![]() Silvio Berlusconi, premier ministre italien, a perdu la bataille Laudo Alfano le même jour que le Parlement européen décide d’ouvrir un débat et programmer une résolution sur le pluralisme médiatique et la liberté de presse en Europe. Le débat se déroulera aujourd’hui, 8 octobre. La résolution sera votée le 20 octobre prochain. Le Président de la République italienne, Giorgio Napoletano ne veut pas « que l’UE se transforme en une instance d’appel des décisions des parlements nationaux », en se référant à la volonté de la majorité des europarlementaires d’ouvrir un débat sur la liberté de presse en Italie et en Europe. Depuis le 7 octobre, tout le monde sait maintenant avec certitude que certaines décisions du Parlement italien étaient anticonstitutionnelles, comme le laudo Alfano. La droite européenne tentée de s’enfermer dans un bunker Sans s’éloigner un seul millimètre de son discours officiel préétabli, Berlusconi a affirmé qu’il restera premier ministre parce qu’il « s’en fout » de la décision de la Court Suprême italienne, un tribunal « rempli de juges gauchistes ». La décision de ce tribunal annule le laudo Alfano, une loi approuvée quelques semaines avant la troisième accession au pouvoir de Berlusconi, en 2008. Son but était d’instaurer l’immunité judiciaire pour quatre fonctions de l’État, dont le Premier Ministre. Le vrai bénéficiaire était Silvio Berlusconi, ce magnat de la presse et fondateur du conservateur Peuple de la Liberté (PDL), avec quatre procès judiciaires à ses talons. Cette semaine, le PDL a mobilisé tous ses effectifs à Bruxelles pour approuver une résolution qui empêcherait de discuter dans la chambre européenne des problèmes du marché des médias et de la liberté de presse suscités en Europe par le paradigme italien. Samedi dernier, Rome a accueilli une manifestation de 300 000 personnes en protestation pour le manque de liberté de la presse. Le chef de file du PDL au Parlement européen, Mario Mauro, affirmait hier que « cette partie nous n’allons pas la jouer à la défensive, mais à l’attaque ». Entre autre, il s’accroche aux paroles récentes de Giorgio Napoletano, communiste, qui considère que “le Parlement européen ne doit pas devenir la caisse de résonance de l’opposition au gouvernement italien ». Mauro dénonce la « double morale » de la gauche italienne, qui « n’avait rien fait pendant les deux ans de gouvernement Prodi pour approuver une loi qui limiterait la concentration des médias ». Le Parlement décide de ne pas la boucler Finalement, verts, socialistes, libéraux et communistes ont abattu la tentative du Parti Populaire d’annuler le débat. Chacun avec des arguments différents. « Le Parlement européen peut débattre de n’importe quelle question nationale, c’est comme si on voulait parler d’une politique néfaste du gouvernement hongrois envers les Roms », affirme Daniel Cohn-Bendit, leader des Verts, « pourvu qu’on n’adopte pas de décisions sur ces questions ». Les socialistes mettent l’accent sur le fait que le marché des médias est commun en Europe : « Les capitaux présents dans les médias proviennent souvent de différent pays et les journalistes d’un pays travaillent souvent dans un pays voisin grâce à la liberté de mouvements », souligne Martin Schulz. Les libéraux ne cessent pas de rappeler que le conservateur Barroso a obtenu sa réélection à la tête de la Commission grâce à eux en échange de créer un poste de commissaire de Liberté et Droits de l’Homme, « une question d’intérêt européen », selon leur chef de file Guy Verhofstad. Pendant sa conférence de presse, il a dédié un clin d’oeil à la salle colmatée de journalistes italiens : « Nous n’avons pas mis à cette salle le nom d’Anna Politkovskaia pour rien ». La salle de presse du Parlement européen porte le nom de la journaliste russe critique avec le gouvernement de Vladimir Poutine et assassinée en 2006 , le jour exact de l’anniversaire du dirigeant russe, soit le 7 octobre. Suivez notre dossier dans les prochaines heures Fernando Navarro Sordo Europa451 CommentsLeave a Reply | Catégories:
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