
La Chambre européenne décidera le 16 septembre de la réélection de Barroso. Le conservateur portugais vient de présenter un programme qui reprend de vieilles initiatives frustrées. La clé de sa réélection est dans la main des socialistes et des libéraux.
Sous le slogan « orienter et guider la mondialisation », Durão Barroso, aspirant à la réélection en tant que Président de la Commission européenne, a présenté un programme pour un nouveau quinquennat qui parie formellement pour l’Europe Sociale. Pour l’instant, il jouit du soutien d’une droite européenne qui a largement gagné les élections en juin dernier. La nouveauté historique ? C’est la première fois qu’un aspirant à la présidence de la Commission présente un document d’intentions, nommé pour l'occasion « orientations ». Le PPE et les eurosceptiques du Groupe Conservateur Réformiste soutiennent sa réélection sans attendre la ratification du Traité de Lisbonne, qui exige une majorité absolue au lieu d’une majorité simple des eurodéputés.
Sous le slogan « orienter et guider la mondialisation », Durão Barroso, aspirant à la réélection en tant que Président de la Commission européenne, a présenté un programme pour un nouveau quinquennat qui parie formellement pour l’Europe Sociale. Pour l’instant, il jouit du soutien d’une droite européenne qui a largement gagné les élections en juin dernier. La nouveauté historique ? C’est la première fois qu’un aspirant à la présidence de la Commission présente un document d’intentions, nommé pour l'occasion « orientations ». Le PPE et les eurosceptiques du Groupe Conservateur Réformiste soutiennent sa réélection sans attendre la ratification du Traité de Lisbonne, qui exige une majorité absolue au lieu d’une majorité simple des eurodéputés.
« La réponse aux défis d’aujourd’hui ne peuvent provenir seulement du marché ou de l’État. À court terme il faut maintenir la relance par la demande, soutenir les chômeurs et conserver les taux d’intérêts très bas », suggère le seul pressenti à la réélection. Selon Joseph Daul, chef de files du Groupe Populaire européen, le principal dans la chambre et avaliste du portugais, il semblerait que pour Martin Schulz - président du groupe des Socialistes et Démocrates - cette touche sociale dans le discours de Barroso suffirait pour lui promettre le soutien de la majorité de son groupe. Le PPE se serait également engagé à soutenir la réforme des marchés financiers exigée par Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti Socialiste Européen. La position conciliatrice des socialistes s'explique aussi par la volonté de Marti Schultz d'obtenir la présidence.
De quoi dépendent les négotiations
De quoi dépendent les négotiations

Rasmussen, soulignant la division au sein du PSE, considère au contraire que « Barroso n’a pas passé le test » après l’audience célébrée à huis clos entre le président sortant et les europarlementaires socialistes. La délégation socialiste espagnole et portugaise ont annoncé leur soutien à Barroso par « solidarité ibérique », tandis que les travaillistes britanniques, les démocrates italiens et les socialistes français s’y opposeront. Les allemands, qui dépendent de Martin Schulz, attendent que leur chef arrive à se faire promettre de la part de Barroso son soutien à un socialiste pour le poste du futur Haut Représentant des Affaires Étrangères, le successeur de Javier Solana.

Les Verts sont le seul groupe qui a décidé de rendre publique son audience avec Barroso le 9 septembre. Ils sont les plus farouches opposants à une réélection de Barroso. Cohn-Bendit, le chef de file écoligique dans la Chambre européenne, veut attendre au moins la ratification du Traité de Lisbonne et considère Barroso comme un des présidents de la Commission les moins doués. Le portugais lui répondait le 9 septembre de la façon suivante : “les Verts se trompent de cible”, car sa Commission a proposé des réformes écologiques plus ambitieuses que celles approuvées plus tard par le Conseil européen, la réunion des chefs d’État et de Gouvernement de l’UE.

Les libéraux de Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge et ferme opposant à Barroso, concèdent par contre majoritairement leur soutien au conservateur portugais une fois que celui-ci leurs a promis à huis-clos la création d’un poste de commissaire aux Droits de l’Homme, un système de supervision unifiée des marchés financiers dans l’Union, et de lutter pour augmenter le budget européen. Les députés français, une fois de plus, ne s’ajouteront pas au vote de leurs collègues libéraux, car ils considèrent les orientations de Barroso un « enfilage de perles », selon Corine Lepage, ancienne ministre à l’environnement et eurodéputée.
49 pages sans consistance
Les fameuses orientations sont en fait un réchauffé d’initiatives qui s’étaient évaporées pendant son premier mandat, et qui en plus n’aurait pas vu le jour sans la pression des patrons des groupes socialiste, libéral, écologiste et communiste pour monnayer leur soutien. Nigel Farage, président du groupe Indépendance et Démocratie, n’use pas de langue de bois et a déclareé Europa451 que le document de Barroso est « un manifeste détestable et mégalomaniaque pour la destruction de la démocratie dans les États clients de l’Union » et annonce une opposition enragée pendant les cinq ans à venir.
« Je préfère et préfèrerai toujours les réalisatons concrètes aux discours vides », a tenté Durão Barroso avant d’égrener la liste de ses intentions pour le mandat 2009-2014. Tout en poursuivant sur : « Il faut maintenir le plan de relance et il est nécessaire de corriger les déficits excessifs ». Bravo pour l’équation impossible.
Dans son document présenté en français –les anglophones sont déjà acquis semblerait-il- Barroso établit deux points de départ pour son plan de gouvernement. D’un côté, il assume avoir consolidé l’Europe à 27, tout en oubliant que le budget pour la solidarité communautaire n’a pas augmenté d’une centime en 5 ans, qu’entre les nouveaux membres l’euroscepticisme et le blocage à la construction se rendent de plus en plus populaires et qu’il continue d’avoir une fracture économique importante entre l’est et l’ouest de l’Union. D’un autre côté, Barroso s’accroche à la « probable ratification du Traité de Lisbonne » pour déterminer ses objectifs. Un apriori fragile: il n’aurait peut-être pas encore eu les résultats des derniers sondages qui prévoient un considérable recul du oui en vue du référendum irlandais du 2 octobre prochain.
Le même menu et un peu d’Erasmus
49 pages sans consistance
Les fameuses orientations sont en fait un réchauffé d’initiatives qui s’étaient évaporées pendant son premier mandat, et qui en plus n’aurait pas vu le jour sans la pression des patrons des groupes socialiste, libéral, écologiste et communiste pour monnayer leur soutien. Nigel Farage, président du groupe Indépendance et Démocratie, n’use pas de langue de bois et a déclareé Europa451 que le document de Barroso est « un manifeste détestable et mégalomaniaque pour la destruction de la démocratie dans les États clients de l’Union » et annonce une opposition enragée pendant les cinq ans à venir.
« Je préfère et préfèrerai toujours les réalisatons concrètes aux discours vides », a tenté Durão Barroso avant d’égrener la liste de ses intentions pour le mandat 2009-2014. Tout en poursuivant sur : « Il faut maintenir le plan de relance et il est nécessaire de corriger les déficits excessifs ». Bravo pour l’équation impossible.
Dans son document présenté en français –les anglophones sont déjà acquis semblerait-il- Barroso établit deux points de départ pour son plan de gouvernement. D’un côté, il assume avoir consolidé l’Europe à 27, tout en oubliant que le budget pour la solidarité communautaire n’a pas augmenté d’une centime en 5 ans, qu’entre les nouveaux membres l’euroscepticisme et le blocage à la construction se rendent de plus en plus populaires et qu’il continue d’avoir une fracture économique importante entre l’est et l’ouest de l’Union. D’un autre côté, Barroso s’accroche à la « probable ratification du Traité de Lisbonne » pour déterminer ses objectifs. Un apriori fragile: il n’aurait peut-être pas encore eu les résultats des derniers sondages qui prévoient un considérable recul du oui en vue du référendum irlandais du 2 octobre prochain.
Le même menu et un peu d’Erasmus

Liste non exhaustive de ses ambitions: garantir la sécurité énergétique, soutenir les activités de détail, renforcer la politique européenne d’immigration, stimuler la formation tout le long de la vie, réviser l’Agenda de Lisbonne, atteindre un taux d’activité du 70% de la population, soutenir l’industrie européenne, réformer la PAC et relancer le programme des autoroutes de la mer… Des buts et des recettes qui n’apportent aucune nouveauté et que la Commission présidée depuis cinq ans par Barroso n’a su mener à bon port en profitant pourtant d'une croissance économique jusqu’en 2007. Le tout, convenablement assaisonné d'Erasmus, qui semble être l’improbable baguette magique pour résoudre les problèmes d’image de la Commission.
Certes, « être les leaders de la lutte contre le changement climatique et mettre en place une nouvelle réglementation pour le système financier » sont des propositions crédibles dans le court terme vu l’accompagnement existant de la part des autres puissances mondiales. Ceci dit, cela ne compose pas un plan qui puisse rendre l’illusion aux Européens le lendemain des élections les plus abstentionnistes de l’Histoire du Parlement européen (43% de taux de participation).
D’ailleurs, Barroso laisse entrevoir une certaine préoccupation pour les objectifs non atteints. Le plus important, celui du marché intérieur inauguré en 1992 mais sans réalisations qui attirent l’attention du consommateur et investisseur. « Je veux lancer une profonde analyse des maillons qui ont sauté dans le marché intérieur pour savoir pourquoi celui-ci n’a pas produit tout son potentiel », a-t-il annoncé.
Marché 75, Social 39
En analysant à la loupe le programme de Barroso, il est facile de conclure que c’est à la droite et auprès des libéraux qu'il réclame un soutien, c'est-à-dire les vainqueurs aux dernières élections de juin 2009.
Face aux 75 mentions du terme « marché » présentes dans son document d’orientations pour être réélu Président de la Commission, il n’introduit que 39 fois le mot « social ». De quoi se demander pourquoi la plupart de la presse européenne souligne le caractère « social » des orientations de Barroso dans ce document. Tout en sachant très bien que les compétences en matière de social de la Commission sont des plus limitées...
Finalement, le mot « sécurité » y est présent 19 fois, devant « Innovation » (18 fois), « environnement » (14 fois) ou « famille », abandonnée avec 2 mentions en 49 pages.
Fernando Navarro
Europa451
Certes, « être les leaders de la lutte contre le changement climatique et mettre en place une nouvelle réglementation pour le système financier » sont des propositions crédibles dans le court terme vu l’accompagnement existant de la part des autres puissances mondiales. Ceci dit, cela ne compose pas un plan qui puisse rendre l’illusion aux Européens le lendemain des élections les plus abstentionnistes de l’Histoire du Parlement européen (43% de taux de participation).
D’ailleurs, Barroso laisse entrevoir une certaine préoccupation pour les objectifs non atteints. Le plus important, celui du marché intérieur inauguré en 1992 mais sans réalisations qui attirent l’attention du consommateur et investisseur. « Je veux lancer une profonde analyse des maillons qui ont sauté dans le marché intérieur pour savoir pourquoi celui-ci n’a pas produit tout son potentiel », a-t-il annoncé.
Marché 75, Social 39
En analysant à la loupe le programme de Barroso, il est facile de conclure que c’est à la droite et auprès des libéraux qu'il réclame un soutien, c'est-à-dire les vainqueurs aux dernières élections de juin 2009.
Face aux 75 mentions du terme « marché » présentes dans son document d’orientations pour être réélu Président de la Commission, il n’introduit que 39 fois le mot « social ». De quoi se demander pourquoi la plupart de la presse européenne souligne le caractère « social » des orientations de Barroso dans ce document. Tout en sachant très bien que les compétences en matière de social de la Commission sont des plus limitées...
Finalement, le mot « sécurité » y est présent 19 fois, devant « Innovation » (18 fois), « environnement » (14 fois) ou « famille », abandonnée avec 2 mentions en 49 pages.
Fernando Navarro
Europa451
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