![]() Voilà, c'est fait. L'Europe et le Monde viennent de célébrer les 20ans de la chute du Mur. Au lendemain de l'évènement, les Allemands se sont réveillés avec la gueule de bois et la réunification en perspective. Toutefois, l'idée de revoir une Allemagne unie et forte n'était pas du goût de tous. Surtout chez ses proches partenaires. « J’apprécie tellement les Allemands que je préfère qu’il y ait deux Allemagnes plutôt que une », a déclaré un jour la Première ministre conservatrice du Royaume Uni, Margaret Thatcher. Cette position tranche avec celle du chancelier de l’Allemagne fédérale de 1989, le démocrate-chrétien Helmut Kohl qui avait exprimé son souhait que les deux Allemagne fussent un jour une seule. Toutefois la position du Royaume-Uni, mêlée de crainte et de scepticisme n'était pas isolée en Europe. Le dirigeant de l’Italie, Giulio Andreotti, pays qui s’était embarqué en allié avec son voisin du nord dans les aventures guerrières des années 40, se méfiait d’une nouvelle unification allemande, craignant une « renaissance du pangermanisme ». De l'autre côté des Alpes, le Président français , François Mitterrand, tout en se prenant en photo avec Kohl de la main pendant des commémorations lacrymales à la vue du monde entier, insistait que « la question des frontières n'était pas parmi les priorités ». Il faut dire que la France avait largement payé les factures pendant le siècle dernier des guerres déclarées par son voisin germanique et qu’il existait encore une génération de vétérans gaulois qui manifestait au quotidien son rejet à l’amitié franco-allemande au sein de l’Europe. Mais pour en revenir à la Première ministre britannique, elle arriva même à suggérer à Gorbatchev que l’URSS devait éviter ou retarder la réunification allemande. Ceci dit, ce qui faisait surtout peur à cette dame de fer c’était le potentiel économique allemand pourrait éclipser le projet libéral que le Royaume Uni voulait étendre au reste de l’Europe. Une Europe qui voyait approcher le Traité de Maastricht, le marché unique, la monnaie unique et le risque de devoir augmenter le budget de la solidarité de l’UE destiné à la redistribution dans le continent. Des amis et des intérêts à négocier D’une certaine façon, Thatcher avait raison. À peine un an après la chute du mur, l’Allemagne s’était déjà réunifiée et le plus important dans cette opération hisotorique était la facture énorme qui en découler pour financer le rattrapage économique après 40ans de communisme. Face à la méfiance des ses trois grands voisins européens, Helmut Kohl a du chercher des alliés ailleurs. Ces soutiens, Kohl les a trouvé en premier lieu auprès du Bénélux, et ensuite chez le Président républicain des États Unis, George Bush père. Sans oublier un autre pays, nouvellement accroché à l'Europe et qui avait grand besoin d’inclure dans le Traité de Maastricht une politique de redistribution des richesses à un niveau européen pour être compétitif dans le futur marché unique : l’Espagne du socialiste Felipe González. Ce dernier avait également soutenu l’éventuelle installation de missiles sur le sol allemand en cas de danger venant de l’Est. En échange, l’Allemagne non seulement devrait financer la reconstruction des six états de l’Est, mais aussi les fonds de cohésion que l’espagnol González, le portugais Soares et le président de la Commission européenne, Delors, –tous socialistes- défendaient pour la nouvelle Europe. Vingt après, l’unification, loin de créer une hégémonie allemande sur le continent a surtout handicapé le pays qui a du transférer 1300 milliards d'euros vers les nouveaux Landers. Quant aux nationalismes, ils sont plutôt venus des autres pays de l’Est européen, du Royaume Uni ou de l’Irlande, obsédés par leur souveraineté nationale face à l’avancée de la construction européenne. Quant au budget de l'UE, il atteint toujous péniblement les 1% du PIB européen et si l'Allemagne panse ses plaies de la division petit à petit, ce sont aujourd'hui d'autres pays qui se fissurent petit à petit en deux. Juste à titre d'exemples: l'Italie, ou la Belgique. Fernando Navarro Sordo Europa451 Add Comment Europa451 chez Slate.fr 11/10/2009
![]() L'article d'Europa451, sur le débat français autour de l'identité nationale a été repris dans les colonnes du magazine Internet, Slate.fr, sous le titre : "L'Europe fait partie de l'identité française". Participez au débat au bas de leurs colonnes. ![]() (Flickr/y.caradec) Embourbé dans des affaires scandalo-buzzantes, le gouvernement français a misé sur un débat haut en couleurs pour détourner l'attention médiatique et populaire: l'identité nationale. Succès assuré en ces temps de crise, mais rien de nouveau à l'heure de la construction européenne. En Espagne, le thème de l'identité nationale revient très régulièrement dans les médias. La faute aux régionalismes catalan et basque qui parfois mettent à mal l'Etat espagnol. En France, c'est plus rare, mais assez ponctuel, correspondant souvent à des périodes troublées ou pré-électorales. Car si la France se veut universelle, elle aime aussi fixer ses propres règles. Les euro-députés embrigadés Lors de l'annonce de ce débat par le ministre de l'immigration et de l'identité nationale, Eric Besson, ce dernier a tenu à préciser que les élus seront mis à contribution, dont les députés européens. Intéressant. Scrutant la presse depuis plusieurs jours, Europa451 trouve néanmoins que si les anciens discours sont de retour, l'aspect innovateur de l'Europe est très absent. Car peut-on encore en 2009 considérer que l'identité française est un vase clos national alors que les interactions avec nos voisins et partenaires n'ont jamais été si grandes ? En ce moment même, Nicolas Sarkozy pense et veut transformer le 11 novembre, jour symbole par excellence du sacrifice du soldat citoyen français, en journée franco-allemande. Il ne faudrait pas oublier que l'identité française s'est largement construite en opposition à celle de ses cousins germains. Ils ont misé sur le sang. Ernest Renan en 1883 avec son discours devant la Sorbonne a pris le contre-pied en misant sur l'adhésion à des valeurs, avec ce fameux "plébiscite de tous les jours". 1992, année citoyenne Depuis nos frontières sont tombées, plus rapidement qu'elles n'ont été construites. Aujourd'hui, une simple carte d'identité suffit pour aller de Lisbonne à Helsinki. Ce que ne manquent pas de faire une jeunesse qui explore les possibilités de la mobilité estudiantine ou professionnelle à grand renfort de multilinguisme. L'exemple souvent évoqué de Bruxelles et son quartier européen n'est qu'une partie de l'iceberg. Dans ce joyeux capharnaüm, les Français ne sont pas en reste, ni repliés sur leur vieille nation comme pourraient le croire certains. Ils sont les plus nombreux à participer au programme Erasmus, et les expatriés se comptent par milliers: 300 000 au Royaume-Uni, 200 000 en Belgique, 160 000 en Allemagne, 82 000 en Espagne, 5000 en Pologne, etc. Tous ceux-là (et bien d'autres) ont compris que si leur nationalité est française, leur citoyenneté est européenne. Et ce, depuis 1992 et le Traité de Maastricht, article 8 : 1. Il est institué une citoyenneté de l'Union. Est citoyen de l'Union toute personne ayant la nationalité d'un État membre. 2. Les citoyens de l'Union jouissent des droits et sont soumis aux devoirs prévus par le présent traité. » En découle alors des droits (nombreux mais encore limités sous certaines conditions) et de devoirs (encore non définit mais répétés dans la Charte des droits fondamentaux). C’est finalement là que se situe tout l’enjeu : dans ce nouvel équilibre entre nationalité et citoyenneté puisque le traité est clair : avoir une nationalité d’un Etat membre de l’UE vous confère automatiquement la citoyenneté européenne. Les pourfendeurs de l'Europe diront que cela est artificiel, mais venant d'un Français, cela serait cocasse puisque l'identité française a été construite principalement par l'Etat centraliste, sacrifiant les particularismes régionaux. Tous Français ? Le XIXème a justement permis l’émergence de l’Etat-nation, concept dans lequel la nationalité et la citoyenneté sont mêlés, expliquant la fin d’Empires comme celui de l’Autriche ou Ottoman, ne pouvant s’y conformer. Or, depuis 1945, il y a un décollement progressif entre les deux. D’abord de traité en traité, puis aujourd’hui dans la vie quotidienne, la citoyenneté échappe de plus en plus à nos vieux Etats, étant remplacés par l’Union européenne : Cour de justice des communautés européennes, Parlement européen, Charte européenne des droits fondamentaux. Ce sont ces organes qui aujourd’hui protègent le citoyen, pouvant recadrer un Etat niant les principes européens dans ses actes. Et c’est là qu’on peut apercevoir la faiblesse du débat français. Beaucoup déclarent depuis plusieurs jours qu’être Français signifie être attaché aux valeurs démocratiques, aux droits de l’Homme, à la liberté. Si tel est le cas, l’Europe entière est française. Ces valeurs sont celles de tout un continent (et même plus), et pas seulement d’une nation. Tenir de tels discours était possible quand une moitié d’Européens vivait sous jougs communistes ou que les régimes fascistes étaient plus nombreux que les démocraties. Mais en 2009, cela ne tient plus la route. De nouveaux facteurs sont à prendre en compte. Une migration verticale La difficulté est que ce phénomène est vertical, allant vers le haut, vers la création d’un nouvel ensemble, plus grand que les précédents, alors que la tendance actuelle est inverse. Depuis plusieurs années, nous assistons au développement d’identités individuelles, horizontales : sexuelle, religieuse, régionale, etc. A l’heure d’une mondialisation et d’une plus grande inter-connectivité de notre planète, le repli sur soi est une valeur refuge. Miser sur la citoyenneté européenne est donc un pari, avec une assez mauvaise cote. Surtout que cela réduit la définition « d’être Français », sans pourtant la remplacer. Mais au lieu de ressasser les vieilles gloires, les vieux rêves - le tout gangrené par une certaine nostalgie d'antan, symbole d'une société française perturbée par le monde qui change - l'intérêt du débat ne serait-il pas rehaussé en évoquant, cherchant l'avenir ? Pour tous ceux qui ont fait l’expérience, il est souvent plus facile de se sentir français lors de séjour à l’étranger que chez soi. Puisqu’à ce moment, sa propre identité, même inconsciente, est confrontée à l’Autre. En 2009, France et les Français ne peuvent ni ne doivent se définir sans l’élément européen, devenu central. Et à partir de là, il devient plus évident de voir qu’être Français est plus la somme de certains us et coutumes (célébrer l’épiphanie par exemple), de concepts particuliers (la relation avec l’Etat) et leur hiérarchisation (la société française privilégie l’égalité alors que les Britanniques sont plus portés sur la liberté), de points de référence (avoir lu Molière à l’école ou rire aux Guignols de l’info) ou de conceptions bien à vous (un seul verbe aimer chez les Français, deux chez les Allemands) qui font votre identité nationale. Car le reste dépend de votre citoyenneté. Et pour les Français comme pour les Allemands, les Polonais, les Espagnols ou les Bulgares, elle est maintenant européenne. C’est dans ce cadre que la France et ses habitants doivent aujourd’hui se repenser leur identité et débattre. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Se déclarer contre un accord international sur le changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre est aujourd'hui un exercice dangereux et probablement risqué pour tous politiciens. Pourtant la Pologne menace l'UE de son veto si l'addition lui semble trop salée. Ses positions n'ont pas fléchi lors du dernier Conseil européen. Au contraire. Rzeczpospolita, un des grands quotidiens polonais citait il y a quelques jours, un diplomate au sujet des négociations pré-Copenhague, pour qui "un veto polonais est une possibilité, dans les conditions actuelles". Raison d'une telle détermination? Les nouvelles mesures européennes doivent en effet permettre à l'UE de financer des projets "verts" à destination des pays en voie de développement en taxant ses membres. L'enveloppe mondiale devrait se situer autour de 100 milliards par an, la part de l'UE n'ayant pas encore été décidé. Sur le fond, la Pologne soutient le projet. Sur la forme, le pays n'a pas envie de payer, ou alors le moins possible. Quel mode de calcul ? L'idée première aurait été de taxer les pollueurs. Système simple et qui parait logique. Or, nombre de pays, dont en premier lieu la Pologne, protestent contre quelque chose qu'ils jugent injuste. Leur raisonnement est le suivant : les pays les plus riches de l'UE ont eu les moyens de faire les investissements nécessaires pour réduire leurs émissions de Co2. La France avec son nucléaire. D'autres avec des énergies alternatives. Or, les pays d'Europe Centrale et de l'Est, plus occupés à gérer un retour vers l'économie de marché durant ces dernières années tout en liquidant le communisme, sont en retard et tirent leur énergie de sources fossiles, grosses émettrices de carbone comme le charbon ou le gaz. La Pologne qui ne possède aucune centrale nucléaire (des projets sont à l'étude), produit ainsi 90% de son électricité avec du charbon, en provenance de sa région de Silésie. Autrement dit: si le pollueur devient payeur, les finances de Varsovie vont en prendre un coup. Coût estimé pour le gouvernement: 1.8 milliard d'euros par an. D'où la menace de tout faire capoter si un mode de calcul plus élaboré (et plus favorable aux pollueurs) n'est pas mis en place. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, souhaite que le taux de taxation prenne aussi en compte le PIB et les particularités nationales. Pologne = Suède Le ministre polonais des affaires européennes, Mikołaj Dowgielewicz, a déclaré que s'il souhaitait un accord, il voulait qu'il soit "juste". En ajoutant aussi que "les Etats les moins nantis ne doivent pas payer pour ceux qui le sont : la Pologne ne doit pas payer plus que la Suède". Pourquoi une telle comparaison ? Car le PIB des deux pays est proche: 527 milliards de dollars pour la Pologne contre 478 pour la Suède. Or en ce qui concerne le niveau d'émission de carbone, la différence est un peu plus prononcée : 8 tonnes par habitant pour la première, contre seulement 5,5 pour la seconde. Et il serait erroné de penser que les grands pays riches de l'UE seraient favorisés par un calcul du pollueur/payeur. Car, c'est l'Allemagne qui en Europe produit le plus de Co2, avec pas moins de 9 tonnes par habitant soit 808 millions de tonnes par an. Cela s'explique par l'arrêt du développement du nucléaire et le recours au charbon et au gaz pour produire de l'électricité. La France à l'inverse, avec ses 6tonnes par an par habitant, s'en sortirait à un prix raisonnable. Deuxième point de frictions En fouillant, il y a un autre sujet sur lequel les pays de l'Est font les gros yeux à l'Ouest : cela concerne les "Unités de quantité attribuées" (UQA). Ces bons (un crédit = une tonne), créés par le protocole de Kyoto sont des droits à polluer. Chaque état en possédant un certain nombre par an. Du fait de la désindustrialisation massive des anciens pays communistes, ils en détiennent en surplus. Qu'en faire? Les Etats détenteurs voudraient pouvoir les vendre, conscient des milliards que cela pourrait représenter. Or, les quantités disponibles à la vente dans les années à venir seront tellement considérables (5 milliards pour la Russie sur 2008-2013, 2.2 pour l'Europe Centrale et 2.4 rien que pour l'Ukraine, voire plus) qu'elles menacent les efforts des autres pays et la viabilité du marché du carbone: il reviendrait en effet bien moins cher d'acheter des droits à polluer que de payer les amendes. Certains avancent l'injustice d'une possible suppression de ces crédits: pourquoi les pays qui font des efforts pour réduire leurs émissions devraient-ils être désavantagés? Si la question est valable pour les UQA, elle pourrait être retournée en ce qui concerne la participation au budget européen pour la lutte contre le changement climatique. Pourquoi ceux qui polluent moins devraient payer pour les pollueurs? Surtout que ces excédants de quotas ne sont pas le résultat, dans leur immense majorité, de politiques vertes ou de transformation de l'économie, mais comme nous l'avons déjà souligné, de la fermeture d'usines pour raisons économiques. Vive la solidarité européenne Craignant que ces crédits soient tout simplement annulés et donc perdus (avec l'argent qui va avec), les pays de l'Est de l'Europe tentent de faire pression auprès de l'UE. La Hongrie accepterait par exemple que ses crédits soient rachetés par le budget communautaire. Avantageux pour eux, un peu moins pour les finances européennes, déjà à mal avec la crise économique. Il y a de cela deux semaines,, le ministre polonais des affaires européennes, Dowgielewicz a trouvé la formule magique alors que les négociations piétinent au conseil: "si un ministre d'un Etat membre ne comprend pas pourquoi les pays plus pauvre devraient payer moins que les riches, alors il ne semble ne pas comprendre le sens de la solidarité européenne". Allez, reste à la Commission de nous trouver un joli compromis. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Travailler le dimanche - ce qui pour nombre d’européens est une banalité - est encore un tabou en France. Le paradoxe est de constater que le gouvernement conservateur de Sarkozy, qui soutient l’idée d’une Europe qui serait un club chrétien, est aussi celui qui fasse passer une loi qui permettra aux Français de travailler le jour que le Dieu des chrétiens avait consacré pour le repos. Se promener le dimanche dans Barbès à Paris, le Soho londonien ou le Raval de Barcelone, c'est s'assurer une journée d’amusement sans repos pendant 24 heures. Déjeuner des tripes aux pois-chiches rue de Myrrha, s’acheter des fringues trendy à Dean Street, ou aller chez le coiffeur au Carrer de Sant Pau…, la vie continue comme les autres jours de la semaine, ignorant les traditions religieuses. Ou autre théorie: c'est peut-être le brassage des religions existant dans ces quartiers qui permettent un relais temporel entre les fidèles des différents confessions entre le vendredi, le samedi et le dimanche, respectivement jours sacrés des musulmans, des juifs et des chrétiens. Belle synchronisation. Endimanchés contre dimanchistes En Europe il existe deux groupes de pays. Les pays où il est normal d’ouvrir les commerces et les bureaux pour travailler le dimanche, et ceux qui préfèrent y concentrer le repos. Dans le premier groupe on retrouve l’Espagne, où les commerces peuvent ouvrir sur tout le territoire national jusqu’à 24 dimanches par an, c’est à dire, la moitié de l'année. Il y a aussi le Royaume-Uni, champion européen du travail dominical, avec la Hollande ou l’Autriche. Il s’agit de pays où au moins 25% des salariés travaillent couramment les dimanches. Le groupe antagoniste est soutenu par des pays comme l’Allemagne, la Norvège ou l’Irlande. Ce sont des pays où moins de 10% des salariés travaillent le jour du Seigneur. En 1996, la Court de Justice Européenne avait déjà déclaré qu’il n’existait point de raisons suffisantes pour considérer le dimanche comme le meilleur jour à consacrer au repos hebdomadaire. La France - dont le secteur touristique est des plus puissant - se trouvait jusqu’à présent à un point équidistant des deux tendances européennes: 15% de ses salariés se levaient pour aller au boulot enle dimanche. Et selon un sondage de Vivavoice publié sur Libération, 55% des Français étaient contre l’extension du travail dominical. Travailler plus = écran de fumée ? Depuis peu, la droite française vient de faire passer une loi qui crée des zones touristique sensibles comme à Paris, Marseille et Lille, pour permettre de travailler plus (pour gagner plus?) les dimanches. Sans compter qu’est augmenté également les possibilités dans le reste de l’hexagone. Nicolas Sarkozy et François Fillon, face à une population qui a toujours valorisé la vie familiale, argumentent que cette mesure va créer de l’emploi. Que la droite libérale européenne défende que chacun soit libre de travailler les jours qu’il souhaite, cela peut se comprendre par rigueur idéologique; mais prétendre que les dimanches ça crée de l’emploi c’est fallacieux. Deux des pays où l’on travaille le plus en dimanche –le Royaume Uni et l’Espagne- souffrent plus qu'aucun autre de l’augmentation du chômage pendant la crise. L’Allemagne, qui rejette catégoriquement le travail dominical, est à l'inverse le pays qui souffre le moins du chômage depuis le début de la crise. Finalement, les Européens sont en train de revoir à la baisse leur modèle social, tout en basant leur économie sur quelques secteurs saisonniers, tel que le tourisme, au lieu de miser sur des secteurs productifs comme les nouvelles technologies ou l'environnement. L’Europe a besoin d’une puissante reconversion industrielle, et non pas des écrans de fumée comme celle de la liberté de pouvoir travailler les dimanches pour que les Japonais puissent faire leurs courses chez Louis Vuitton ou Custo. Fernando Navarro Sordo Europa451 VIDEO/ Jeudi 15 octobre dernier, Mattino Cinque, l’émission d’information matinale de Canale 5 (la principale, parmi les trois privés, des chaines du groupe Fininvest - groupe Berlusconi) a diffusé un reportage plutôt étrange. Le principal protagoniste fut le juge Raimondo Mesiano, qui a récemment défrayé la chronique pour avoir validé, la sentence qui considère Silvio Berlusconi «coresponsable de corruption» dans l'affaire d'attribution de la société de presse Mondadori au groupe Fininvest, alors que le groupe Cir de l’entrepreneur Carlo de Benedetti (groupe l’Espresso) la revendiquait aussi. Le complot des chaussettes bleues Cette affaire qui traine depuis la moitié des années ’80 est au coeur de la guerre qui fait rage entre les deux des entrepreneurs les plus puissantes d’Italie pour le contrôle de la maison d’édition Mondadori : Carlo de Benedetti et Silvio Berlusconi. Le premier accuse le second d’avoir “acheté”, par la médiation de Cesare Previti, les juges romains qui ont “attribué” définitivement la Mondadori au groupe Fininvest. Cette version est “confirmée” par le témoignage de Stefania Ariosto en 1995, et par des mouvements de la société off-shore All Iberian sur un compte d’un prête-nom de Cesare Previti. L'argent serait ensuite passé au juge Vittorio Metta, en charge du dossier Mondadori... Le juge Raimondo Mesiano a donc fini par trancher, il y a deux semaines en reconnaissant Silvio Berlusconi « coresponsable » et en condamnant la Fininvest à payer 750 millions d’euros à faveur de la Compagnie de Carlo de Benedetti. Dur à entendre quand on est Premier ministre... C'est alors que des journalistes de Mattino Cinque ont décidé de réaliser un reportage pour tenter de dresser le portrait de ce juge qui ose défier l'homme le plus puissant d'Italie. On le voit ainsi allant se faire couper les cheveux, se promenant dans la rue et fumant. Le reportage insiste même énormément sur le fait que Mesiano se promène en "avant et en arrière, et fume l'énième cigarette de la matinée", le tout en portant des chaussettes bleues...chose qu'il "ne pourrait pas faire au tribunal"...La réflexion et l'analyse de ce travail vont même jusqu'à interroger le citoyen en se demandant comment un si "étrange" personnage puisse avoir signé une sentence si importante et même avoir eu une promotion dans la magristrature italienne par la suite. La réaction de l'Association Nationale de la Magristrature ne s'est pas fait attendre. Elle a qualifié de «honteux» le fait de faire suivre un juge pendant sa vie privé, tandis que la Fédération Nationale de la Presse parle de «tabassage médiatique». Le Conseil Supérieur de la Magistrature, l’organe constitutionnel qui garanti l’Independence de la magistrature, fait savoir qu’il va ouvrir une enquête sur ces événements. Mediaset (responsable du reportage et accesoirement propriété de Silvio Berlusconi) répond à ces attaques en soutenant le journaliste Claudio Brachino même si ce dernier répond aujourd’hui aux critiques dans les colonnes de Il Giornale (quotidien de la famille Berlusconi encore une fois) en s’excusant envers le juge. Toutefois, il l'invite en même temps à son émission pour qu'il puisse expliquer à quoi sa promotion est effectivement due. Sans vouloir parler encore d’attaque à la magistrature – même si dans ce cas serait extrêmement facile – une émission ou un reportage de cette teneur, privé de toute consistance journalistique, concentrant ses attaques sur la tenue vestimentaire d'un magristrat ou sa consommation de cigarettes rappele le temps de l'information étatique. Si rien ne prouve que ce travail est le résultat d'une "commande d'en haut", reste à se demander comment une des chaînes de télévision les plus importante de la péninsule puisse considérer ce genre de réalisation de "journalistique". Francesca Barca Europa451 Le futur ministre des Affaires Étrangères, le libéral Guido Westerwelle ne parlera qu’allemand en Allemagne. Et c'est lui qui le dit. La presse internationale critique son manque de flexibilité ou de préparation, mais en réalité, ce que révèle ce nouveau comportement c’est qu’une nouvelle génération d’hommes politiques accède au pouvoir chez nos cousins germains. Les élections allemandes ont conduit au pouvoir une coalition, rassemblant principalement, le CDU d'Angela Merkel et les libéraux du FDP, avec à sa tête le présomptueux Guido Westerwelle. C’est une tradition dans ce type de combinaisons de réserver les Affaires Étrangères aux libéraux. C'est donc logiquement que leur chef est tout désigné pour le poste. Or celui-ci a créé la surprise la semaine dernière en décidant de ne répondre qu’en allemand aux questions des journalistes. Dans un pays qui a depuis longtemps accepté l'anglais comme langue de communication internationale, laissant même sa langue perdre implicitement son statut de langue de travail au sein de l'UE. Et pour un ministre des Affaires étrangères, il est toujours utile de pouvoir répondre à des journalistes, autre qu'Allemands... Pourtant le 4 octobre, Westerwelle a prouvé sa franchise quand un correspondant de la BCC de Londres lui a posé une question, au fond assez simple : « Quels sont les changements que le monde verra en politique étrangère allemand avec vous aux commandes du ministère ? ». Voici la réponse : La presse internationale a consacré une semaine à remettre en question les capacités de négociation et de représentation de Westerwelle en tant que futur ministre aux Affaires Étrangères. Une analyse erronée pour deux raisons. D’un côté, l’intention de Westerwelle n’était pas de démontrer au monde qu’il est nul en anglais, mais plutôt de lui dire clairement que les Allemands sont de plus en plus fiers de l’être et de faire valoir leur origine. Cette dernière décennie a vu l’attitude de l’Allemagne à l’extérieur abandonner sa traditionnelle pudeur identitaire, sans pour cela se montrer moins constructive. Soixante-dix ans se sont passés depuis les horreurs commises par ce pays pendant la Seconde Guerre Mondiale et les nouvelles générations politiques n’ont plus besoin de demander pardon avec une attitude a-nationaliste. D’un autre côté, les partis libéraux européens – l’allemand le premier - comprennent depuis longtemps qu’il existe pour eux un plafond électoral en cristal qu’ils n’arrivent pas à dépasser. C’est autour du 15% des voix. Dans n’importe quel contexte politique, favorable ou défavorable, les options libérales ne séduisent que cette portion des électeurs. Guido Westerwelle a bien compris cela et ne se résigne pas à avoir atteint le sommet de sa carrière politique, d’autant plus qu’il est encore jeune à 47 ans. Ainsi, les libéraux doivent trouver un nouveau facteur de vote à exploiter qui ne soit pas déjà capitalisé par d’autres formations politiques. Dans le cas allemand, ce facteur c’est le nationalisme ou la renaissance de la fierté patriotique, que les jeunes générations n’identifient plus du tout au passé nazi du pays, mais plutôt à leur droit de se libérer de toute attitude complexée envers l’extérieur. N’oublions pas que dans les congrès successifs des libéraux ces dernières années, Westerwelle a souvent exprimé que le projet libéral en Allemagne ne s’arrête pas avec leur rôle charnière. Ils veulent devenir une option hégémonique dans la politique allemande. Fernando Navarro Sordo Europa451 ![]() (Zingaro/Flickr) Publitalia 80, propriété de Silvio Berlusconi, contrôle deux tiers du marché de la publicité dans les médias italiens, selon Freedom House et la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU. De même que le fascisme avait inventé les syndicats verticaux, nous assisterions à la naissance du journalisme vertical, dans lequel tous doivent se cadrer sous le dictat de la hiérarchie. Cette information suffirait pour comprendre que l’Italie représente le paradigme de la concentration de pouvoirs dans le secteur des médias. Et surtout pour imaginer le pouvoir potentiel d’intimidation et de censure que le Premier Ministre italien Silvio Berlusconi peut exercer sur les journalistes et les médias qui n’informeraient pas selon ses désirs à lui. D’ailleurs il ne s’agit pas d’un pouvoir potentiel, mais effectif, puisque Berlusconi l’exerce tous les jours sans complexe. En Juin 2009, pendant le congrès annuel des jeunes industriels, ce leader de la droite italienne encouragea ls entreprises à ne pas inclure leur publicité dans les journaux contraires à sa position, Berlusconi défend ses intérêts personnels dès qu’il en a l’occasion : d’un côté il menace de façon indirecte les médias hostiles à sa politique de perdre leurs revenus publicitaires, de l’autre, il augmente les revenus publicitaires de ses propres médias, du fait de la réduction de marché. Un empire influent attaqué de tous côtés ![]() (Gouvernement italien) Ses médias ne sont pas peu nombreux. Trois chaînes de TV nationales privées, plusieurs journaux et des maisons d’édition importantes telles que Mondadori, dont l’achat frauduleux vient de lui valoir cette semaine d’être déclaré coupable de chantage et sommé de payer une amende de 750 millions d’euros. À cela il faut ajouter le contrôle qu’il a sur la radio publique et trois chaînes de TV nationales publiques : RAI 1, RAI 2, RAI 3. Selon un rapport d’Open Society Institute, « le chef du gouvernement italien tire un profit politique de son contrôle des médias de la RAI et de Mediaset pour influencer l’opinion publique et l’électorat ». Il suffit de se rappeler de l’épisode d'il y a 3 semaines, quand il a forcé un changement dans la programmation de RAI 1 et Canale 5 pour qu’ils n’interfèrent pas dans les indices d’audience de l’émission de "Porta a Porta" consacrée pour l’occasion à la figure de Berlusconi. Il devait, ce soir là en direct, donner les clés des nouvelles maisons construites pour les victimes du tremblement de terre des Abruzzes au printemps dernier. L’Italie vit une panne informative ![]() Il y a cinq mois, le journal espagnol El País avait dévoilé le scandale des Velinas, ces femmes escortgirls que les amis de Berlusconi ramenaient à la Villa Certosa, la maison de villégiature du premier ministre en Sicile. Pourtant, les médias sous son contrôle ont à peine traité le sujet depuis trois semaines, et cela de façon assez timide. Les Italiens sont alors forcer de s’informer de ce qui se passe dans leur pays à travers les médias étrangers. Mais combien le font vraiment ? Depuis la fondation d'European Alternatives, Nicoló Milanese dénonce « qu’en Italie, un processus plus ou moins sophistiqué de manipulation médiatique menace de laisser les citoyens sans médias pour se former une opinion raisonnée et contrôler l’action des pouvoirs publics ». Puisque dans une démocratie occidentale personne n’accepte plus qu’on séquestre une publication, ce que fait l’équipe de Berlusconi c’est de poursuivre judiciairement les médias pour cause de diffamation. Des procès ont été ouverts contre La Repubblica, L’Unità, El País et Le Nouvel Observateur,.The Times Newspaper risque d’entrer dans cette liste prochainement. Paradoxalement, Il Foglio, journal contrôlé par Berlusconi, qui a aussi publié les informations dévoilées par la presse internationale sur la vie privée du dirigeant italien, n’a pas été attaqué en justice. C’est ce qui a poussé les Verts, les Libréaux, les Socialistes et les Communistes européens à prendre la parole au parlement européen pour exiger un débat et une résolution sur la liberté de presse et le marché des médias en Europe. Le problème a surpassé les frontières italiennes. L’image de l’Italie remise en question dans la scène internationale ![]() À cause de cette harcèlement judiciaire contre la presse internationale, Freedom House, une organisation proche du conservateur Parti Républicain nord-américain, a dégradé l’Italie dans son classement annuel sur la liberté de la presse dans le monde. L’Italie est désormais « un pays partiellement libre à cause des ingérences politiques dans le système d’information, la baisse du pluralisme médiatique et le contrôle de la part de Berlusconi de 90% de l’audience TV ». Le chef du groupe europarlementaire libéral, Guy Verhofstadt, considère cette dégradation une « honte pour l’Europe ». Reporters sans Frontières et l’Agence France Presse insistent dans leurs communiqués que « pour la première fois dans l’Histoire de l’UE, un chef de gouvernement, l’italien Silvio Berlusconi, a lancé une offensive virulente contre la liberté de la presse ». Des institutions telles que l’OSCE estiment que la concentration médiatique en Italie « est un défi contre l’architecture constitutionnelle européenne et un mauvais exemple pour les jeunes démocraties en développement ». Le Conseil de l’Europe prévient contre le risque de monopole informatif et la perte de pluralisme médiatique en Italie. La dernière offensive du clan Berlusconi Ceci dit, Berlusconi explique ses actions par une campagne orchestrée par la gauche internationale et sa cinquième colonne en Italie. C'est aussi ce qu’on peut conclure de ses déclarations du 7 octobre après sa défaite devant de la Court Suprême italienne, qui considère anticonstitutionnelle la loi qui garantissait l’immunité judiciaire de Berlusconi. « Je m’en fout de ce que dit un tribunal rempli de juges gauchistes ; je me maintiens au poste car ces choses-là me stimulent. Vive l’Italie et vive Berlusconi ! », exclamait-il devant un rassemblement de journalistes. Désormais, ceux qui seront contre Berlusconi, seront considérés comme des anti-italiens. « Pourquoi quand la gauche gouvernait en Italie sans une loi contre la concentration médiatique personne ne se plaignait ? », demande-t-on dans les rangs de la droite italienne. Umberto Bossi, le fondateur de la Lega Nord, un parti xénophobe qui gouverne en coalition avec Berlusconi, parle même de « faire appel au peuple » dan une menace à peine voilée d'insurrection. Les appels à détourner la loi sont courants en Italie, et Berlusconi est le premier à les émettre. En Septembre il avait invité les Italiens à ne pas payer leur redevence télé, avec laquelle est financé la RAI et dont une de ses émissions avait osé diffuser des images du scandale des Velinas. Depuis les rangs du Gouvernement on brandit les chiffres de l’Agcom et de la Fédération Italienne d’Éditeurs de Journaux. « Aucun des cinq principaux journaux d’un pays présente une orientation favorable au Gouvernement », clamait à Bruxelles Mario Mauro, pion fidèle de Berlusconi en Europe. Il s’agit de Corriere della Sera, La Repubblica, Sole 24 Ore, La Stampa, et Il Messaggero. D’ailleurs, deux nouveaux journaux ont vu le jour dans cet ambiance délétère ces derniers mois : Il Fatto et L’Altro, tous les deux issus de ce que la droite italienne nomme « la gauche la plus radicale ». C'est-à-dire la gauche au-delà du parti centriste PD de Dario Franceschini. Finalement, Mauro rappelle aux journalistes que Berlusconi n’est pas le seul gouvernant qui attaque en justice des journaux. Par le passé, le premier ministre tchèque Milos Zeman, le premier ministre finlandais Matti Vanhanen ou le slovène Janesz Jansa ont fait recours aux tribunaux contre la presse. Et rien qu'en Italie, les anciens premiers ministres Lamberto Dini, Massimo D’Alema et Romano Prodi avaient agi de même. La tactique Mauro consiste donc de gérer cette affaire ennuyeuse pour l'image de l'Italite « à l’attaque, et non pas à la défensive ». Fernando Navarro Sordo Europa451 Vers un oui irlandais sans les jeunes ? 09/25/2009
![]() Alors que le scrutin irlandais sur le Traité de Lisbonne (version amendée) aura lieu dans exactement une semaine, un nouveau sondage vient confirmer une certaine avance du camp du oui. Publié dans l’Irish Times d’aujourd’hui, ce sondage TNS donne 48% au camp du oui pour 33% en faveur du non. Les indécis représentent encore 19%, laissant toujours planer ainsi un retournement possible de dernière minute. Chose intéressante, les enquêteurs ont aussi demandé aux Irlandais s’ils considéraient qu’il était préférable pour eux d’être dans l’UE ou non. 71% ont répondu que oui, ce qui représente une baisse de 9 points en moins d’un mois. A l’inverse, le camp des septiques est passé de 9 à 18%. Est-ce que ce changement annonce une reprise économique pour l’ancien tigre celtique, violemment touché par la crise il y a un an de cela ? Et que pensez des jeunes ? La tranche d'âge entre 18 et 25 a répondu à 41% en faveur du non, contre 39% pour le oui. Quant à leurs ainés de quelques années, les 25-34, pas moins de 42% contre 36%, voteront négativement. Alors que ces tranches d'âges sont normalement considérées comme les plus favorables à la poursuite de la construction européenne, la désillusion semble grande en Irlande. A ne pas oublier: ce sont ces générations qui ont été le plus touchées par la récession. C'est donc la tentation de sanctionner un gouvernement rendu responsable de la crise qui pourrait jouer en faveur du non. Et ce même si les modifications et garanties accordées par les chefs d’Etats européens donnent aux Irlandais ce qu’ils réclamaient en juin 2008. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 ![]() Depuis quelques jours le petit monde médiatique et politique français s’enflamme à l’idée de François Fillon serait assez smart pour remplacer José Manuel Barroso à la tête de la Commission, si ce dernier se faisait expulser de Bruxelles par les parlementaires européens en crise d’adolescence ou les Irlandais en rébellion ouverte. Devant le possible incendie qu’une annonce officielle de l’actuel Premier ministre français pourrait provoquer, puisque la France soutient avec ses 26 partenaires le candidat portugais, Pierre Lelouche – secrétaire d’Etat aux Affaires européennes – a cru bon de rappeler dans une interview au quotidien La Croix que « la France ne brigue pas la présidence de la Commission ». Concurrence européenne Mais derrière cette annonce, une question n’a été que peu posée dans les médias français. Assez simple au fond : pourquoi la France ne peut de toute façon pas briguer ce poste ? Certains rêvent peut-être du temps béni de la Commission Delors et de ses projets audacieux, mais un Français au treizième étage du Berlaymont, ce n’est pas pour tout de suite. La raison première est la sur-représentation des Français dans les instances internationales et européenne en général. Pascal Lamy à l’Organisation Mondiale du Commerce, Dominique Strauss-Khan à la tête du Fonds Monétaire International et Jean-Claude Trichet président de la Banque Centrale Européenne. Cela fait déjà pas mal pour un pays de 65 millions d’habitants. Car la concurrence entre les pays pour obtenir ces postes est rude. Dernièrement c’est la Pologne qui remué ciel et terre pour obtenir la Présidence du Parlement européen, après un échec cinglant à l’OTAN (récupéré par le Danemark). Il semble donc évident que mettre François Fillon à la Commission reviendrait à faire d’un sommet international, une annexe de café parisien… Double je(ux) Ensuite, quelle serait la réaction des autres membres de l’UE, d’avoir un ancien Premier ministre de Sarkozy à ce poste ? Si officiellement selon les traités, les commissaires ne représentent nullement un pays, mais doivent travailler dans l’intérêt général, il ne faut pas leurrer. Allez donc tenter d’expliquer que Fillon, fidèle bras droit et porte flingue du Président français depuis deux ans ne sera plus sensible à son ancien patron… Pour démontrer l’ambivalence de l’appartenance nationale ou non des Commissaires, il suffit de relire les mots de Pierre Lellouche dans l’interview de La Croix, répondant à la question : « C’est bien le poste de commissaire européen au marché intérieur qu’elle revendique ? » Réponse : « Ceci relève des négociations entre le président de la République, les autres chefs d’État et de gouvernement et le président de la Commission. Il peut y avoir d’autres options. La France émet des souhaits. Elle soutient, par exemple, la Roumanie, qui demande le poste de commissaire à l’agriculture. Mais aucun État ne peut revendiquer la propriété d’un siège. La Commission est indépendante ». Dans le même paragraphe, il nous explique que la France espère tel poste, mais que la Commission est indépendante. Autrement dit, si Paris veut le marché intérieur, c’est juste pour faire joli sur le CV de Michel Barnier (le prétendant le plus probable en tant que commissaire français) ? Pareil pour nos amis Roumains ? Pas vraiment en réalité. Le prisme national est présent dans la Commission, que les traités le veuillent ou non et les Etats cherchent à influencer les politiques européennes par ce biais. Barroso, what else ? Et enfin, pourquoi vouloir quelqu’un d’autre que Barroso ? L’état d’esprit actuel des gouvernements européens est un arrêt des transferts de souveraineté, de miser sur l’inter gouvernementalisme d’où l’avantage d’une Commission tenu par quelqu’un qui ne fait pas de remous, venant d’un petit Etat membre. Mettre un Français, c’est le risque de revoir ce construire d’ambitieux projets franco-allemands, ce que les Britanniques et leurs alliés verraient d’un mauvais œil. Malgré les vagues actuelles et les réticences de certains euro-parlementaires, José Manuel Barroso semble bel et bien en piste pour une deuxième danse. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 | Catégories:
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