Five more years... 09/18/2009
![]() Alea Jacta Est aurait lancé un Jules César. Un simple « Putain encore cinq ans » sur le Twitter de Jean Quatremer…Après trois mois de tractations en tout genre, le Parlement vient de valider José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne pour un deuxième mandat. Jusqu’au dernier moment, Daniel Cohn Bendit aura cherché à repousser l’élection. Lundi dernier en proposant un report. Mais aussi quelques secondes avant le vote, en demandant un essai des boitiers électroniques. Deux se révèlent hors service…juste de quoi retarder le vote de cinq minutes… « Dani le Rouge »aura lutté jusqu’au bout. En quelques secondes, l’hémicycle valide un choix qui n’avait rien d’un dilemme Cornélien : Barroso II ou rien. 382 voix contre 219 et 117 abstentions, sur 718 députés présents. Majorité sans appel pour celui qui était supporté par les 27 chefs d’Etat européens. « Aventure exaltante » Aussitôt, le Président du Parlement, Jerzy Buzek demande au fraîchement élu Président de la Commission de venir les rejoindre. S’en suit alors une standing ovation de la part de ses supporters et une certaine ignorance pour les autres. Beau perdant, Daniel Cohn Bendit lui offre même des fleurs…fonction de président du groupe des Verts oblige. Sourire aux lèvres, le conservateur José Manuel Barroso remercie alors l’Assemblée élue de la confiance qui lui a été accordée et souligne le travail qu’il reste maintenant à accomplir. Probablement pris d’émotion, il qualifie la construction européenne « d’aventure exaltante ». En espérant qu’il soit plus actif et moins assujetti aux Etats que ces cinq dernières années…autrement ce souffle lyrique risque de retomber bien rapidement à grands coups de formules creuses et de bien peu d’action. Solidarité ibérique ??? Chose à noter lors du discours ; le choix de Barroso de remercier ouvertement le soutien qu’il a reçu de la part du gouvernement portugais qui accessoirement est socialiste. Cette décision ouvertement assumée par Lisbonne traduit le désir du Premier ministre portugais, Socrates, de voir Barroso rester à Bruxelles et éviter qu’il brigue le mandat présidentiel de son pays et ainsi retourner aux affaires nationales. Ce qui politiquement parlant, ne fera pas le bonheur du Parti socialiste portugais. Autre facteur qui a joué en sa faveur : la division de la gauche européenne, qui n’a pas su créer une réelle opposition. Bien que le Parti Populaire Européen (conservateur européen) soit le groupe politique le plus important, il ne possédait pas la majorité nécessaire pour son élection, même renforcé par les euro sceptiques. C’est donc grâce au soutien socialiste de certaines nationalités qu’il a pu réunir assez de voix, en particulier avec la fameuse « solidarité ibérique », argument brandi par les Espagnols et les Portugais, mais assez mal compris par leurs collègues. Service minimum européen Quant au soutien des autres pays européens, il n’est pas non plus le résultat d’un enthousiasme généralisé. En 2004, l’ancien premier ministre portugais ne fut qu’un choix de dernière minute devant le refus britannique d’accepter le libéral Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge, bien trop fédéraliste aux yeux de Londres mais pourtant soutenu par Paris et Berlin. Aujourd’hui, il est reconduit car lui est reconnu le profil parfait d’un homme qui ne fait pas de vagues, cherchant avant tout à concilier les Etats, disant tout et son contraire pour plaire à tous, et donc ne renforçant pas vraiment e caractère supranational de la Commission. Une sorte de service minimum européen. Nous pouvons nous souvenir du fameux plan de relance européen par exemple, qui ne fut en réalité addition des 27 plans nationaux. Sans oublier que sa volonté actuelle de lutter contre la crise contraste avec des années de refus de toute réglementation. Un de ses autres avantages est son origine : , il ne provient ni d’un grand pays, ni d’un petit, ni d’un membre fondateur, ni d’un récent. Un entre deux, calmant les possibles rivalités. A partir d'aujourd'hui, José Manuel Barroso a cinq ans pour démontrer qu’il a la stature d’un vrai homme politique européen…ou pas. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 PS : juste une question pour la forme : quels étaient les 18 députés absents et qu’avaient-ils de mieux à faire que de voter ? Europa451 est à leur recherche... CommentsLeave a Reply | Catégories:
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