La Pologne s'oppose à son tour à Tony Blair 10/14/2009
Après le Luxembourg (et donc indirectement le Bénélux), l'Autriche et la Hongrie (voir ici le billet de Jean Quatremer), c'est au tour de la Pologne d'émettre des réserves sur la candidature de Tony Blair au poste de Président du Conseil européen. En effet, selon le journal polonais Dziennik, la Pologne envoie actuellement aux ambassadeurs européens en poste à Varsovie sa position officielle et vision des choses concernant les nouveaux postes créés par le Traité de Lisbonne. Au sujet du Président du Conseil européen, il semblerait que le gouvernement de Donald Tusk souhaiterait que cette fonction fasse plus office de secrétariat général en charge des affaires administratives courantes, plutôt que d'un levier de pouvoir et d'initiatives. D'où sa préférence pour une personnalité effacée et originaire d'un petit Etat membre. Une telle perception ne fait pas vraiment le jeu d'un ancien Premier ministre britannique… Ainsi selon Varsovie, Tony Blair représente un risque de voir se créer un directoire informel, tentant de mener sa propre politique. Le revers n'est pas sans importance sur l'échiquier politique européen. Il faut rappeler qu'en 2003, la Pologne avait soutenu la politique atlantique de Tony Blair en faveur de la guerre en Irak. En 2009 et un bouclier anti-missile en moins, les Polonais réajustent leur vision de l'Europe. Reste alors à des pays comme la France, opposés à ce candidat il y a 6ans pour le soutenir. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Add Comment Notre pronostic sur Sakharov 10/11/2009
![]() La semaine dernière, le Parlement européen a dévoilé les trois finalistes pour le prix Sakharov. Barack Obama n’étant pas nominé, cela laisse donc quelques chances à d’autres personnalités. Les trois noms restant reflètent les crises actuelles de part le monde. Tout d’abord, le gynécologue palestinien Dr. Izzeldin Abuelaish, qui malgré la mort de ses trois filles dans les bombardements israélien de 2009, continuent à soigner des patients des deux côtés de la frontière et souhaite même créer une fondation. Autre prétendant, le journaliste, écrivain et dramaturge suédo-érythréen, Dawit Isaak. Depuis 2001, il est emprisonné par l’Erythrée, étant considéré comme un traître pour avoir demandé des réformes démocratique ainsi que la transparence concernant le déclenchement de la guerre Erythrée-Ethiopie. Enfin, le troisième et dernier finaliste n’est pas une personne en soi, mais une association, nommée Memorial, qui lutte pour la défense des droits de l’Homme en Russie. Andreï Sakharov était d’ailleurs son premier dirigeant. A la fin des années 80, elle travaillait principalement à la mémoire des victimes des répressions staliniennes mais à aujourd’hui élargit son action à la défense des droits civils. Bien que le nom du lauréat ne sera connu que le 22 octobre, Europa451 prend le risque de faire un pronostic. Le dernier récompensé en provenance d’Europe de l’Est ou de l’espace post-soviétique remonte à 2006, avec Alexander Milinkevitch, le leader de l’opposition biélorusse. Entre temps, c’est le soudanais Salih Mahmoud Osman (avocat défendant les victimes de guerre) et le chinois Hu Jia (opposant au régime) qui furent retenus. Or, avec les récentes attaques contre les défenseurs des droits de l’Homme en Russie, le souvenir de la guerre de Géorgie en 2008, il y a de fortes chances pour que les pays issus de l’élargissement de 2004 pèsent de tout leur poids pour récompenser l’association Mémorial, ce qui ne serait pas sans déplaire symboliquement à Moscou. Chose que les Polonais ou Baltes apprécient eux toujours. Réponse dans quelques jours… Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 ![]() "La politique de la Commission c’est du poison pour la Lettonie », dénoncent les syndicats lettons qui s'étaient déplacés à Bruxelles mercredi dernier. Ils exigent que l’UE fasse pression sur leur gouvernement pour que soit sauver « les personnes au lieu des banques ». «La Lettonie se trouve au bord de la banqueroute et a été obligé de s'endetter à grande échelle depuis le début de la crise (près de 6 milliards d'euros pour 2 millions d'habitants). Aujourd'hui, la Commission conditionne ses prêts à la mise en place de réductions drastiques des budgets publics dédiés aux affaires sociales. Ce pays balte souffre une crise au-delà de ses collègues communautaires. En août, c’est encore le pays où la consommation de détail s’est réduite le plus dans l’UE, avec une baisse de 3,3%. Et depuis 2008, c'est 15% de son pays qui a disparu... Pourtant son principal risque c’est l’énorme déficit public qui menace l’État. Comme ce qu’il s’est passé en Islande. Pour éviter le pire, plusieurs pays voisins lui ont prêté de l’argent le temps de faire face à des mesures de réajustement budgétaire. Les pays scandinaves et la Finlande lui ont prêté 2 milliards d’euros, le FMI encore 1,7 milliard, et 3,1 encore un peu plus tard. ![]() En échange, ces pays et ces institutions font pression sur le gouvernement letton pour qu’il applique des réductions dramatiques dans des enveloppes sensibles pour les citoyens. Plusieurs dirigeants lettons ont manifesté devant le siège de la Commission européenne pour qu’il change d’attitude envers le gouvernement de droite. Ils somment l'UE de cesser d’obliger le gouvernement de Dombrovskis a mettre en place un plan fiscal qui réduit de 10% le montant des pensions générales, de 70% celles des retraités qui travaillent, de 50% les allocations parentales pour les parents qui travaillent, et une réduction de la part non imposable des revenus. « La priorité doit être réduire les dépenses de l’administration et la bureaucratie de l’État, au lieu de réduire le salaire des professeurs, les médecins et les policiers », réclamaient les représentants des syndicats lettons à Bruxelles, en compagnie de la députée européenne des Verts Tatjana Zdanoka. Fernando Navarro Sordo Europa451 ![]() Silvio Berlusconi, premier ministre italien, a perdu la bataille Laudo Alfano le même jour que le Parlement européen décide d’ouvrir un débat et programmer une résolution sur le pluralisme médiatique et la liberté de presse en Europe. Le débat se déroulera aujourd’hui, 8 octobre. La résolution sera votée le 20 octobre prochain. Le Président de la République italienne, Giorgio Napoletano ne veut pas « que l’UE se transforme en une instance d’appel des décisions des parlements nationaux », en se référant à la volonté de la majorité des europarlementaires d’ouvrir un débat sur la liberté de presse en Italie et en Europe. Depuis le 7 octobre, tout le monde sait maintenant avec certitude que certaines décisions du Parlement italien étaient anticonstitutionnelles, comme le laudo Alfano. La droite européenne tentée de s’enfermer dans un bunker Sans s’éloigner un seul millimètre de son discours officiel préétabli, Berlusconi a affirmé qu’il restera premier ministre parce qu’il « s’en fout » de la décision de la Court Suprême italienne, un tribunal « rempli de juges gauchistes ». La décision de ce tribunal annule le laudo Alfano, une loi approuvée quelques semaines avant la troisième accession au pouvoir de Berlusconi, en 2008. Son but était d’instaurer l’immunité judiciaire pour quatre fonctions de l’État, dont le Premier Ministre. Le vrai bénéficiaire était Silvio Berlusconi, ce magnat de la presse et fondateur du conservateur Peuple de la Liberté (PDL), avec quatre procès judiciaires à ses talons. Cette semaine, le PDL a mobilisé tous ses effectifs à Bruxelles pour approuver une résolution qui empêcherait de discuter dans la chambre européenne des problèmes du marché des médias et de la liberté de presse suscités en Europe par le paradigme italien. Samedi dernier, Rome a accueilli une manifestation de 300 000 personnes en protestation pour le manque de liberté de la presse. Le chef de file du PDL au Parlement européen, Mario Mauro, affirmait hier que « cette partie nous n’allons pas la jouer à la défensive, mais à l’attaque ». Entre autre, il s’accroche aux paroles récentes de Giorgio Napoletano, communiste, qui considère que “le Parlement européen ne doit pas devenir la caisse de résonance de l’opposition au gouvernement italien ». Mauro dénonce la « double morale » de la gauche italienne, qui « n’avait rien fait pendant les deux ans de gouvernement Prodi pour approuver une loi qui limiterait la concentration des médias ». Le Parlement décide de ne pas la boucler Finalement, verts, socialistes, libéraux et communistes ont abattu la tentative du Parti Populaire d’annuler le débat. Chacun avec des arguments différents. « Le Parlement européen peut débattre de n’importe quelle question nationale, c’est comme si on voulait parler d’une politique néfaste du gouvernement hongrois envers les Roms », affirme Daniel Cohn-Bendit, leader des Verts, « pourvu qu’on n’adopte pas de décisions sur ces questions ». Les socialistes mettent l’accent sur le fait que le marché des médias est commun en Europe : « Les capitaux présents dans les médias proviennent souvent de différent pays et les journalistes d’un pays travaillent souvent dans un pays voisin grâce à la liberté de mouvements », souligne Martin Schulz. Les libéraux ne cessent pas de rappeler que le conservateur Barroso a obtenu sa réélection à la tête de la Commission grâce à eux en échange de créer un poste de commissaire de Liberté et Droits de l’Homme, « une question d’intérêt européen », selon leur chef de file Guy Verhofstad. Pendant sa conférence de presse, il a dédié un clin d’oeil à la salle colmatée de journalistes italiens : « Nous n’avons pas mis à cette salle le nom d’Anna Politkovskaia pour rien ». La salle de presse du Parlement européen porte le nom de la journaliste russe critique avec le gouvernement de Vladimir Poutine et assassinée en 2006 , le jour exact de l’anniversaire du dirigeant russe, soit le 7 octobre. Suivez notre dossier dans les prochaines heures Fernando Navarro Sordo Europa451 ![]() L’Allemagne est la première économie de l’Union. Son modèle est entièrement orienté à l’exportation de biens industriels et de services financiers. Ce pays possède d’énormes intérêts à se défendre non seulement dans l’UE, mais au delà de ses frontières. Des indices laissent présager, après les élections du 27 septembre, un assaut allemand au poste de ministre des Affaires Étrangères de l’UE. La presse européenne consacre énormément d’encre ces dernières semaines en spéculant autour des leaders européens qui obtiendraient le plus de soutiens pour prendre en charge le poste de Président de l’UE. Cette fonction, qui n’existe pas à présent, est prévue dans le Traité de Lisbonne que les irlandais viennent de ratifier vendredi 2 octobre. Dans la poule figurent des personnalités telles que le chrétien-démocrate hollandais Jan Peter Balkenende, l’indépendante irlandaise Mary Robinson ou le travailliste britannique Tony Blair, une fois Felipe González auto-exclu. En revanche, personne ne parle de ce qui serait une espèce de ministre des Affaires Étrangères de l’Union et vice-président de la Commission européenne. Il s’agit aussi d’un poste, nouvelle création dans le Traité de Lisbonne, qui comporte un service diplomatique ou « d’Action Extérieure » avec des centaines de personnes à son service réparties sur toute la planète. C’est à dire, une juteuse occasion d’influencer dans les relations institutionnelles – et commerciales, inévitablement - avec les acteurs planétaires dont les marchés valent de l’or pour une Allemagne qui tente de sortir de sa grave crise économique. D’ailleurs, on dirait que l’Allemagne a déjà préparé en toute discrétion ses pions pour la conquête du poste. Trois personnalités politiques fortes de l’Allemagne avec un profil européen sembleraient prêter à candidater à cette charge. Les socialistes Frank Walter Steinmeier et Martin Schulz, et l’ex capitaine des Verts, Joshka Fischer. Trois prétendants allemands pour une Europe à une seule voix Joschka Fischer, qui fut ministre des Affaires Étrangères pendant huit ans dans le gouvernement présidé par Gerardt Schröder, a passé ces dernières années aux États Unis. Théoriquement pour se consacrer aux conférences, ce qui se traduit par perfectionner sa langue anglaise et développer son agenda de contacts et de relations parmi les élites gouvernementales de la superpuissance nord-américaine. Les États Unis sont le troisième partenaire commercial de l’Allemagne. Encore endolori par sa défaite aux dernières élections fédérales allemandes du 27 septembre dernier, Frank Walter Steinmeier, ne semble pas bien parti pour diriger son parti et peut-être même pas l’opposition après les pires résultats des sociaux-démocrates dans leur histoire. Ceci dit, il possède une expérience suffisante en tant que ministre des Affaires Étrangères dans le premier gouvernement de la chrétienne démocrate Angela Merkel. et une tonne de contacts. Un profil sans arêtes. Finalement, n’oublions pas que le chef du groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, est candidat à la totalité. En principe, son groupe et le groupe populaire européen, se partagent la présidence de la Chambre européenne à 50% lors de chaque mandat. Schulz voudrait donc occuper le poste à partir de 2012, substituant ainsi le conservateur polonais Jerzy Buzek. Pourtant, le véritable objectif de Schulz semble être la chancellerie allemande à moyen terme. Dans ce but, le pari le plus sûr est de cultiver une image internationale favorable et ne pas se compliquer la vie avec des affaires strictement nationales. De sorte qu’il ne devrait pas être surprenant de le voir se présenter pour la fonction de ministre des Affaires étrangères et Vice-président de la Commission. Un tremplin parfait pour atterri à la tête du SPD quand le SPD aura soigné ses blessures et remonté le vol. Fernando Navarro Sordo Europa451 ![]() Les créateurs les plus médiatiques participent à des activités et des vidéos de soutien à la lutte contre le changement climatique. Ils attirent l’attention des jeunes sur les dangers du réchauffement de la planète et du coup font un superbe investissement en image. On se demande quelle éthique écologique existe-t-il derrière ceux qui n'ont jamais brillé pour leur engagement avec la sauvegarde de l’environnement. La socialiste Margot Wallstrom, vice présidente de la Commission européenne a invité plusieurs artistes à faire des concerts dans 11 pays de l’UE pour transmettre aux jeunes l’urgence de la lutte contre le changement climatique. Lundi 7 décembre, en plein sommet de Copenhague, ce sera le tour des Back Street Boys. La grande étape finale de cette tournée d’artistes "verts". L’idée à la base est constructive et peut-être utile grâce à l’influence sociale de ces stars sur les jeunes générations. Elle a été mise en place en partenariat avec la chaîne MTV, un des principaux acteurs du secteur de la musique globale, et dont le but primordial ne consiste pas à promouvoir la préservation de la planète, mais la préservation de l’image des artistes qu’elle accueille ou qu’elle lance vers dans ses espaces télévisés pour tirer parti de leur succès. Être vert ça vend Depuis qu'Al Gore s’est assuré le gros lot de notoriété avec son film "Une vérité qui dérange" en 2006, c’est devenu trendy de tirer profit de la vague verte pour booster les ventes d’un disque, présenter un livre, lancer une émission de télévision ou n’importe quel produit "médiatisable" dans les mains d’une personnalité publique. Al Gore s’en est servi pour redresser sa carrière politique, mais à sa décharge il peut argumenter qu’il fait son boulot d’homme politique : promouvoir des réformes dans nos sociétés. Et fort bien ! En revanche, la plupart des visages connus –et retouchés au photoshop, biensûr- qui se sont donnés à la chanson proplanétaire ou qui s’emploient à sourire penchés sous un arbre centenaire devant une caméra, n’ont jamais donné preuve de leur dur travail en faveur de la Terre (à quelques exceptions près). Désormais, une poignée d’artistes comme Jamie Cullum, Marion Cotillard, Fergie, Yannick Noah, Mélanie Laurent ou Scorpions –la plupart d’entre eux en veille ou préretraités-, ont décidé de chanter ensemble dans une vidéo pour sauver la planète. Ils l’ont lancée sur la piste de décollage pour le sommet de Copenhague qui se déroulera du 7 au 18 décembre 2009, mais ce qu’on voit la plupart du temps dans la vidéo c’est le pif des artistes, dont l’image est soignée jusqu’au moindre détail. De la pub gratuite grâce à YouTube et la sensibilité verte de la gent commune. Rien n’empêche que ça sent le marketing et l’hypocrisie la plus élémentaire, car sauf exceptions comme celle de l’ancien joueur de tennis camerounais Yannick Noah, aucun d’entre eux possède un CV écolo remarquable. Pour le vérifier il suffit de regarder les vidéos publiées par time4climatejustice : elles prennent bien soin de présenter les quelques secondes de chaque célébrités individuellement. Quel est l'intérêt écologique caché et de sensibilisation de cela ? On pourrait aussi coincer ces artistes dans une interview et leur demander quels sont les objectifs du sommet qui débute le prochain 7 décembre à Copenhague et leur plan de bataille respectif. Au cas où : à Copenhague l’ONU veut engager le plus grand nombre d’États possible pour obtenir un accord de réduction globale des émissions de CO2. L’UE s’est déjà engagé à réduire de 20% ses émissions en 2020 par rapport à 2007, mais il est crucial d’embarquer dans cette aventure les économies émergentes telles que la Russie, le Brésil, l’Inde et la Chine, et surtout les puissants États-Unis, champions mondiaux de la pollution. Finalement, ce qu'il y a de plus écologique dans ce clip, c'est la chanson en elle-même qui a été recyclée (Midnight Oil - Beds are burning). Fernando Navarro Sordo Europa451 ![]() REPORTAGE - Les éleveurs européens s'étaient donnés rendez-vous aujourd'hui entre les bâtiments de la Commission et le Conseil européens. Au même moment, les ministres de l’Agriculture étaient réunis avec la commissaire Marian Fischer-Boel pour étudier des solutions au marché du lait. Les éleveurs réclament depuis plusieurs semaines des mesures pour obtenir au moins 50 centimes par litre vendu. Ils brandissaient la menace d'une recrudescence de leurs actions dans les prochains jours après une première grève de deux semaines, sans fournir de lait aux distributeurs du continent. Effet direct: le prix ont augmenté, mais encore trop peu. Cette haleine froide sous forme de crachât typiquement bruxellois c’est ce qui ressemble le plus à un fumigène pour des manifestants dans la rue. Cela semble de plus en plus évident qu’en choisissant cette ville comme capitale de l’Europe on évite des réchauffements civils qui débouchent en des révoltes contre les pouvoirs publics. Surtout si lorsque nous parlons d’agriculteurs européens, un collectif pas tout à fait connu pour sa cohésion., chaque nationalité se méfiant de la voisine et de ses tomates plus rouges que rouges... ![]() Le peu de manifestants présents ne laisserait pas penser que le secteur du lait survit depuis près d'un an avec moins de 40 centimes par litre de lait à la vente. Europa451 n'a compté qu'entre 300 et 400 agriculteurs. Les CRS belges devaient eux être aussi nombreux si ce n'est plus. Pas trendy, le lait « Nous sommes suffisament nombreux pour faire le bruit qu’il faut et que notre voix soit entendue. Il faut savoir que les paysans ont besoin de traire les vaches au moins deux fois par semaine et que c’est compliqué de s’organiser pour ce genre de déplacements », déclare un membre italien de Via Campesina, une organisation globale de petits producteurs qui exigent la souveraineté alimentaire pour chaque territoire. Nombre d’entre eux ont parcouru 1500 kilomètres en bus depuis l’Allemagne ou l’Espagne pour être à Bruxelles. En tout cas, peu importe le chiffre : ils ont la conviction que l’opinion publique est avec eux. Selon la confédération espagnole des producteurs de lait (PROLEC), chaque éleveur perd 4 centimes par litre vendu par rapport à son coût de production. L’objectif immédiat est d’atteindre le seuil des 0,50 euros par litre vendu. Le prix du lait, comme celui des autres matières premières en Europe, chute depuis un an, en parallèle à la baisse de la consommation. Et il faut encore ajouter une vague de décrédibilisation à l’égard des produits laitiers, de plus en plus assimilés –à tort ou à raison- avec des problèmes cardiovasculaires ou intestinaux. Une chose est certaine : le lait que nous achetons dans les supermarchés c’est de plus en plus du soja, des protéines de laboratoire, du maïs et d’autres légumineuses, et de moins en moins du lait en provenance directe de la vache. Surproduction et distribution monopolistique Ceci dit, le problème de ce secteur est complexe. La surproduction, d’un côté, pousse les éleveurs à demander de l’UE un système qui garantisse une baisse entre 5% et 10% selon les réalités nationales La France, par exemple, exportatrice de lait, devrait s’atteler à une baisse de 10%, tandis que l’Espagne, importateur net, ne souhaite qu'une diminution de 5%. Ceci implique de maintenir le système actuel des quotas et de la production subventionnée. En revanche, ce que prône la libérale Marian Fischer-Boel, commissaire de l’Agriculture, c’est la fin des quotas pour 2015, pour que ce soit le marché qui fixe les prix et les quantités à produire. Cette commissaire en fin de mandat et avec peu de pouvoir pour prendre les mesures nécessaires, considère qu’en Europe les coûts de production sont trop élevés. Elle est scandalisée de voir les éleveurs organiser des sessions médiatiques où l’on verse massivement du lait sur la voie publique : elle a peur pour « l’image que nos projetons en Amérique Latine ou en Afrique quand ils voient qu’en Europe nous jetons à la poubelle du lait pour réclamer des subventions que dans ces autres latitudes ils ne pourront jamais se permettre ». Ce que Fischer-Boel oublie c’est que beaucoup d’éleveurs se sont endetté pendant la période du système des quotas de production par pays en achetant des droits de quotas à long terme, et craignent d’avoir jeté l’argent par la fenêtre. Autre problème pour les producteurs: la distribution est contrôlée de façon presque monopolistique dans chaque pays. De sorte que grandes et petites exploitations souffrent dans la même mesure du pouvoir de fixation des prix imposé par les intermédiaires. Les agriculteurs se sentent pris au piège. Levez la main ceux qui veulent être éleveur ! ![]() Dans une telle situation, qui voudrait prendre la rélève générationnelle, dans un profession qui frôle les 60 ans de moyenne d'âge selon PROLEC (fédération des producteurs laitiers espagnols). « Je suis éleveuse en Hollande. C’est la cinquième génération dans ma famille consacrée à ce mode de vie. Ma fille veut continuer avec l’exploitation, mais elle craint de ne pas disposer de suffisantes ressources », nous explique, plein d’énergie, Joka Visser, la cinquantaine déjà, et qui s’occupe aujourd’hui de faire le relais entre ceux qui veulent monter à l’estrade pour dire quelques mots de soutien et les organisateurs. Divorcés des hommes politiques Tout d’un coup, c’est l’eurodéputé socialiste belge Marc Tarabella, qui arrive en annonçant vouloir prendre le micro. « C’est les ministres qu’on veut écouter, c’est eux qui décident! », s'entend parmi les petits atroupements qui se forment pour se tenir chaud et partager les casse-croûtes accompagnés de quelques bouteilles de verre. L’agressivité monte alors d’un petit cran. Ce sont des bouteilles de lait qui survolent les têtes des policiers qui forment une haie face aux manifestants. Des pétards de temps à autre, un petit feu au bois de caissons. Les sirènes en réponse dans une espèce de bataille de testostérone classique dans ces rencontres. Les discours s’enflent et on applaudit avec plus de ferveur qu’au début. « Si les politiques veulent la guerre, on est prêt à y aller et la gagner !", s’encourageait un des représentants allemands, le micro à la main. « Si les politiques ne servent pas, et bien qu'on les change », suggérait un italien. Il aurait pu le dire avant les élections européennes qui viennent de se passer et qui ont très bien marché pour les conservateurs et les libéraux. « Le premier ministre suédois n’aime pas les paysans et préfère que nous voir produire des matières premières pour rien que de réagir ! », insistait l’europarlementaire José Bové en se référant à la présidence tournante de l’UE et le libéral Fredrik Reinfeldt. ![]() To be continued… Si cette fois, l’European Milk Board, qui rassemble 140 000 éleveurs, n’a ramené à Bruxelles qu’une poignée de tracteurs et quelques centaines de personnes, un autre rendez-vous plus important se tiendra au Luxembourg, le 19 Octobre. Les ministres de l’Agriculture se réuniront une dernière fois pour prendre des décisions fermes sur le secteur. La France fait pression pour aider les éleveurs mais Fischer-Boel n’envisage pas de nouvelles mesures, autres que celles qu’elle a déjà proposé aux gouvernements : éliminer les quotas et oublier les subventions. Les éleveurs plus ou moins l'inverse. Fernando Navarro Europa451 ![]() L’Espagne est le pays où un eurodéputé représente le plus de citoyens, loin devant ses homologues à l'hémicycle. Il a en effet la lourde tâche de travailler et de s'exprimer au nom de 917 060 citoyens... Le podium de la représentativité est complété par les europarlementaires français, avec 890 348 citoyens à ses épaules, et les britanniques, avec 855 726. Tant que le Traité de Lisbonne ne sera pas entré en vigueur, l’Espagne sera à la queue de la représentation proportionnelle à Strasbourg. Ce Traité, qui modifie aussi la distribution des sièges parlementaires entre les États de l’Union, prévoit quatre nouveaux députés pour nos voisins ibériques, qui en ont déjà 50. Les régions les mieux représentées dans la Chambre européenne sont les pays Baltes et les îles de la Méditerranée, aux alentours de 100 000 suffrages pour élire un eurodéputé. Cliquez sur le plan pour en savoir d’avantage. Fernando Navarro Europa451 ![]() Entre 2008 et 2009, certains nonistes peuvent avoir abandonné le combat. Cela s’explique par les garanties obtenues par l’Irlande lors de négociations avec ses partenaires européens : sauvegarde de leur neutralité, de leur commissaire et bien d’autres. Mais d’autres continuent le combat, et dénoncent une Europe qui voudrait mettre à terre leur identité, système fiscal et leur morale. Toutefois, s’ils relisaient ce Traité, ils en deviendraient les plus fervents partisans. La raison de cela n’est pas le fait que l’Irlande gagne de l’influence ou un droit veto. Ni que des compétences soient redirigées vers les Etats membres bien que les Parlements nationaux soient gagnants. Cela est dû à une nouvelle disposition, totalement innovante, prévue dans le Traité de Lisbonne, à l’article 49 A. Ce dernier dit ceci : « Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union ». Autrement dit, pour la première fois de l’Histoire de la construction européenne, est pris en compte le fait qu’un Etat puisse un jour, ne plus vouloir faire parti de la « grande famille européenne ». Depuis Rome en 1957, adhérer à l’Union était un voyage sans retour possible. Maintenant c’est possible. De quoi donc faire plaisir aux eurosceptiques et tous ceux qui voient l’appartenance de leur pays à l’UE comme une mauvaise chose. Si ces derniers sont des Présidents en fonction, cela devrait les encourager à signer Lisbonne pour une fois en place mettre en route la procédure qui est expliquée dans les lignes suivantes de l’article : « L'État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union. Cet accord est négocié conformément à l'article 188 N, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Il est conclu au nom de l'Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen ». Une fois en dehors, rien ne les empêcheraient alors de créer une autre Union, qui correspondrait à leurs attentes et espérances. Pour ceux qui auraient peur de faire une erreur en se retirant des institutions communautaires, tout est encore une fois prévu par le législateur : « Si l'État qui s'est retiré de l'Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l'article 49 ». Cette situation serait cocasse et assez drôle, mais totalement légale. Comme moi, messieurs les eurosceptiques, Jean Pierre Raffarin n'avait pas foncièrement tord: the no needs the yes to win against the no ! Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Five more years... 09/18/2009
![]() Alea Jacta Est aurait lancé un Jules César. Un simple « Putain encore cinq ans » sur le Twitter de Jean Quatremer…Après trois mois de tractations en tout genre, le Parlement vient de valider José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne pour un deuxième mandat. Jusqu’au dernier moment, Daniel Cohn Bendit aura cherché à repousser l’élection. Lundi dernier en proposant un report. Mais aussi quelques secondes avant le vote, en demandant un essai des boitiers électroniques. Deux se révèlent hors service…juste de quoi retarder le vote de cinq minutes… « Dani le Rouge »aura lutté jusqu’au bout. En quelques secondes, l’hémicycle valide un choix qui n’avait rien d’un dilemme Cornélien : Barroso II ou rien. 382 voix contre 219 et 117 abstentions, sur 718 députés présents. Majorité sans appel pour celui qui était supporté par les 27 chefs d’Etat européens. | Catégories:
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