Barroso passe son grand oral 09/07/2009
La Chambre européenne décidera le 16 septembre de la réélection de Barroso une fois que la conférence de présidents de groupes politiques confirmera l’agenda le 10 à Bruxelles. Le conservateur portugais vient a présenté un programme qui reprend de vieilles initiatives frustrées. Sous le slogan « orienter et guider la mondialisation », Durão Barroso, aspirant à la réélection en tant que Président de la Commission européenne, a présenté un programme pour un nouveau quinquennat qui parie formellement pour l’Europe Sociale. Pour l’instant, il jouit du soutien au Parlement d’une droite qui a largement gagné les élections en juin dernier. La nouveauté historique ? C’est la première fois qu’un aspirant à la présidence de la Commission présente un document d’intentions que le portugais Durão Barroso préfère appeler « orientations ». Il s’agit d’un réchauffé d’initiatives qui s’étaient évaporées pendant son premier mandat, et qui en plus n’aurait pas vu le jour sans la pression des patrons des groupes socialiste, libéral, écologiste et communiste pour monnayer leur soutien. Les Verts et les nationalistes d’Indépendance et Démocratie, pour l’instant ne lui donneront pas leur soutien. Nigel Farage, président de ces derniers, n’use pas de langue de bois et prône que le document de Barroso est « un manifeste détestable et mégalomaniaque pour la destruction de la démocratie dans les États clients de l’Union » et annonce une opposition enragée pendant les cinq ans à venir. « La réponse aux défis d’aujourd’hui ne peuvent provenir seulement du marché ou de l’État. À court terme il faut maintenir la relance par la demande, soutenir les chômeurs et conserver les taux d’intérêts très bas », suggère le seul pressenti à la réélection. Il semblerait que pour Martin Schulz, président du groupe des Socialistes et Démocrates, qui veut obtenir la présidence du Parlement européen dans deux ans, cette touche sociale dans le discours de Barroso suffirait pour lui promettre le soutien de la majorité de son groupe, selon Joseph Daul, chef de files du Groupe Populaire européen, le principal dans la chambre et avaliste du portugais. Ce dernier a également promis de soutenir la réforme des marchés financiers exigée par Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti Socialiste Européen. 49 pages sans consistance « Je préfère et préfèrerai toujours les réalisatons concrètes aux discours vides », tente Durão Barroso avant d’égrener la liste de ses intentions pour le mandat 2009-2014. Pourtant il est immédiatement capable de formuler les souhaits suivants de façon enchaînée : « Il faut maintenir le plan de relance et il est nécessaire de corriger les déficits excessifs ». Bravo pour l’équation impossible. Dans son document présenté en français –les anglophones sont déjà acquis- Barroso établit deux points de départ pour son plan de gouvernement. D’un côté, il assume avoir consolidé l’Europe à 27, tout en oubliant que le budget pour la solidarité communautaire n’a pas augmenté d’une centime en 5 ans, qu’entre les nouveaux membres l’euroscepticisme et le blocage à la construction se rendent de plus en plus populaires et qu’il continue d’avoir une fracture économique importante entre l’est et l’ouest de l’Union. D’un autre côté, Barroso s’accroche souvent à la « probable ratification du Traité de Lisbonne » pour déterminer ses objectifs. Un apriori fragile: il n’aurait peut-être pas encore eu les résultats des derniers sondages qui prévoient un considérable recul du OUI en vue du référendum irlandais du 2 octobre prochain. En outre, bien que Barroso souhaite l’application générale du Traité de Lisbonne, il ne semble pas du tout vouloir que celui-ci s’applique à sa réélection : il préfère se faire réélire sous le Traité de Nice en vigueur, qui n’exige qu’une majorité simple d’ eurodéputés en sa faveur le 16 septembre prochain. Le même menu et un peu d’Erasmus Garantir la sécurité énergétique, soutenir les activités de détail, renforcer la politique européenne d’immigration, stimuler la formation tout le long de la vie, réviser l’Agenda de Lisbonne, atteindre un taux d’activité du 70% de la population, soutenir l’industrie européenne, réformer la PAC et relancer le programme des autoroutes de la mer…, des buts et des recettes qui n’apportent aucune nouveauté et que la Commission présidée depuis cinq ans par Barroso n’a su mener à bon port tout en profitant de la croissance économique jusqu’en 2007. Le tout, convenablement assaisonné de doses du programme Erasmus, qui semble être l’improbable baguette magique pour résoudre les problèmes d’image de la Commission. Certes, « être les leaders de la lutte contre le changement climatique et mettre en place une nouvelle réglementation pour le système financier » sont des propositions crédibles dans le court terme vu l’accompagnement existant de la part des autres puissances mondiales. Ceci dit, cela ne compose pas un plan qui puisse rendre l’illusion aux européens le lendemain des élections les plus abstentionnistes de l’Histoire du Parlement européen (43% de taux de participation). D’ailleurs, Barroso laisse entrevoir une certaine préoccupation pour les objectifs non atteints. Le plus important, celui du marché intérieur inauguré en 1992 mais sans réalisations qui attirent l’attention du consommateur et investisseur. « Je veux lancer une profonde analyse des maillons qui ont sauté dans le marché intérieur pour savoir pourquoi celui-ci n’a pas produit tout son potentiel », il a annoncé. Marché 75, Social 39 Si on analyse à la loupe le programme de Durão Barroso, il est facile de conclure que c’est de la droite et les libéraux dont il réclame le soutien principal, c'est-à-dire des vainqueurs aux dernières élections de juin 2009. Face aux 75 mentions du terme « marché » qui se contiennent dans son document d’orientations pour être réélu Président de la Commission, il n’introduit que 39 fois le mot « social ». De quoi se demander pourquoi la plupart de la presse européenne souligne le caractère « social » des orientations de Barroso dans ce document. Finalement, le mot « sécurité » y est présent 19 fois, devant « Innovation » (18 fois), « environnement » (14 fois) ou « famille », abandonnée avec 2 mentions en 49 pages. Fernando Navarro Europa451 CommentsLeave a Reply | Catégories:
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