européen, Charte européenne des droits fondamentaux. Ce sont ces organes qui aujourd’hui protègent le citoyen, pouvant recadrer un Etat niant les principes européens dans ses actes. Et c’est là qu’on peut apercevoir la faiblesse du débat français. Beaucoup déclarent depuis plusieurs jours qu’être Français signifie être attaché aux valeurs démocratiques, aux droits de l’Homme, à la liberté. Si tel est le cas, l’Europe entière est française. Ces valeurs sont celles de tout un continent (et même plus), et pas seulement d’une nation. Tenir de tels discours était possible quand une moitié d’Européens vivait sous jougs communistes ou que les régimes fascistes étaient plus nombreux que les démocraties. Mais en 2009, cela ne tient plus la route. De nouveaux facteurs sont à prendre en compte. Une migration verticale La difficulté est que ce phénomène est vertical, allant vers le haut, vers la création d’un nouvel ensemble, plus grand que les précédents, alors que la tendance actuelle est inverse. Depuis plusieurs années, nous assistons au développement d’identités individuelles, horizontales : sexuelle, religieuse, régionale, etc. A l’heure d’une mondialisation et d’une plus grande inter-connectivité de notre planète, le repli sur soi est une valeur refuge. Miser sur la citoyenneté européenne est donc un pari, avec une assez mauvaise cote. Surtout que cela réduit la définition « d’être Français », sans pourtant la remplacer. Mais au lieu de ressasser les vieilles gloires, les vieux rêves - le tout gangrené par une certaine nostalgie d'antan, symbole d'une société française perturbée par le monde qui change - l'intérêt du débat ne serait-il pas rehaussé en évoquant, cherchant l'avenir ? Pour tous ceux qui ont fait l’expérience, il est souvent plus facile de se sentir français lors de séjour à l’étranger que chez soi. Puisqu’à ce moment, sa propre identité, même inconsciente, est confrontée à l’Autre. En 2009, France et les Français ne peuvent ni ne doivent se définir sans l’élément européen, devenu central. Et à partir de là, il devient plus évident de voir qu’être Français est plus la somme de certains us et coutumes (célébrer l’épiphanie par exemple), de concepts particuliers (la relation avec l’Etat) et leur hiérarchisation (la société française privilégie l’égalité alors que les Britanniques sont plus portés sur la liberté), de points de référence (avoir lu Molière à l’école ou rire aux Guignols de l’info) ou de conceptions bien à vous (un seul verbe aimer chez les Français, deux chez les Allemands) qui font votre identité nationale. Car le reste dépend de votre citoyenneté. Et pour les Français comme pour les Allemands, les Polonais, les Espagnols ou les Bulgares, elle est maintenant européenne. C’est dans ce cadre que la France et ses habitants doivent aujourd’hui se repenser leur identité et débattre. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Se déclarer contre un accord international sur le changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre est aujourd'hui un exercice dangereux et probablement risqué pour tous politiciens. Pourtant la Pologne menace l'UE de son veto si l'addition lui semble trop salée. Ses positions n'ont pas fléchi lors du dernier Conseil européen. Au contraire. Lire la suite... Vaclav Klaus s'est planté en beauté 02/11/2009
ANALYSE/ Le Président français, Nicolas Sarkozy n’était franchement pas heureux lors de la conférence de presse du Conseil européen lorsqu’il a dû avouer avoir cédé au Président tchèque sur la Charte des droits fondamentaux. Pourtant, il aurait du se réjouir, car Vaclav Klaus vient de s’auto-désavouer ainsi que ses amis eurosceptiques. Les députés européens s'en souviennent encore. En février dernier, alors que la République tchèque prenait la Présidence de l'Union européenne, son Président, un certain Vaclav Klaus avait prononcé un discours violemment eurosceptique devant le Parlement. Un des ses leitmotiv: l'Europe se dirige vers une économie centralisée et bureaucratique et un régime privant les peuples de liberté et de démocratie. Certains élus avaient quitté l’hémicycle. Farouche opposant au Traité de Lisbonne malgré la ratification par son Parlement du texte, Vaclav Klaus a fait trainer le suspense jusqu'au bout, refusant de signer. Finalement, il posera sa bafouille en bas de la page. Pourquoi cela? Car il a obtenu un opt-out sur la Charte des droits fondamentaux, texte supposé pouvoir remettre en cause les décrets Benes, ayant permis d'expulser les Allemands de Tchéquie après la Seconde Guerre Mondiale (2 à 3 millions de personnes). Les vrais maîtres du jeu Face au risque de voir encore la ratification capoter, le Conseil européen réunit à Bruxelles les 29 et 30 octobre lui a donné satisfaction. Mais obtenant cela, Vaclav Klaus ne s'est-il contredit ? Voir carrément auto-trahit ? Lui qui dénonçait une Europe où les Etats sont écrasés par la machine bruxelloise, ne vient-il pas de démontrer que ces mêmes Etats sont encore les maîtres du jeu? Que l'inter-gouvernementalisme n'est pas mort et qu'au contraire, le supranational est des plus fragiles. Si, car un seul Etat peut bloquer tout la machine. Que ce soit un grand ou un petit. Et quant à ses comparaisons avec l’époque soviétique, combien d'opt-out l'URSS a toléré chez ses satellites avant d'envoyer les chars? Ici tout a été réglé autour d'une table. Se présentant comme un défenseur de la démocratie à l’échelle nationale, ne vient-il pas au passage de la bafouer lui-même ? En remettant en cause une décision, un vote de son propre Parlement, qui a ratifié l’ensemble du Traité de Lisbonne sans rien demander de plus. Il serait plutôt osé de sa part d’argumenter que les parlementaires tchèques sont des eurocrates non élus. Et ce sont aussi des chefs d’Etat élus qui lui ont accordé cette dérogation. Les piliers démocraties de l’UE sont multiples et divers : démocratie de premier et second degré. Etant lui-même un Président élu par une assemblée d’élus et non pas par le peuple, il devrait comprendre le concept. Une fausse excuse pour l’honneur Vaclav Klaus a ainsi obtenu ce qu’il voulait pour sauver son honneur d’eurosceptique, tout en se donnant tort sur toute la ligne. Bruxelles ne peut ni ne veut détruire les nations, puisque de toute façon tout se construit avec. L’ancien opposant au régime communiste vient surtout de prouver que le refus du progrès de la protection des droits ne vient pas forcément de l’UE. Mais aussi des Etats. Comment ce « défenseur de la liberté populaire » compte-t-il justifier à ses citoyens la non-implémentation de la charte dans leur pays ? Alors que tout le monde sait très bien qu’elle ne menaçait pas les décrets Benes, n’étant pas rétroactive. Ce qui est bien connu, c’est l’ultralibéralisme du Président tchèque. Quelle est la menace réelle quand on sait que l’article 51 précise que « cette charte ne s'adresse qu'aux institutions et organes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité ». Car c’est bien le détail : la charte était là avant tout pour les institutions elles-mêmes ou lorsqu’un Etat membre met en œuvre une disposition européenne. C’est ainsi, que lors d’un Conseil européen d’automne 2009, Monsieur Klaus montra à l’Europe tout entière la mesquinerie de son opposition. La question qui reste donc en suspens est toujours la même : a quant l’avènement d’une opposition européenne digne de ce nom ? Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 SONDAGE/ Le traité de Lisbonne devrait entrer enfin en vigueur le 1er Décembre 2009. Le processus de sélection d’un Président et d'un chef de la diplomatie de l’UE va donc s’accélérer. Le choix est difficile mais nécessaire. Onno Quist, le personnage principal du roman La découverte du ciel, du néerlandais Harry Mulisch, nous livre sa théorie. Quand Onno Quist part en exil à Rome, après une vie et une carrière semées de lourds échecs et épisodes tragiques, son ultime mission reste d’écrire une lettre-roman à son père déjà mort. Dans cette lettre il formule sa conception particulière du pouvoir et du charisme physique chez l’homme ou la femme de pouvoir. « Là où les maisons royales ont disparu, la continuité n’a plus été assurée que par les fonctionnaires, qui sont issus de la cour et dont la présence n’a jamais connu d’interruption depuis Babylone et l’Égypte ancienne. Les fonctionnaires sont éternels, ils survivent au pharaon, aux rois et aux présidents, mais sans chef rien ne va ; des fonctionnaires sans direction sont des habits sans empereur. C’est d’ailleurs bien ce qui pourrait faire capoter l’unification de l’Europe. Ce qu’il y a de plus important que la compétence d’un chef, c’est le fait qu’il est là. Avec un chef incompétent, les choses tournent mal, mai sans chef tout sombre dans un arbitraire abstrait, d’où émerge inéluctablement un nouveau chef –car c’est, contrairement à ce que voudrait l’optimisme des anarchistes, le principe fondamental de l’ADN. » Fernando Navarro Europa451 | ArchivesJanuar 2012 Europa451?
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