![]() INTERVIEW/ Barcelone accueille du 18 au 20 novembre le congrès annuel de l'Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe (ADLE). L'eurodéputé belge Annemie Neyts y sera réélue en tant que présidente pour la troisième fois dans ce parti qui a très bien résisté aux élections européennes malgré la crise économique que beaucoup de gens expliquent par un excès de libéralisme. « Je ne suis pas pour la parité systématique hommes-femmes pour les postes à responsabilitéde l'UE, mais comme nous sommes très loin de l’atteindre, cette parité, nous avons une marge de manoeuvre pour exiger qu’il y ait plus de femmes », explique la présidente de l’ADLE, Annemie Neyts. Pour la première fois, les libéraux et réformistes européens organise un congrès en Espagne, à Barcelone. C’est logiquement un des partis membres qui est en charge de l'organisation, la Convergencia Democrática de Cataluña. Tout devrait se dérouler sans soubresauts en interne et en tout optimisme après les bons derniers résultats en Allemagne, Roumanie et aux dernières élections européennes de juin 2009. « La solution proposée par les libéraux pour qu’il y ait plus de femmes à la Commission européenne passe par le fait que chaque pays choisisse deux personnes pour le poste, un homme et une femme. Autrement, les pays qui se sont pressé de proposer un homme pour leur poste de commissaire obligent les pays restants à choisir des femmes pour donner un semblant de parité dans l’UE », raisonne Annemie Neyts. Le pari pour les femmes caractérise l’ADLE. Après les Verts, leur groupe est dans la Chambre européenne le plus féminisé, avec 42,5% de députées. De même, dans la Commission européenne, l’ADLE apporte plus de femmes que personne d’autre, avec Neelie Kroes (Concurrence), Meglena Kuneva (Consommateurs), Marian Fischer-Boel (Agriculture) et Androula Vassiliou (Santé). En revanche, pas de noms libéraux pour occuper la présidence de l’UE et le responsable de la Politique Étrangère et de Sécurité, postes qui seront décidés à partir du 19 novembre. Seraient-ils, les libéraux, prêts à soutenir une femme pour présider l’UE, même si elle ne provenait pas des rangs libéraux ? « Je connais bien les candidates. Tarja Halonen et Vikke-Freiberga me semblent très compétentes ; Mary Robinson pas tellement, que je respecte beaucoup pour son travail en tant que Premier ministre en Irlande, mais pas tellement pour son action auprès des Nations Unies dans la défense des Droits de l’Homme », juge Neyts. « Ceci dit, si jamais il y avait un candidat homme libéral ça me poserait un problème de conscience, même si au final je soutiendrais le libéral ». Le groupe des libéraux et des démocrates (ALDE) au Parlement européen est passé de 101 à 84 députés aux élections en 2009. Vous êtes satisfaites avec le résultat ? Je dois vous corriger. Les élus libéraux sont passés de 74 à 73. Ce sont surtout les démocrates qui ont perdu du terrain : les Italiens du Parti Radical, les Français du Modem. Sans oublier les italiens de Francesco Rutelli qui ont déménagé chez les socialistes. En revanche, le parti libéral en Italie, Italia dei Valori, a fait un très bon score. Malgré cette crise économique que l’opinion publique tendait à identifier comme un excès de libéralisme, les électeurs ne vous ont pas fait payer une facture trop chère. Certains intellectuels et dirigeants de la gauche pensent que le libéralisme est mort avec cette crise. Mais les électeurs ont démontré le contraire. Comment vous interprétez le râteau que s’est pris la gauche en Europe ? La social-démocratie ne parvient pas à articuler un discours cohérent et se voit dépasser à gauche par les utopistes, les ex communistes, les marxistes… Et même les Verts dans des pays comme la France ou la Belgique. Pour l’instant aucune régulation européenne pour le secteur financier n'est prévue. En avons-nous toujours besoin maintenant que l’UE sort de la crise ? Bien sûr que oui, mais les États doivent se mettre d’accord et ce n’est pas facile. Chacun a sa vision. Ils doivent s’accorder s’ils lancent une réforme intégrale avec une seule norme ou bien s’ils le font de façon progressive, en commençant par réglementer les opérations financières transfrontalières. Vous croyez vraiment qu’il y aura une régulation ? Sans doute. Il faut renforcer les mécanismes de contrôle. Et la rémunération des dirigeants de banque ? J’avoue mon ignorance à ce sujet. Il se pose un problème moral, en effet, quand les institutions financières soutenues à bras le corps par les pouvoirs publics avec des moyens financiers publics offrent des salaires faramineux à leurs dirigeants. Mais il ne faut pas tout mélanger : ce n'est pas cela qui a provoqué la crise. Maintenant que les pouvoirs publics ont sauvé le secteur financié, faut-il faire de même avec les chômeurs ? L’État paie déjà des allocations aux chômeurs. Mais peut-on parler de sortie de crise quand bien que le PIB augmente, l’emploi ne connait pas de reprise ? En effet, ces deux facteurs ne vont pas toujours de paire. La reprise économique ne se traduit pas de façon automatique avec une reprise de l’emploi. Soit parce que les entreprises gardent leur argent le plus longtemps possible, soit parce que le marché du travail est cadenassé et les chefs d’entreprise n’embaucheront pas avant d’être sûrs que la crise soit passée. Vous pensez à quels pays ? À l’Espagne ou la Belgique. La chute du mur de Berlin a fait la Une de tous les médias en Europe comme un évènement important dans l’histoire de l’Union. Que doit-on fêter : la défaite du communisme ou la défaite des dictatures ? Il faut fêter la défaite des systèmes autoritaires et le fait que ce sont ces peuples européens qui se sont libérés eux-mêmes. Dans les pays du sud de l'UE, les partis communistes ont lutté contre les dictatures. Que faire d'eux dans l'Histoire européenne ? Cela dépend de leur propre placement. En Espagne et au Portugal, les communistes sont encore marxistes. Pas en Italie. [En Espagne et le Portugal les communistes ont encore une forcé électorale notable] Chacun est maître de sa propre survie et de sa propre mort. Fernando Navarro Sordo Europa451 CommentsLeave a Reply | ArchivesMärz 2012 Europa451?
----------------------------------- Tous les droits de reproduction et de représentation sont réservés et la propriété exclusive d'Europa451, y compris pour les documents téléchargeables et les représentations iconographiques et photographiques.
L’utilisation, la reproduction, la transmission, modification, rediffusion ou vente de toutes les informations reproduites sur ce site (articles, photos, logos) ou partie de ce site (texte y compris) sur un support quel qu’il soit, ou encore la diffusion sur tout autre site Internet par le biais d’un quelconque hyperlien, groupe de discussion, forum ou autre système ou réseau informatique que ce soit, et ce dans le cadre d’une utilisation à caractère commercial est formellement interdit sans l’autorisation préalable et écrite d'Europa451. © Europa451 2011 - Tous droits réservés. |

RSS Feed