![]() NEWS/ Jeudi 19 novembre, alors que toute l'Europe avait les yeux rivés sur le Conseil européen et les nominations, le United-Kingdom Independence Party (UKIP) a lancé sur Internet une grande pétition. Elle porte sur l'organisation d'un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. Le leader de ces conservateurs d'extême droite, anti-européens farouches au sein de l'hémicycle bruxellois, Migel Farage a déclaré : "c'est une réelle chance pour le peuple de Grande Bretagne de montrer que quelque soit le prochain gouvernement (ndlr: les britanniques vont voter au printemps prochain), ils sont fatigués des mensonges et qu'ils veulent avoir leur mot à dire au sujet de l'appartenance de leur pays à l'UE". L'objectif, même si assez utopiste, est de forcer le gouvernement de Brown ou le prochain à demander l'avis des citoyens britanniques en espérant qu'ils disent non et ainsi obtenir ce dont rêve l'UKIP depuis sa création (sa raison d'être même): sortir de l'UE et redonner à la Couronne toute sa souveraineté. Pour la forme, il est quand même intéressant de noter que Farage utilise indirectement une nouvelle ressource du Traité de Lisbonne, qui pour la première prévoit qu'un pays puisse quitter l'UE (art.50), ce qui était impossible jusqu'à présent (et encore jusqu'au 1er décembre 2009). Pour quelqu'un qui a si durement critiqué ce traité, il semble lui trouver aussi quelques avantages. C'est d'ailleurs ce que disait Europa451 au sujet des eurosceptiques lors de la campagne irlandaise en septembre dernier. Voter oui était dans l". Reste à savoir maintenant si une pétition pourra amener un gouvernement britanniques, même conservateur à tenter le diable. Car si critiquer l'UE est une chose, la quitter (et tout ce que cela comporte en terme de perte d'influence, d'opportunités, etc) est en une autre. David Cameron (futur probable Premier ministre après les élections du printemps 2010 qui devraient ramener les Torries au pouvoir) serait bien téméraire. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 1 Comment Union européenne: du soft au "weak power" 11/20/2009
![]() Les négociations de couloirs et dinatoires auront finalement durées moins longtemps que prévues. En un peu plus d'une heure, les chefs d'Etats et de gouvernements de l'UE ont désigné le Président du Conseil européen et le Haut représentant en politique étrangère. Une nouvelle pourtant peu réjouissante pour l'avenir de l'Europe. Dans les années 90 a émergé dans le monde académique des relations internationales, un nouveau concept. Celui du "soft power" ou "pouvoir doux" en français. Ce terme désigne la capacité d'un acteur politique d'influencer la scène internationale ou obtenir quelque chose, sans avoir recours à des moyens de coercitions. A l'inverse, se trouve le "hard power", qui lui utilise des moyens directs, militaires pour ne citer que les plus radicaux. Une puissance sans puissance L'entité politique mondiale définissant le mieux ce pouvoir de la douceur est l'Union européenne. Première puissance économique mondiale en termes de PIB, regroupant près d'un demi-milliard d'individus, elle cherche avant tout à influencer les négociations internationales en utilisant les règles de droit, voire en les implantant là où elles sont bafouées. Les nombreuses missions de la paix sponsorisées par l'UE en sont la meilleure preuve. Ce particularisme est en parti dû au fait que les moyens de coercitions échappent encore en grande partie à Bruxelles, les gouvernements nationaux gardant la main sur la politique étrangère et l'usage de la force, qu'elle soit civile ou militaire. La tuer dans l'oeuf Or, l'Union européenne aspire à une place de choix au sein du jeu mondial, par l'intermédiaire de ses membres qui voient leur influence diminuer au fur et à mesure que de nouvelles puissances émergent. Depuis que le changement climatique est devenu un sujet de discussion international, l'UE cherche à s'imposer en tant que leader et exemple pour le reste de la planète. Même chose sur le plan de la sécurité: intervention au Tchad avec l'Eufor, ou l'opération Atalanta au large des côtes somaliennes. Les signaux sont encore peu clairs, mais les vieilles nations d'Europe voudraient encore être prises au sérieux. Pourtant, c'est tout cela qui vient d'être tué, ce 19 novembre 2009 quand lors d'un diner au Conseil, le nom de Herman Van Rumpuy et Catherine Ashton ont été acceptés. Ces deux personnages aux postes respectifs de Président permanent du Conseil européen et de Haut représentant en politique étrangère, c'est l'affirmation de la volonté de faiblesse volontaire de l'UE, de sa démission au nom de la sauvegarde des pouvoirs personnels de nos chefs d'Etat qui ne veulent pas être dérangés dans leurs petits arrangements. L'UE vient d'inventer un nouveau concept: le weak power…Un isolationnisme à l'européenne: nous aurions la possibilité d'acter sur le jeu mondial et nous le voulons, mais toutes les chances d'y arriver sont systématiquement annihilées par nous-mêmes. Nous nous auto-neutralisons. Par le refus ou la peur qu'éprouvent les chefs d'Etat à aller plus loin dans l'intégration, seul moyen pour rester un "power". L'Europe refuse d'assumer, de s'armer de courage politique. Tout le monde s'accorde à dire que le projet a besoin d'une relance, mais personne ne le fait. Le Traité de Lisbonne ne résoudra rien par lui-même. Il faut les hommes qui vont avec. La faiblesse, nouvelle qualité politique Il n'est écrit nulle part qu'un soft power se doit par la même occasion d'être un pouvoir faible. Or c'est que représentent Van Rumpuy et Ashton. Le premier, en tant que futur ancien Premier ministre belge est le symbole de la culture du compromis, du consensus, de l'absence assurée de vagues ou d'initiatives trop révolutionnaires. Il a réussi à faire vivre Flamands et Wallons ensemble pendant un an et demi, en enterrant certains dossiers (BHV par exemple), pourquoi pas 27 nations. Concernant Catherine Ashton, le poteau rose est encore plus flagrant. Pur produit des années Blair (son ascension date de cette époque), c'est une spécialiste avant tout en éducation et business. Un rapide coup d'œil sur son cv ne fait aucun doute la dessus. Alors pourquoi mettre quelqu'un qui n'a aucune expérience en relations internationales à un poste si stratégique, si ce n'est pour le torpiller et le rendre insignifiant? Javier Solana, le Haut représentant sortant avait au moins le mérite d'être l'ancien patron de l'OTAN. Or avec une britannique à la tête de la diplomatie européenne, tout en étant sûr qu'elle appellera Londres (donc Washington) avant de bouger, elle se contentera par ailleurs de faire le suivi administratif, rien de plus. Aucun de ces deux personnages ne sont charismatiques, ni connu du public européen et encore moins des autres chefs d'Etats du monde. Ils représentent la faiblesse et ont été choisi pour ce défaut qui devient une qualité sur notre continent. Qui pense vraiment qu'Obama ou Poutine appelleront Van Rumpuy ou Ashton pour parler à l'Europe ? Berlin, Londres et Paris resteront les trois numéros nécessaires. Bruxelles restera un ghetto isolé. L'hypocrisie du Mur C'est là toute l'hypocrisie de nos dirigeants, chefs de chantier de la construction européenne. Avec les 20 ans du 9 novembre 1989, nous avons pu entendre les plus beaux discours possibles et imaginables sur l'Europe, son unité retrouvée, son avenir commun et les défis qu'elle doit relever pour perdurer avec ses idéaux dans le XXIème siècle. Merkel et Sarkozy en ont même rajouté une couche avec le 11 novembre, la réconciliation franco-allemande, de nouveaux projets, un ministre commun, etc. Ils viennent là de montrer leurs vrais visages: l'UE, cela ne les intéresse que pour les fonds régionaux ou agricoles qu'ils peuvent ramener à la maison et les beaux discours d'anniversaire sous la pluie. Rien de plus. L'amitié et la solidarité européenne ne sont que de façade. La méfiance règne entre tous. Les Polonais se méfient toujours des ambitions allemandes, les Britanniques sont membres par défaut et craignent le fédéralisme comme la peste, les Français voient leur couple et leadership franco-allemand menacé par l'Est, les petits ont peur de se faire manger par les gros, les pays ayant souffert du communisme se considèrent comme méprisé par l'Ouest, etc. La vassalité annoncée Tous sont conscients que seuls ils ne comptent plus dans le jeu international, qu'Obama les trouve insignifiant, que les Russes les méprisent et que les Chinois n'en veulent qu'à leur technologie, mais sont encore trop fiers et sûrs de leur bon droit pour ne pas voir l'opportunité que constitue l'Union et qu'ils viennent de rater une chance historique. Une chance historique de relancer le projet qui est essoufflé par 10ans de négociations et réformes institutionnelles bancales et des élargissements successifs doublant le nombre de ses membres. Une chance historique de pousser l'UE vers la scène internationale, d'en faire un acteur véritable et responsable, assumant sa place. Pourtant, avec ces deux nominations, complétant celle de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission en septembre, c'est bien une Europe vassale de ses membres, de ses petits intérêts personnels/nationaux, d'elle-même qui se dessine. Une Europe qui n'a aucun projet d'avenir si ce n'est celui de vivre de ses maigres acquis et de se présenter comme un espace géographique rempli de bonnes intentions où il fait bon vivre. Une Europe qui ne tardera pas à se faire marginaliser par des acteurs bien plus sérieux qu'elle. L'abdication. Comme un goût de Munich. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 This is your new blog post. Click here and start typing, or drag in elements from the top bar. ![]() Barcelone accueille du 18 au 20 novembre le congrès annuel de l'Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe (ADLE). L'eurodéputé belge Annemie Neyts y sera réélue en tant que présidente pour la troisième fois dans ce parti qui a très bien résisté aux élections européennes malgré la crise économique que beaucoup de gens expliquent par un excès de libéralisme. « Je ne suis pas pour la parité systématique hommes-femmes pour les postes à responsabilitéde l'UE, mais comme nous sommes très loin de l’atteindre, cette parité, nous avons une marge de manoeuvre pour exiger qu’il y ait plus de femmes », explique la présidente de l’ADLE, Annemie Neyts. Pour la première fois, les libéraux et réformistes européens organise un congrès en Espagne, à Barcelone. C’est logiquement un des partis membres qui est en charge de l'organisation, la Convergencia Democrática de Cataluña. Tout devrait se dérouler sans soubresauts en interne et en tout optimisme après les bons derniers résultats en Allemagne, Roumanie et aux dernières élections européennes de juin 2009. « La solution proposée par les libéraux pour qu’il y ait plus de femmes à la Commission européenne passe par le fait que chaque pays choisisse deux personnes pour le poste, un homme et une femme. Autrement, les pays qui se sont pressé de proposer un homme pour leur poste de commissaire obligent les pays restants à choisir des femmes pour donner un semblant de parité dans l’UE », raisonne Annemie Neyts. Le pari pour les femmes caractérise l’ADLE. Après les Verts, leur groupe est dans la Chambre européenne le plus féminisé, avec 42,5% de députées. De même, dans la Commission européenne, l’ADLE apporte plus de femmes que personne d’autre, avec Neelie Kroes (Concurrence), Meglena Kuneva (Consommateurs), Marian Fischer-Boel (Agriculture) et Androula Vassiliou (Santé). En revanche, pas de noms libéraux pour occuper la présidence de l’UE et le responsable de la Politique Étrangère et de Sécurité, postes qui seront décidés à partir du 19 novembre. Seraient-ils, les libéraux, prêts à soutenir une femme pour présider l’UE, même si elle ne provenait pas des rangs libéraux ? « Je connais bien les candidates. Tarja Halonen et Vikke-Freiberga me semblent très compétentes ; Mary Robinson pas tellement, que je respecte beaucoup pour son travail en tant que Premier ministre en Irlande, mais pas tellement pour son action auprès des Nations Unies dans la défense des Droits de l’Homme », juge Neyts. « Ceci dit, si jamais il y avait un candidat homme libéral ça me poserait un problème de conscience, même si au final je soutiendrais le libéral ». Le groupe des libéraux et des démocrates (ALDE) au Parlement européen est passé de 101 à 84 députés aux élections en 2009. Vous êtes satisfaites avec le résultat ? Je dois vous corriger. Les élus libéraux sont passés de 74 à 73. Ce sont surtout les démocrates qui ont perdu du terrain : les Italiens du Parti Radical, les Français du Modem. Sans oublier les italiens de Francesco Rutelli qui ont déménagé chez les socialistes. En revanche, le parti libéral en Italie, Italia dei Valori, a fait un très bon score. Malgré cette crise économique que l’opinion publique tendait à identifier comme un excès de libéralisme, les électeurs ne vous ont pas fait payer une facture trop chère. Certains intellectuels et dirigeants de la gauche pensent que le libéralisme est mort avec cette crise. Mais les électeurs ont démontré le contraire. Comment vous interprétez le râteau que s’est pris la gauche en Europe ? La social-démocratie ne parvient pas à articuler un discours cohérent et se voit dépasser à gauche par les utopistes, les ex communistes, les marxistes… Et même les Verts dans des pays comme la France ou la Belgique. Pour l’instant aucune régulation européenne pour le secteur financier n'est prévue. En avons-nous toujours besoin maintenant que l’UE sort de la crise ? Bien sûr que oui, mais les États doivent se mettre d’accord et ce n’est pas facile. Chacun a sa vision. Ils doivent s’accorder s’ils lancent une réforme intégrale avec une seule norme ou bien s’ils le font de façon progressive, en commençant par réglementer les opérations financières transfrontalières. Vous croyez vraiment qu’il y aura une régulation ? Sans doute. Il faut renforcer les mécanismes de contrôle. Et la rémunération des dirigeants de banque ? J’avoue mon ignorance à ce sujet. Il se pose un problème moral, en effet, quand les institutions financières soutenues à bras le corps par les pouvoirs publics avec des moyens financiers publics offrent des salaires faramineux à leurs dirigeants. Mais il ne faut pas tout mélanger : ce n'est pas cela qui a provoqué la crise. Maintenant que les pouvoirs publics ont sauvé le secteur financié, faut-il faire de même avec les chômeurs ? L’État paie déjà des allocations aux chômeurs. Mais peut-on parler de sortie de crise quand bien que le PIB augmente, l’emploi ne connait pas de reprise ? En effet, ces deux facteurs ne vont pas toujours de paire. La reprise économique ne se traduit pas de façon automatique avec une reprise de l’emploi. Soit parce que les entreprises gardent leur argent le plus longtemps possible, soit parce que le marché du travail est cadenassé et les chefs d’entreprise n’embaucheront pas avant d’être sûrs que la crise soit passée. Vous pensez à quels pays ? À l’Espagne ou la Belgique. La chute du mur de Berlin a fait la Une de tous les médias en Europe comme un évènement important dans l’histoire de l’Union. Que doit-on fêter : la défaite du communisme ou la défaite des dictatures ? Il faut fêter la défaite des systèmes autoritaires et le fait que ce sont ces peuples européens qui se sont libérés eux-mêmes. Dans les pays du sud de l'UE, les partis communistes ont lutté contre les dictatures. Que faire d'eux dans l'Histoire européenne ? Cela dépend de leur propre placement. En Espagne et au Portugal, les communistes sont encore marxistes. Pas en Italie. [En Espagne et le Portugal les communistes ont encore une forcé électorale notable] Chacun est maître de sa propre survie et de sa propre mort. Fernando Navarro Sordo Europa451 ![]() Découvrez comment une boîte de noix de cajou de la marque allemande Pittjes démontre que la tension à laquelle sont soumis les passagers dans les aéroports est moins liée à la sécurité qu’aux boutiques duty free et le besoin que les voyageurs consomment entre le check in et l'avion. L’humiliation que tout passager européen d’avion subit quand il embarque en cabine ne se limite pas au stress de tout voyage. Ne doit-il pas se déshabiller à moitié et courir derrière ses effets personnels au rythme du tapis roulant poursuivit par une équipe de surveillants ou d’agents de sécurité l’enjoignant sans arrêt de se presser? Sans oublier qu'on l'empêche de conserver sur lui une bouteille d’eau pour se ravitailler sans devoir effectuer de dépenses superflues, ou d’introduire dans son sac à main un coupe ongles pour le soin des doigts pendant les heures mortes passées souvent dans les salles d’attente des aéroports. Mais le pire dans tout ça, c'est que parfois, on se rend compte que tout cela ressemble à une mascadre. Aliéner les gens pour rien Aéroport de Budapest, la capitale de la Hongrie, état membre de l’UE. Le journaliste qui écrit ces lignes, après avoir passé avec succès tous les contrôles vers la zone d’embarquement et avoir récupéré ceinture, chaussures et autres effets personnels se retrouve soudainement en pleine zone commerciale pleine de boutiques de toutes sortes : de produits de luxe ou de consommation immédiate, souvenirs inclus. ![]() La présence d’une rangée de boîtes contenant des fruits secs l’interpelle. Il décide d’en acquérir une qui contient 150 grammes de noix de cajou. Immédiatement après, il décide de vérifier le mécanisme d’ouverture et de fermeture de la boite. Tel qu’il s’en doute depuis le début, pour consommer ces précieux fruits secs il suffit de tirer d’un anneau pour décoller une lame en aluminium fine comme le fil d’un scalpel. Un geste rapide et précis suffirait pour juguler n’importe quel passager, membre de l'équipage et, bien sûr, le commandant de l’avion, car l’objet peut être facilement caché dans le creux d’une main sans que personne ne puisse se rendre compte avant l’instant fatal. Et tout cela grâce à une entreprise allemande, Pittjes, spécialisée dans les fruits secs et les snacks présents dans de nombreux aéroports de l’UE, et sensée connaitre la législation européenne. Il est difficile de ne pas se demander quel est le sens des ces mesures de sécurité dérangeantes et souvent aliénantes de l'autre côté du check point, si c'est pour ravitaller en matériel tout preneur d'otages en herbe dans la zone internationale. Un business qu’il faut maintenir vivant Depuis que l’Irlande a inventé en 1946 le concept des boutiques 'libres d’impôts' dans les zones aéroportuaires internationales, ce modèle s’est répandu dans le monde entier profitant historiquement aux personnes qui pouvaient se permettre de payer un billet d’avion ainsi que les entreprises publiques qui géraient ces boutiques. Pourtant, dans l’Union Européenne, depuis 1999, ces ventes et achats privilégiés ont été supprimées pour les passagers de vols intracommunautaires, c’est à dire que pour l’immense majorité des passagers d’avion qui transitent en Europe, les taxes sont appliquées, donc les prix similaires avec ceux de l'extérieur, alors que les boutiques ont été privatisées, franchisées. Tout cela a coïncidé, de plus, avec la mise en marché de mesures de sécurité sensées éviter des actions terroristes à bord des avions ; des mesures qui obligent dans la pratique le passager à consommer d’avantage dans les boutiques des zones d’embarquement des aéroports. CQFD ? Fernando Navarro Sordo Europa 451 Vaclav Klaus s’est planté en beauté 11/02/2009
ANALYSE/ Le Président français, Nicolas Sarkozy n’était franchement pas heureux lors de la conférence de presse du Conseil européen lorsqu’il a dû avouer avoir cédé au Président tchèque sur la Charte des droits fondamentaux. Pourtant, il aurait du se réjouir, car Vaclav Klaus vient de s’auto-désavouer ainsi que ses amis eurosceptiques. Les députés européens s'en souviennent encore. En février dernier, alors que la République tchèque prenait la Présidence de l'Union européenne, son Président, un certain Vaclav Klaus avait prononcé un discours violemment eurosceptique devant le Parlement. Un des ses leitmotiv: l'Europe se dirige vers une économie centralisée et bureaucratique et un régime privant les peuples de liberté et de démocratie. Certains élus avaient quitté l’hémicycle. Farouche opposant au Traité de Lisbonne malgré la ratification par son Parlement du texte, Vaclav Klaus a fait trainer le suspense jusqu'au bout, refusant de signer. Finalement, il posera sa bafouille en bas de la page. Pourquoi cela? Car il a obtenu un opt-out sur la Charte des droits fondamentaux, texte supposé pouvoir remettre en cause les décrets Benes, ayant permis d'expulser les Allemands de Tchéquie après la Seconde Guerre Mondiale (2 à 3 millions de personnes). Les vrais maîtres du jeu Face au risque de voir encore la ratification capoter, le Conseil européen réunit à Bruxelles les 29 et 30 octobre lui a donné satisfaction. Mais obtenant cela, Vaclav Klaus ne s'est-il contredit ? Voir carrément auto-trahit ? Lui qui dénonçait une Europe où les Etats sont écrasés par la machine bruxelloise, ne vient-il pas de démontrer que ces mêmes Etats sont encore les maîtres du jeu? Que l'inter-gouvernementalisme n'est pas mort et qu'au contraire, le supranational est des plus fragiles. Si, car un seul Etat peut bloquer tout la machine. Que ce soit un grand ou un petit. Et quant à ses comparaisons avec l’époque soviétique, combien d'opt-out l'URSS a toléré chez ses satellites avant d'envoyer les chars? Ici tout a été réglé autour d'une table. Se présentant comme un défenseur de la démocratie à l’échelle nationale, ne vient-il pas au passage de la bafouer lui-même ? En remettant en cause une décision, un vote de son propre Parlement, qui a ratifié l’ensemble du Traité de Lisbonne sans rien demander de plus. Il serait plutôt osé de sa part d’argumenter que les parlementaires tchèques sont des eurocrates non élus. Et ce sont aussi des chefs d’Etat élus qui lui ont accordé cette dérogation. Les piliers démocraties de l’UE sont multiples et divers : démocratie de premier et second degré. Etant lui-même un Président élu par une assemblée d’élus et non pas par le peuple, il devrait comprendre le concept. Une fausse excuse pour l’honneur Vaclav Klaus a ainsi obtenu ce qu’il voulait pour sauver son honneur d’eurosceptique, tout en se donnant tort sur toute la ligne. Bruxelles ne peut ni ne veut détruire les nations, puisque de toute façon tout se construit avec. L’ancien opposant au régime communiste vient surtout de prouver que le refus du progrès de la protection des droits ne vient pas forcément de l’UE. Mais aussi des Etats. Comment ce « défenseur de la liberté populaire » compte-t-il justifier à ses citoyens la non-implémentation de la charte dans leur pays ? Alors que tout le monde sait très bien qu’elle ne menaçait pas les décrets Benes, n’étant pas rétroactive. Ce qui est bien connu, c’est l’ultralibéralisme du Président tchèque. Quelle est la menace réelle quand on sait que l’article 51 précise que « cette charte ne s'adresse qu'aux institutions et organes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité ». Car c’est bien le détail : la charte était là avant tout pour les institutions elles-mêmes ou lorsqu’un Etat membre met en œuvre une disposition européenne. C’est ainsi, que lors d’un Conseil européen d’automne 2009, Monsieur Klaus montra à l’Europe tout entière la mesquinerie de son opposition. La question qui reste donc en suspens est toujours la même : a quant l’avènement d’une opposition européenne digne de ce nom ? Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Le traité de Lisbonne devrait entrer enfin en vigueur le 1er Décembre 2009. Le processus de sélection d’un Président et d'un chef de la diplomatie de l’UE va donc s’accélérer. Le choix est difficile mais nécessaire. Onno Quist, le personnage principal du roman La découverte du ciel, du néerlandais Harry Mulisch, nous livre sa théorie. Quand Onno Quist part en exil à Rome, après une vie et une carrière semées de lourds échecs et épisodes tragiques, son ultime mission reste d’écrire une lettre-roman à son père déjà mort. Dans cette lettre il formule sa conception particulière du pouvoir et du charisme physique chez l’homme ou la femme de pouvoir. « Là où les maisons royales ont disparu, la continuité n’a plus été assurée que par les fonctionnaires, qui sont issus de la cour et dont la présence n’a jamais connu d’interruption depuis Babylone et l’Égypte ancienne. Les fonctionnaires sont éternels, ils survivent au pharaon, aux rois et aux présidents, mais sans chef rien ne va ; des fonctionnaires sans direction sont des habits sans empereur. C’est d’ailleurs bien ce qui pourrait faire capoter l’unification de l’Europe. Ce qu’il y a de plus important que la compétence d’un chef, c’est le fait qu’il est là. Avec un chef incompétent, les choses tournent mal, mai sans chef tout sombre dans un arbitraire abstrait, d’où émerge inéluctablement un nouveau chef –car c’est, contrairement à ce que voudrait l’optimisme des anarchistes, le principe fondamental de l’ADN. » Fernando Navarro Europa451 | Catégories:
Politique bruxelloise Débats nationaux Europe Globale Culture Eurogénération La Grande Europe Europe et Médias Europa451
ArchivesDezember 2009 Tous les droits de reproduction et de représentation sont réservés et la propriété exclusive d'Europa451, y compris pour les documents téléchargeables et les représentations iconographiques et photographiques.
L’utilisation, la reproduction, la transmission, modification, rediffusion ou vente de toutes les informations reproduites sur ce site (articles, photos, logos) ou partie de ce site (texte y compris) sur un support quel qu’il soit, ou encore la diffusion sur tout autre site Internet par le biais d’un quelconque hyperlien, groupe de discussion, forum ou autre système ou réseau informatique que ce soit, et ce dans le cadre d’une utilisation à caractère commercial est formellement interdit sans l’autorisation préalable et écrite d'Europa451. © Europa451 2009 - Tous droits réservés. |







RSS Feed