Du crowdfunding pour la révolution syrienne 25/01/2012
Depuis dix mois, la répression accable le Printemps syrien sous les yeux du monde. Pour pallier l'inefficacité de la communauté internationale, une initiative allemande a lancé Adopt a Revolution, une plate-forme de financement participatif pour soutenir les activistes syriens. Entretien avec Elias Perabo, un membre fondateur. Elias voyageait à travers le Proche-Orient lorsque le Printemps syrien a éclaté, en mars dernier. A Damas, il a observé comment la population a perdu sa crainte et a commencé à manifester, à s'organiser. De ce mouvement sont nés près de 300 comités d'activistes, dont certains dans la clandestinité, qui organisent les manifestations pacifiques et qui documentent les violations des droits de l'homme en Syrie. Ils sont la colonne vertébrale du mouvement de protestation. A cause de la répression, de nombreux Syriens se sont réfugiés à Beyrouth, au Liban, d'où ils continuent leur combat. Elias les y a rencontrés. Quelques semaines plus tard, ce politologue de 31 ans saute le pas. « En mai, j'ai décidé de quitter mon job en Allemagne dans une ONG écologiste pour les rejoindre et les aider. » Il s'installe à Beyrouth et s'occupe du travail de communication internationale de la Coordination des comités locaux. En septembre, alors que les activistes réfléchissent à un moyen d'impliquer la société civile européenne dans le Printemps syrien, l'idée de Adopt a revolution émerge. Elias rentre alors à Berlin et commence à travailler bénévolement avec une petite équipe sur le site, qui a été lancé fin décembre. « L'idée est de créer un pont entre les sociétés civiles allemande et syrienne. Il s'agit d'un système de parrainage. Sur le site, il est possible de choisir un comité local spécifique et de lui verser une certaine somme tous les mois. En quatre semaines, nous avons obtenu assez de dons pour financer 15 comités à hauteur de 500 à 900€ mensuels chacun. Ca dépasse toutes nos attentes ! » Les comités ne sont pas choisis au hasard par l'initiative. « Ce sont des comités qui adhèrent catégoriquement à la résistance pacifique. Nous ne voulons pas financer de mouvements armés. C'est pourquoi nous demandons à la Coordination des comités locaux à Beyrouth de nous conseiller les potentiels groupes à soutenir. Cette Coordination tient fermement à continuer la lutte non-violente. » Une résistance qu'Elias considère exemplaire. « A l'exception de l'armée syrienne rebelle, les Syriens continuent à manifester pacifiquement depuis dix mois, malgré la répression et les milliers de victimes qu'elle provoque. Il faut que cet mouvement puisse continuer. » ![]() Elias Perabo Les dons récoltés par le site sont destinés à acheter du matériel pour les tracts et les banderoles utilisés lors des manifestations. Ils permettent aussi aux activistes de se procurer des caméras pour documenter les brutalités et mauvais traitements dont se rendent coupables les forces du régime. L'argent sert également à trouver des appartements aux activistes dans la clandestinité, à leur procurer une connexion internet sécurisée et de quoi se nourrir. « Nous ne pouvons faire aucun virement vers la Syrie, cela supposerait un trop grand danger pour les activistes sur place. Par conséquent, nous envoyons l'argent à la Coordination, qui le fait passer en Syrie par les frontières jordanienne et turque. Une fois l'argent arrivé, les groupes locaux nous le confirment et doivent nous indiquer comment l'argent a été dépensé. Nous voulons garantir un maximum de transparence. » Si Adopt a Revolution marque l'engagement de la société civile européenne en faveur du mouvement de protestation syrien, Elias estime que l'Europe devrait en faire bien plus à l'encontre du régime. « D'un côté, l'Allemagne et les autres pays européens doivent augmenter leur pression sur le régime syrien, de l'autre, ils doivent mettre de l'aide humanitaire à disposition des réfugiés présents dans les pays limitrophes de la Syrie. » Mais les alliés de la Syrie doivent aussi être la cible de cette action. « L'Europe doit agir auprès de la Turquie, de la Russie et de la Chine pour qu'elles modifient leur position envers le régime syrien. La pression doit venir de l'extérieur comme de l'intérieur, c'est le meilleur moyen de provoquer la fin de la dictature. » Pour lui, une intervention militaire serait une catastrophe. « Nous n'avons pas besoin d'une deuxième Libye ! » Sergio Marx europa451 Pour plus d'infos : www.adoptrevolution.org , www.lccsyria.org photos (c): flickr/free syria & adopt a revolution Add Comment Un an après la Révolution tunisienne, des familles cherchent leurs enfants, partis pour l'Italie et qui ne donnent plus de nouvelles. Avec des empreintes digitales comme dernier signe de vie. « Essaye d’imaginer : ton frère ou ton fils s’en va et ne donne plus de nouvelles. Est-il arrivé ? Tu ne le sais pas. Il pourrait avoir été arrêté dans l’État d’arrivée, qui ne prévoit pas que l’on puisse arriver [...] et qui pour cela arrête ceux qui arrivent, en les mettant dans des centres de rétention ou en prison. Tu attends quelques jours, regarde les images à la télévision du lieu où il pourrait être arrivé, espérant le voir. [...] Tu comprends aussi que ton fils ou ton frère n’est pas le seul à ne pas avoir téléphoné après être parti. Avec d’autres familles, tu demandes aux autorités de ton pays de s’informer, de savoir s’ils sont tous dans une prison quelconque, tu espères qu’ils le soient, même si tu crains qu’ils se soient pas bien traités. Mais les autorités ne font rien, ne demandent rien ni ne t’écoutent, pendant des mois. [R]ien ne se produit, rien, et tu commences à imaginer : il pourrait être dans une cellule d’isolement, pourrait avoir été arrêté comme passeur, il pourrait s’être révolté dans le centre de rétention... Il pourrait être en Italie, mais peut-être à Malte, peut-être en Libye. » (Extraits de l'Appel pour les migrants tunisiens disparus, à lire ici dans son intégralité.) Un an s'est écoulé depuis la chute du régime Ben Ali en Tunisie. Et depuis un an, un nouveau problème est apparu : celui des personnes disparues. Par milliers, ils ont quitté la Tunisie depuis ce 14 janvier 2011 fatidique : presque tous sont arrivés en Italie, en faisant une étape par la petite île de Lampedusa. Ce fut alors l'urgence. L'invasion de Lampedusa, les centres balnéaires pris d'assaut, les immigrés réunis dans des camps créés ad hoc dans tout le pays, les incidents diplomatiques en Europe car personne ne voulait de ces personnes. Aujourd'hui, de ceux qui ont traversé la Méditerranée, mille manquent à l'appel. Et pour les retrouver, un comité a été mis en place par quelques familles des jeunes tunisiens disparus. Les familles ont demandé, sans succès pour l'instant, que le gouvernement tunisien intervienne auprès des autorités italiennes afin de retrouver ces personnes grâce aux empreintes digitales prises à tous ceux qui débarquent en Italie. En Italie, cette initiative est soutenue par la campagne « D'une rive à l'autre : des gens qui comptent. Où sont nos enfants ? », animée par diverses associations. Peu de choses se savent des mille voyageurs : qu'ils sont partis et qu'ils sont probablement arrivés, selon les photos, les images télévisées et les propos de leurs compagnons de traversée. Ce manque d'information est dû à l'impossibilité d'accéder aux registres de l'autorité compétente, le Centre d'identification et d'expulsion, depuis décembre en raison d'une circulaire de Roberto Maroni, alors ministre de l'Intérieur. Francesca Barca europa451 Photo: flickr/noborder Sur le marché central de Nairobi, pris comme base de calcul des prix des matières premières en Afrique, le prix des aliments de première nécessité a augmenté de 42% en un mois. Le prix d'un kilo de farine correspond aujourd'hui au quart du salaire mensuel d'un travailleur de la zone. La faute, en partie, à la demande européenne en biocarburants. L'ONG Concern Worldwide a présenté le 12 octobre au Parlement Européen son indice global de la faim 2011, tristement mené par la République Démocratique du Congo, le Burundi et l'Erithrée. Selon les responsables de cette organisation, la volatilité des prix des matières premières affecte particulièrement la Corne de l'Afrique. La demande croissante en biocarburants, particulièrement en Europe, au Brésil ou aux Etats-Unis, est une des causes principales de la montée des prix des produits de base. L'eurodéputée allemande Gabrielle Zimmer souligne que « la rigidité des mesures européennes concernant les biocarburants aggrave les fluctuations des prix et amplifie leur volatilité au niveau mondial. » Ainsi, cette membre de la Gauche Européenne exige que l'Union réduise les aides aux biocarburants, « surtout aujourd'hui où leur avantage écologique est remis en doute ». Le rapport signale également le rôle néfaste du réchauffement climatique sur les prix. L'Afrique, toujours en danger Selon différentes estimations, 239 millions d'Africains souffrent de la faim chaque jour. Le Continent Noir a distancé l'Amérique Latine qui présentait des chiffres préoccupants il y a encore quelques années et qui évolue aujourd'hui favorablement. Dans la République Démocratique du Congo à elle seule, 50 millions de personnes n'ont pas de quoi se nourrir suffisamment, c'est plus que la population entière de l'Espagne ou de la Pologne. europa451 Photo: andré thiel / Flickr A Gdańsk, en quête du passé 16/10/2011
La Pologne trouve son équilibre. Loin est le temps des dures années de lutte et de révolte qui, depuis les chantiers navals de Gdańsk, inspirèrent toute la Pologne. Les Polonais ont voté. Ils ont reconduit pour un second mandat le Premier ministre sortant Donald Tusk. Celui-ci indiquait jeudi dernier son désir de poursuivre la coalition actuelle de son parti, la Plate-forme civique (PO), avec le parti paysan (PSL). Pour la première fois depuis le communisme, la Pologne a choisi la continuité en faisant confiance à nouveau à cette coalition libérale. Choisir l'alternance aurait signifié privilégier Jarosław Kaczyński, président du parti Loi et Justice (PiS), défenseur d'une Pologne ultra-catholique et nationaliste. La Pologne parie sur l'ouverture, alors qu'elle préside l'UE jusqu'à fin décembre. Tusk et Kaczyński ont pourtant combattu côte à côte, il y a plus de 20 ans, au sein du syndicat Solidarność (Solidarité). A la fin des années 70, Tusk, étudiait à l'université de Gdańsk et participa à la fondation de la branche étudiante du mouvement. Kaczyński était secrétaire du bureau national du syndicat à Varsovie, dès les débuts de l'organisation. Solidarność fut officiellement fondé en 1980 suite aux grèves des chantiers navals de Gdańsk. Il est issu du comité de grève. Grâce au bras de fer des grévistes avec les autorités communistes, dans ce centre économique qu'était les chantiers navals, le syndicat libre fut officiellement reconnu, une première derrière le rideau de fer, et contribua à la fin du communisme en Pologne et dans tout le Bloc de l'Est. Mais depuis 20 ans, le chantier naval peine à trouver un équilibre économique. Il n'est plus rentable. Il ne reste que 3 000 employés des 15 000 d'il y a 30 ans. De nombreux hangars sont abandonnés à la rouille, l'effervescences d'autrefois a disparu. Certains promoteurs envisagent de transformer ces lieux chargés d'histoire en lofts luxueux. Plus de 30 ans après la fondation de Solidarność, europa451 était sur place, dans l'épicentre de l'histoire récente de la Pologne, à la recherche d'indices du passé. Sergio Marx europa451 Photos : Marlena Cichoń Selon les derniers chiffres d'Eurostat, 776 000 immigrés ont obtenu la nationalité d'un pays de l'UE en 2009. Les Marocains sont les plus concernés. 2009 a vu un boom des naturalisations d'immigrés dans l'UE. La hausse, qui s'élève à 10% (77 000 de plus qu'en 2008), est largement à lier au Royaume-Uni, qui a accordé la nationalité à 204 000 étrangers, à la France (136 000) et à l'Allemagne (96 000). Si on compare le nombre de naturalisations à la dimension de la population étrangère, c'est le Portugal qui obtient la palme avec 5,8 naturalisations pour 100 étrangers, suivi de la Suède (5,3). En rapport à la population totale du pays, les plus ouverts sont le Luxembourg avec 8,1 naturalisations pour 1 000 habitants, et Chypre avec 5,1. L'Espagne et l'Italie, avec respectivement 1,7 et 1 naturalisations pour 1000 habitants, se trouvent, dans l'UE, en queue de peloton de l'attribution de passeports nationaux aux étrangers. En ce qui concerne les origines des nouveaux Européens, la majorité vient d'Afrique, avec 29%. Quant au pays d'origine de l'ensemble des naturalisés, le plus grand nombre vient du Maroc (59 900 personnes), de Turquie (51 900) et d'Inde (31 100). Il est intéressant d'observer que chaque pays européen se spécialise dans la naturalisation d'immigrés d'une certaine nationalité. Par exemple, 84% des naturalisés en Grèce, en 2009, étaient d'origine albanaise, deux tiers des naturalisés en Roumanie étaient Moldaves. C'est la même proportion de Roumains qui a été naturalisé en Hongrie, une proportion probablement liée à l'attribution de la nationalité aux minorités d'ethnie hongroise des Carpates roumaines. En Lettonie et en Estonie, pratiquement toutes les naturalisations étaient le fait de citoyens sans nationalité antérieure, issus de l'importante minorité russophone. Fernando Navarro europa451 image (c) flickr/jaxpix Alors que le mouvement des indignés s'est manifesté dans de nombreux pays européens, il est resté lettre morte en Allemagne. Un parti porte cependant de nombreuses revendications du mouvement en Allemagne, et avec succès. Il s'agit du Parti Pirate, qui vient d'entrer au Parlement berlinois avec 8,9% des voix. L'Allemagne, première puissance économique européenne, au chômage de 7,0%, est considérée par beaucoup d'observateurs comme un exemple à suivre ou, du moins, comme une société qui « fonctionne », volontiers présentée comme l'antithèse des pays surendettés. Pourtant, comme l'a rappelé The Guardian début août, les inégalités n'y font que croître sur l'autel de la compétitivité. La raison principale est liée à l'exportation, pilier du modèle allemand, soutenue par une politique salariale dégressive, depuis le moitié des années 90. De quoi s'indigner. Les Pirates l'ont bien compris et s'engagent pour une salaire minimum tout branches confondues, comme les indignés grecs manifestent pour des politiques efficaces contre le chômage. A l'instar des indignados espagnols du mouvement ¡Democracia real YA! (Un réelle démocratie maintenant !), les Pirates allemands veulent une démocratie participative et, surtout, transparente, où les citoyens puissent être informés, à tous les niveaux, des décisions prises, de la distribution des fonds publics. Aux côtés d'organisations de la société civile, ils ont par exemple déjà mené à bien une campagne pour un référendum d'initiative populaire sur les contrats de privatisation de la compagnie des eaux berlinoise. Les dividendes disproportionnés fixés dans ces contrats furent ainsi révélés. Le Parti pirate lutte ainsi contre la collusion des acteurs de l'économie et de la politique, contre la corruption, cheval de bataille des indignés à travers l'Europe. Ils pratiquent aussi une forme d'honnêteté intellectuelle que l'on ne connaît plus des partis traditionnels et que les indignados voudraient revoir en politique. Lors de la campagne électorale berlinoise, le candidat pirate reconnaissait ouvertement ne pas être au point sur certains sujets, une concession qu'aucun politique professionnel ne ferait, tant il se sent obligé de paraître sans faille, langue de bois à l'appui. Mais la façade lisse et convenue du politique traditionnel ne convainc plus, le héros imbattable n'est pas crédible. Ou est-ce que les politiques seraient des Chuck Norris dans l'âme ? Au delà de ses thèmes fondateurs comme les droits d'auteur et la neutralité du net, le Parti Pirate s'engage, comme les indignés, pour l'émergence d'une vrai démocratie, plus participative, plus proche du citoyen. Ce fond commun se retrouve donc défendu de différentes manières, inhérentes aux culturelles respectives. Si les indignés ne sont pas apparus en Allemagne dans le style « méditerranéen », c'est que la manifestation est une forme de participation démocratique plus ancrée culturellement en Espagne ou en Grèce qu'outre-Rhin. On y mise par contre plus volontiers sur l'institutionnalisation que l'on évite ailleurs, mais qui, en Allemagne, peut porter ses fruits. A voir, maintenant, si les Pirates pourront concrétiser leur élan au Parlement et s'ils vont connaître le même succès ailleurs en Allemagne. Sergio Marx Le Premier ministre britannique David Cameron et le Président français Nicolas Sarkozy était la semaine dernière en visite officielle en Libye pour soutenir le nouveau gouvernement en place... et se faire encenser en libérateurs. Un rendez-vous de Tartuffes, ces anciens amis de Mouammar Kadhafi, qui l'ont renversé sans même respecter les règles. L'appel de Nicolas Sarkozy pour la paix, la liberté et la démocratie pour la Libye, lancé jeudi dernier à Tripoli et à Benghazi, sonne creux. En effet, pendant des années la France et le Royaume-Uni, alliés aujourd'hui contre Kadhafi, ont toléré voire soutenu, faut-il le rappeler, le régime qui vient de disparaître. Mouammar Khadafi fut reçu en grande pompe à l'Elysée en décembre 2007. David Cameron n'en fit pas autant, et pour cause. L'attentat de Lockerbie, commandité par les Libyens, pèse toujours sur l'opinion britannique. Mais suite au retour en grâce du dictateur libyen dans les années 2000, le Royaume-Uni a finit par libérer prématurément l'auteur de l'attentat, en août 2009, pour des raisons de santé officiellement. L'UE coopère, elle, dès 2003 avec le régime sur des questions d'immigration. Ces amitiés ne s'arrêtent pas là. Jusqu'à la chute du régime, Tripoli exportait 80% de son pétrole vers l'Europe. La France était destinataire de 10% du total des exportations, le Royaume-Uni, 5%. Les grands de ce monde semblaient ravis du colonel Kadhafi. Et ce même jusqu'en février 2011 où le FMI louait encore les réformes économiques libyennes. On est bien loin d'une attitude hostile, les gouvernements des pays respectifs ne trouvant rien à redire à ces affaires. Pas d'appel au boycott du pétrole libyen. De plus, certaines révélations récentes montrent à quel point les Occidents ont aider le régime dans ces mesures antidémocratiques. Selon les révélations du Wall Street Journal et du Figaro, l'entreprise française Bull et des militaires à la retraite français auraient contribué à l'appareil sécuritaire libyen à partir de 2008. D'anciens militaires français se sont donc rendus à Tripoli pour vendre leur produit de monitoring, ont participé à son implémentation et à son entretien au sein du réseau libyen. Le système de surveillance devait permettre de reconnaître de potentiels dissidents en violant leur vie privée. Pas de condamnation, à l'époque, de la part du gouvernement français des activités de cette entreprise. La résolution 1973 de l'ONU fait prendre soudainement conscience à Nicolas Sarkozy de la vrai nature du régime Khadafi. La France prend alors les devants, diplomatiquement comme militairement. Sarkozy invite des représentants des rebelles à l'Elysée, il est le premier à reconnaître le Conseil National de Transition (CNT). Une rapidité qui se voit récompensée. Selon les révélations de Libération, les CNT aurait indiqué dans une lettre au Qatar avoir promis aux Français 35% de la production de pétrole libyen, une fois au pouvoir. En effet, le Qatar est lié depuis le début de la rébellion aux insurgés. Agissant comme intermédiaire entre les rebelles et Paris et Londres, l'émir du Qatar Hamad bin Khalifa al-Thani a été invité à la conférence sur le futur de la Libye qui s'est déroulée à Paris début septembre. Rappelons que le Qatar n'est pas une démocratie, il n'y existe aucun parti politique, mais une monarchie absolue, régie par la loi islamique, sans séparation des pouvoirs. De nombreuses ONG condamnent le manque de respect de libertés fondamentales dans ce pays. Etrange allié dans la lutte pour la liberté et la démocratie. Militairement, Sarkozy a pris également les devants sans respecter les règles. Au cours des quelques mois de combats, la mission de l'OTAN dirigée par la France et le Royaume-Uni a dépassé allégrement le mandat de la résolution 1973 de l'ONU qui prévoyait de s'en tenir à la protection des populations civiles. Le ministre des affaires étrangères français Alain Juppé l'a admit dès fin août, la France a envoyé des instructeurs et des armes sur le sol libyen. L'intervention en Libye est le triste révélateur du manque de scrupules et de l'opportunisme à peine voilé qui régissent les relations internationales. Les professions de fois démocrates des dirigeants européens n'engagent que ceux qui y croient et semblent plutôt annoncer l'ouverture de nouveaux marchés à nos économies en ralentissement qu'être la preuve d'une réelle pensée démocratique. Le franc suisse est surévalué depuis des mois. La Banque nationale suisse (BNS) s'est dite prête, aujourd'hui, à acheter des devises en « quantité illimitée » pour assurer un taux plafond de 1,2 francs pour un euro. Un soulagement pour des centaines de milliers de Polonais et Hongrois, détenteurs de crédits en francs, pour qui les mensualités devenaient un supplice. En effet, la constante augmentation du franc suisse depuis un an n'a pas seulement handicapé les exportations suisses, elle a aussi fait s'accroître considérablement les mensualités de nombreux propriétaires d'Europe centrale ayant souscrit des emprunts en franc. Les taux avantageux proposés par les banques suisses au début des années 2000 ont été décisifs. Aujourd'hui, la cherté du franc est devenu pour beaucoup intenable. Un quart des 1,22 millions d'hongrois détenteurs de crédit en francs sont en retard de paiement, alors qu'en Pologne, la moitié des crédits immobiliers sont libellés en francs suisses. Ces remboursements rendent les fins de mois de plus en plus difficiles et pénalisent l'économie locale. Les pays affectés ont adoptés des mesures pour alléger les détenteurs de crédit, en vain, le franc continuait de monter. Si de nombreux experts se sont réjouis de la décisision de la BNS. Certains restent encore sceptiques et sur la défensive : « Combien de temps est-ce que la Banque nationale suisse va pouvoir tenir ?», se demande-t-on à Varsovie. ![]() Annoncé dans un communiqué de presse début août, Tweet Your MEP est initiative lancée par le site Touteleurope.eu. Le principe est simple: créer une plateforme permettant aux citoyens de dialoguer directement avec les élus européens, en utilisant la technologie Twitter (un compte, 140 caractères). N'importe qui pourra alors, après inscription, envoyer des questions à l'eurodéputé de son choix (parmi ceux présent sur le réseau) et débattre avec les autres citoyens. Pour le moment, quatre langues sont prévues: français, anglais, allemand et néerlandais. Pour en savoir encore plus, voir ici. Le lancement est planifié pour le 22 septembre lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg. Mais dès maintenant, Europa451 vous propose une interview de Laura Dagg, la coordinatrice du projet. En six questions, elle explique les points essentiels de ce nouvel outil au service de la démocratie européenne 2.0 Dans un autre article à venir, Europa451 exposera une vision critique (ou pas) de tout cela. Bonne lecture. ![]() Début août, des militants du Parti Socialiste Européen (PSE) ont lancé une initiative en vue des élections de 2014. Leur objectif: obtenir la tenue de primaires qui désigneront le candidat de la gauche pour le poste de Président de la Commission européenne. Une des avancées majeures du Traité de Lisbonne est le lien créé entre élections européennes et Présidence de la Commission. En effet, les textes prévoient que dorénavant, le Président de la CE soit issu du parti ayant obtenu le plus de sièges au Parlement. Derrière le côté novateur, cela est un principe déjà appliqué dans n'importe quel pays démocratique (exception notable dernièrement: la Slovaquie – la gauche gagne, mais ce sont les partis de droite qui ont formé une coalition). | ArchivesJanuar 2012 Europa451?
----------------------------------- Tous les droits de reproduction et de représentation sont réservés et la propriété exclusive d'Europa451, y compris pour les documents téléchargeables et les représentations iconographiques et photographiques.
L’utilisation, la reproduction, la transmission, modification, rediffusion ou vente de toutes les informations reproduites sur ce site (articles, photos, logos) ou partie de ce site (texte y compris) sur un support quel qu’il soit, ou encore la diffusion sur tout autre site Internet par le biais d’un quelconque hyperlien, groupe de discussion, forum ou autre système ou réseau informatique que ce soit, et ce dans le cadre d’une utilisation à caractère commercial est formellement interdit sans l’autorisation préalable et écrite d'Europa451. © Europa451 2011 - Tous droits réservés. |





















RSS Feed