Vaclav Klaus s'est planté en beauté 02/11/2009
ANALYSE/ Le Président français, Nicolas Sarkozy n’était franchement pas heureux lors de la conférence de presse du Conseil européen lorsqu’il a dû avouer avoir cédé au Président tchèque sur la Charte des droits fondamentaux. Pourtant, il aurait du se réjouir, car Vaclav Klaus vient de s’auto-désavouer ainsi que ses amis eurosceptiques. Les députés européens s'en souviennent encore. En février dernier, alors que la République tchèque prenait la Présidence de l'Union européenne, son Président, un certain Vaclav Klaus avait prononcé un discours violemment eurosceptique devant le Parlement. Un des ses leitmotiv: l'Europe se dirige vers une économie centralisée et bureaucratique et un régime privant les peuples de liberté et de démocratie. Certains élus avaient quitté l’hémicycle. Farouche opposant au Traité de Lisbonne malgré la ratification par son Parlement du texte, Vaclav Klaus a fait trainer le suspense jusqu'au bout, refusant de signer. Finalement, il posera sa bafouille en bas de la page. Pourquoi cela? Car il a obtenu un opt-out sur la Charte des droits fondamentaux, texte supposé pouvoir remettre en cause les décrets Benes, ayant permis d'expulser les Allemands de Tchéquie après la Seconde Guerre Mondiale (2 à 3 millions de personnes). Les vrais maîtres du jeu Face au risque de voir encore la ratification capoter, le Conseil européen réunit à Bruxelles les 29 et 30 octobre lui a donné satisfaction. Mais obtenant cela, Vaclav Klaus ne s'est-il contredit ? Voir carrément auto-trahit ? Lui qui dénonçait une Europe où les Etats sont écrasés par la machine bruxelloise, ne vient-il pas de démontrer que ces mêmes Etats sont encore les maîtres du jeu? Que l'inter-gouvernementalisme n'est pas mort et qu'au contraire, le supranational est des plus fragiles. Si, car un seul Etat peut bloquer tout la machine. Que ce soit un grand ou un petit. Et quant à ses comparaisons avec l’époque soviétique, combien d'opt-out l'URSS a toléré chez ses satellites avant d'envoyer les chars? Ici tout a été réglé autour d'une table. Se présentant comme un défenseur de la démocratie à l’échelle nationale, ne vient-il pas au passage de la bafouer lui-même ? En remettant en cause une décision, un vote de son propre Parlement, qui a ratifié l’ensemble du Traité de Lisbonne sans rien demander de plus. Il serait plutôt osé de sa part d’argumenter que les parlementaires tchèques sont des eurocrates non élus. Et ce sont aussi des chefs d’Etat élus qui lui ont accordé cette dérogation. Les piliers démocraties de l’UE sont multiples et divers : démocratie de premier et second degré. Etant lui-même un Président élu par une assemblée d’élus et non pas par le peuple, il devrait comprendre le concept. Une fausse excuse pour l’honneur Vaclav Klaus a ainsi obtenu ce qu’il voulait pour sauver son honneur d’eurosceptique, tout en se donnant tort sur toute la ligne. Bruxelles ne peut ni ne veut détruire les nations, puisque de toute façon tout se construit avec. L’ancien opposant au régime communiste vient surtout de prouver que le refus du progrès de la protection des droits ne vient pas forcément de l’UE. Mais aussi des Etats. Comment ce « défenseur de la liberté populaire » compte-t-il justifier à ses citoyens la non-implémentation de la charte dans leur pays ? Alors que tout le monde sait très bien qu’elle ne menaçait pas les décrets Benes, n’étant pas rétroactive. Ce qui est bien connu, c’est l’ultralibéralisme du Président tchèque. Quelle est la menace réelle quand on sait que l’article 51 précise que « cette charte ne s'adresse qu'aux institutions et organes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité ». Car c’est bien le détail : la charte était là avant tout pour les institutions elles-mêmes ou lorsqu’un Etat membre met en œuvre une disposition européenne. C’est ainsi, que lors d’un Conseil européen d’automne 2009, Monsieur Klaus montra à l’Europe tout entière la mesquinerie de son opposition. La question qui reste donc en suspens est toujours la même : a quant l’avènement d’une opposition européenne digne de ce nom ? Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 CommentsLeave a Reply | ArchivesMärz 2012 Europa451?
----------------------------------- Tous les droits de reproduction et de représentation sont réservés et la propriété exclusive d'Europa451, y compris pour les documents téléchargeables et les représentations iconographiques et photographiques.
L’utilisation, la reproduction, la transmission, modification, rediffusion ou vente de toutes les informations reproduites sur ce site (articles, photos, logos) ou partie de ce site (texte y compris) sur un support quel qu’il soit, ou encore la diffusion sur tout autre site Internet par le biais d’un quelconque hyperlien, groupe de discussion, forum ou autre système ou réseau informatique que ce soit, et ce dans le cadre d’une utilisation à caractère commercial est formellement interdit sans l’autorisation préalable et écrite d'Europa451. © Europa451 2011 - Tous droits réservés. |

RSS Feed