BREAKING NEWS(voir en bas pour la mise à jour)/ Depuis quelques semaines, les syndicats de fonctionnaires européens sont en conflit plus ou moins ouvert avec les (certains) Etats membres qui ont refusé lors d'une réunion COREPER I, la proposition de la Commission visant à augmenter les salaires selon les critères statistiques calculés par cette dernière. La hausse aurait dû être aux alentours de 3,7% et est normalement garantie par les statuts. Toutefois, les Etats membres ont estimé, qu'en période de crise et alors que l'Union européenne demande aux administration nationales de faire des économies, en réduisant les effectifs ou les salaires, qu'il n'y aurait pas ou peu d'augmentation de salaires pour les fonctionnaires européens. Depuis les syndicats européens tentent de négocier avec la Commission et le Conseil, sans succès jusqu'à présent. Hier, les syndicats du Conseil ont appelé à une grève de trois heures, le lundi 14 décembre. Aujourd'hui, c'est au tour de certains syndicats du Parlement européen. Un préavis de grève (conservatoire) a été déposé pour la période du 14 décembre 2009 au 19 janvier 2010. Dans un courrier au Président du PE, Jerzyk Buzek, ils précisent que tout cela est fait "préventivement au cas où la Commission modifierait sa proposition d'adaptation des rémunérations ou encore que le conseil refuserait une nouvelle fois la proposition initiale" En poursuivant: "une Assemblée générale du personnel du Parlement est convoquée encore cette semaine. Elle discutera des modalités d'action à envisager en cas de concrétisation du conflit. Le personnel du Parlement n'hésitera pas à se joindre aux actions des collègues de toutes les Institutions. Nous sommes à votre disposition pour trouver une solution à un éventuel conflit." Jusqu'à quand le bras de faire entre les Etats membres et les 38 000 fonctionnaires européennes? S'ils en venaient à manifester dans les rues de Bruxelles, cela sera cocasse en comparaison des milliers de manifestants qui viennent tous les ans dans la capitale européenne dénoncer les politiques qu'ils mettent en place. Mise à jour : l'Assemblée Générale qui a eu lieu hier au Parlement européen, regroupant des employés et les organisations syndicales, a voté une résolution, déclarant que l'AG: MANDATE les organisations syndicales, en l'absence d'engagements fermes de la part du Conseil quant au respect de ses obligations statutaires, pour déclencher, dans le cadre du préavis déjà déposé à titre conservatoire, une grève d'avertissement et/ou d'autres actions analogues, à partir du lundi 14 décembre 2009; MANDATE les organisations syndicales du PE pour prendre les mesures nécessaires à l'exécution de la présente résolution. Cela se précise donc. Mais il ne faut pas oublier, que la semaine du 14 est une semaine de migration strasbourgeoise. Une petite grève en terre française ? Europa451 1 Comment ![]() NEWS/ Jeudi 19 novembre, alors que toute l'Europe avait les yeux rivés sur le Conseil européen et les nominations, le United-Kingdom Independence Party (UKIP) a lancé sur Internet une grande pétition. Elle porte sur l'organisation d'un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. Le leader de ces conservateurs d'extême droite, anti-européens farouches au sein de l'hémicycle bruxellois, Migel Farage a déclaré : "c'est une réelle chance pour le peuple de Grande Bretagne de montrer que quelque soit le prochain gouvernement (ndlr: les britanniques vont voter au printemps prochain), ils sont fatigués des mensonges et qu'ils veulent avoir leur mot à dire au sujet de l'appartenance de leur pays à l'UE". L'objectif, même si assez utopiste, est de forcer le gouvernement de Brown ou le prochain à demander l'avis des citoyens britanniques en espérant qu'ils disent non et ainsi obtenir ce dont rêve l'UKIP depuis sa création (sa raison d'être même): sortir de l'UE et redonner à la Couronne toute sa souveraineté. Pour la forme, il est quand même intéressant de noter que Farage utilise indirectement une nouvelle ressource du Traité de Lisbonne, qui pour la première prévoit qu'un pays puisse quitter l'UE (art.50), ce qui était impossible jusqu'à présent (et encore jusqu'au 1er décembre 2009). Pour quelqu'un qui a si durement critiqué ce traité, il semble lui trouver aussi quelques avantages. C'est d'ailleurs ce que disait Europa451 au sujet des eurosceptiques lors de la campagne irlandaise en septembre dernier. Voter oui était dans l". Reste à savoir maintenant si une pétition pourra amener un gouvernement britanniques, même conservateur à tenter le diable. Car si critiquer l'UE est une chose, la quitter (et tout ce que cela comporte en terme de perte d'influence, d'opportunités, etc) est en une autre. David Cameron (futur probable Premier ministre après les élections du printemps 2010 qui devraient ramener les Torries au pouvoir) serait bien téméraire. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Union européenne: du soft au "weak power" 11/20/2009
![]() Les négociations de couloirs et dinatoires auront finalement durées moins longtemps que prévues. En un peu plus d'une heure, les chefs d'Etats et de gouvernements de l'UE ont désigné le Président du Conseil européen et le Haut représentant en politique étrangère. Une nouvelle pourtant peu réjouissante pour l'avenir de l'Europe. Dans les années 90 a émergé dans le monde académique des relations internationales, un nouveau concept. Celui du "soft power" ou "pouvoir doux" en français. Ce terme désigne la capacité d'un acteur politique d'influencer la scène internationale ou obtenir quelque chose, sans avoir recours à des moyens de coercitions. A l'inverse, se trouve le "hard power", qui lui utilise des moyens directs, militaires pour ne citer que les plus radicaux. Une puissance sans puissance L'entité politique mondiale définissant le mieux ce pouvoir de la douceur est l'Union européenne. Première puissance économique mondiale en termes de PIB, regroupant près d'un demi-milliard d'individus, elle cherche avant tout à influencer les négociations internationales en utilisant les règles de droit, voire en les implantant là où elles sont bafouées. Les nombreuses missions de la paix sponsorisées par l'UE en sont la meilleure preuve. Ce particularisme est en parti dû au fait que les moyens de coercitions échappent encore en grande partie à Bruxelles, les gouvernements nationaux gardant la main sur la politique étrangère et l'usage de la force, qu'elle soit civile ou militaire. La tuer dans l'oeuf Or, l'Union européenne aspire à une place de choix au sein du jeu mondial, par l'intermédiaire de ses membres qui voient leur influence diminuer au fur et à mesure que de nouvelles puissances émergent. Depuis que le changement climatique est devenu un sujet de discussion international, l'UE cherche à s'imposer en tant que leader et exemple pour le reste de la planète. Même chose sur le plan de la sécurité: intervention au Tchad avec l'Eufor, ou l'opération Atalanta au large des côtes somaliennes. Les signaux sont encore peu clairs, mais les vieilles nations d'Europe voudraient encore être prises au sérieux. Pourtant, c'est tout cela qui vient d'être tué, ce 19 novembre 2009 quand lors d'un diner au Conseil, le nom de Herman Van Rumpuy et Catherine Ashton ont été acceptés. Ces deux personnages aux postes respectifs de Président permanent du Conseil européen et de Haut représentant en politique étrangère, c'est l'affirmation de la volonté de faiblesse volontaire de l'UE, de sa démission au nom de la sauvegarde des pouvoirs personnels de nos chefs d'Etat qui ne veulent pas être dérangés dans leurs petits arrangements. L'UE vient d'inventer un nouveau concept: le weak power…Un isolationnisme à l'européenne: nous aurions la possibilité d'acter sur le jeu mondial et nous le voulons, mais toutes les chances d'y arriver sont systématiquement annihilées par nous-mêmes. Nous nous auto-neutralisons. Par le refus ou la peur qu'éprouvent les chefs d'Etat à aller plus loin dans l'intégration, seul moyen pour rester un "power". L'Europe refuse d'assumer, de s'armer de courage politique. Tout le monde s'accorde à dire que le projet a besoin d'une relance, mais personne ne le fait. Le Traité de Lisbonne ne résoudra rien par lui-même. Il faut les hommes qui vont avec. La faiblesse, nouvelle qualité politique Il n'est écrit nulle part qu'un soft power se doit par la même occasion d'être un pouvoir faible. Or c'est que représentent Van Rumpuy et Ashton. Le premier, en tant que futur ancien Premier ministre belge est le symbole de la culture du compromis, du consensus, de l'absence assurée de vagues ou d'initiatives trop révolutionnaires. Il a réussi à faire vivre Flamands et Wallons ensemble pendant un an et demi, en enterrant certains dossiers (BHV par exemple), pourquoi pas 27 nations. Concernant Catherine Ashton, le poteau rose est encore plus flagrant. Pur produit des années Blair (son ascension date de cette époque), c'est une spécialiste avant tout en éducation et business. Un rapide coup d'œil sur son cv ne fait aucun doute la dessus. Alors pourquoi mettre quelqu'un qui n'a aucune expérience en relations internationales à un poste si stratégique, si ce n'est pour le torpiller et le rendre insignifiant? Javier Solana, le Haut représentant sortant avait au moins le mérite d'être l'ancien patron de l'OTAN. Or avec une britannique à la tête de la diplomatie européenne, tout en étant sûr qu'elle appellera Londres (donc Washington) avant de bouger, elle se contentera par ailleurs de faire le suivi administratif, rien de plus. Aucun de ces deux personnages ne sont charismatiques, ni connu du public européen et encore moins des autres chefs d'Etats du monde. Ils représentent la faiblesse et ont été choisi pour ce défaut qui devient une qualité sur notre continent. Qui pense vraiment qu'Obama ou Poutine appelleront Van Rumpuy ou Ashton pour parler à l'Europe ? Berlin, Londres et Paris resteront les trois numéros nécessaires. Bruxelles restera un ghetto isolé. L'hypocrisie du Mur C'est là toute l'hypocrisie de nos dirigeants, chefs de chantier de la construction européenne. Avec les 20 ans du 9 novembre 1989, nous avons pu entendre les plus beaux discours possibles et imaginables sur l'Europe, son unité retrouvée, son avenir commun et les défis qu'elle doit relever pour perdurer avec ses idéaux dans le XXIème siècle. Merkel et Sarkozy en ont même rajouté une couche avec le 11 novembre, la réconciliation franco-allemande, de nouveaux projets, un ministre commun, etc. Ils viennent là de montrer leurs vrais visages: l'UE, cela ne les intéresse que pour les fonds régionaux ou agricoles qu'ils peuvent ramener à la maison et les beaux discours d'anniversaire sous la pluie. Rien de plus. L'amitié et la solidarité européenne ne sont que de façade. La méfiance règne entre tous. Les Polonais se méfient toujours des ambitions allemandes, les Britanniques sont membres par défaut et craignent le fédéralisme comme la peste, les Français voient leur couple et leadership franco-allemand menacé par l'Est, les petits ont peur de se faire manger par les gros, les pays ayant souffert du communisme se considèrent comme méprisé par l'Ouest, etc. La vassalité annoncée Tous sont conscients que seuls ils ne comptent plus dans le jeu international, qu'Obama les trouve insignifiant, que les Russes les méprisent et que les Chinois n'en veulent qu'à leur technologie, mais sont encore trop fiers et sûrs de leur bon droit pour ne pas voir l'opportunité que constitue l'Union et qu'ils viennent de rater une chance historique. Une chance historique de relancer le projet qui est essoufflé par 10ans de négociations et réformes institutionnelles bancales et des élargissements successifs doublant le nombre de ses membres. Une chance historique de pousser l'UE vers la scène internationale, d'en faire un acteur véritable et responsable, assumant sa place. Pourtant, avec ces deux nominations, complétant celle de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission en septembre, c'est bien une Europe vassale de ses membres, de ses petits intérêts personnels/nationaux, d'elle-même qui se dessine. Une Europe qui n'a aucun projet d'avenir si ce n'est celui de vivre de ses maigres acquis et de se présenter comme un espace géographique rempli de bonnes intentions où il fait bon vivre. Une Europe qui ne tardera pas à se faire marginaliser par des acteurs bien plus sérieux qu'elle. L'abdication. Comme un goût de Munich. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 This is your new blog post. Click here and start typing, or drag in elements from the top bar. ![]() Barcelone accueille du 18 au 20 novembre le congrès annuel de l'Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe (ADLE). L'eurodéputé belge Annemie Neyts y sera réélue en tant que présidente pour la troisième fois dans ce parti qui a très bien résisté aux élections européennes malgré la crise économique que beaucoup de gens expliquent par un excès de libéralisme. « Je ne suis pas pour la parité systématique hommes-femmes pour les postes à responsabilitéde l'UE, mais comme nous sommes très loin de l’atteindre, cette parité, nous avons une marge de manoeuvre pour exiger qu’il y ait plus de femmes », explique la présidente de l’ADLE, Annemie Neyts. Pour la première fois, les libéraux et réformistes européens organise un congrès en Espagne, à Barcelone. C’est logiquement un des partis membres qui est en charge de l'organisation, la Convergencia Democrática de Cataluña. Tout devrait se dérouler sans soubresauts en interne et en tout optimisme après les bons derniers résultats en Allemagne, Roumanie et aux dernières élections européennes de juin 2009. « La solution proposée par les libéraux pour qu’il y ait plus de femmes à la Commission européenne passe par le fait que chaque pays choisisse deux personnes pour le poste, un homme et une femme. Autrement, les pays qui se sont pressé de proposer un homme pour leur poste de commissaire obligent les pays restants à choisir des femmes pour donner un semblant de parité dans l’UE », raisonne Annemie Neyts. Le pari pour les femmes caractérise l’ADLE. Après les Verts, leur groupe est dans la Chambre européenne le plus féminisé, avec 42,5% de députées. De même, dans la Commission européenne, l’ADLE apporte plus de femmes que personne d’autre, avec Neelie Kroes (Concurrence), Meglena Kuneva (Consommateurs), Marian Fischer-Boel (Agriculture) et Androula Vassiliou (Santé). En revanche, pas de noms libéraux pour occuper la présidence de l’UE et le responsable de la Politique Étrangère et de Sécurité, postes qui seront décidés à partir du 19 novembre. Seraient-ils, les libéraux, prêts à soutenir une femme pour présider l’UE, même si elle ne provenait pas des rangs libéraux ? « Je connais bien les candidates. Tarja Halonen et Vikke-Freiberga me semblent très compétentes ; Mary Robinson pas tellement, que je respecte beaucoup pour son travail en tant que Premier ministre en Irlande, mais pas tellement pour son action auprès des Nations Unies dans la défense des Droits de l’Homme », juge Neyts. « Ceci dit, si jamais il y avait un candidat homme libéral ça me poserait un problème de conscience, même si au final je soutiendrais le libéral ». Le groupe des libéraux et des démocrates (ALDE) au Parlement européen est passé de 101 à 84 députés aux élections en 2009. Vous êtes satisfaites avec le résultat ? Je dois vous corriger. Les élus libéraux sont passés de 74 à 73. Ce sont surtout les démocrates qui ont perdu du terrain : les Italiens du Parti Radical, les Français du Modem. Sans oublier les italiens de Francesco Rutelli qui ont déménagé chez les socialistes. En revanche, le parti libéral en Italie, Italia dei Valori, a fait un très bon score. Malgré cette crise économique que l’opinion publique tendait à identifier comme un excès de libéralisme, les électeurs ne vous ont pas fait payer une facture trop chère. Certains intellectuels et dirigeants de la gauche pensent que le libéralisme est mort avec cette crise. Mais les électeurs ont démontré le contraire. Comment vous interprétez le râteau que s’est pris la gauche en Europe ? La social-démocratie ne parvient pas à articuler un discours cohérent et se voit dépasser à gauche par les utopistes, les ex communistes, les marxistes… Et même les Verts dans des pays comme la France ou la Belgique. Pour l’instant aucune régulation européenne pour le secteur financier n'est prévue. En avons-nous toujours besoin maintenant que l’UE sort de la crise ? Bien sûr que oui, mais les États doivent se mettre d’accord et ce n’est pas facile. Chacun a sa vision. Ils doivent s’accorder s’ils lancent une réforme intégrale avec une seule norme ou bien s’ils le font de façon progressive, en commençant par réglementer les opérations financières transfrontalières. Vous croyez vraiment qu’il y aura une régulation ? Sans doute. Il faut renforcer les mécanismes de contrôle. Et la rémunération des dirigeants de banque ? J’avoue mon ignorance à ce sujet. Il se pose un problème moral, en effet, quand les institutions financières soutenues à bras le corps par les pouvoirs publics avec des moyens financiers publics offrent des salaires faramineux à leurs dirigeants. Mais il ne faut pas tout mélanger : ce n'est pas cela qui a provoqué la crise. Maintenant que les pouvoirs publics ont sauvé le secteur financié, faut-il faire de même avec les chômeurs ? L’État paie déjà des allocations aux chômeurs. Mais peut-on parler de sortie de crise quand bien que le PIB augmente, l’emploi ne connait pas de reprise ? En effet, ces deux facteurs ne vont pas toujours de paire. La reprise économique ne se traduit pas de façon automatique avec une reprise de l’emploi. Soit parce que les entreprises gardent leur argent le plus longtemps possible, soit parce que le marché du travail est cadenassé et les chefs d’entreprise n’embaucheront pas avant d’être sûrs que la crise soit passée. Vous pensez à quels pays ? À l’Espagne ou la Belgique. La chute du mur de Berlin a fait la Une de tous les médias en Europe comme un évènement important dans l’histoire de l’Union. Que doit-on fêter : la défaite du communisme ou la défaite des dictatures ? Il faut fêter la défaite des systèmes autoritaires et le fait que ce sont ces peuples européens qui se sont libérés eux-mêmes. Dans les pays du sud de l'UE, les partis communistes ont lutté contre les dictatures. Que faire d'eux dans l'Histoire européenne ? Cela dépend de leur propre placement. En Espagne et au Portugal, les communistes sont encore marxistes. Pas en Italie. [En Espagne et le Portugal les communistes ont encore une forcé électorale notable] Chacun est maître de sa propre survie et de sa propre mort. Fernando Navarro Sordo Europa451 ![]() Découvrez comment une boîte de noix de cajou de la marque allemande Pittjes démontre que la tension à laquelle sont soumis les passagers dans les aéroports est moins liée à la sécurité qu’aux boutiques duty free et le besoin que les voyageurs consomment entre le check in et l'avion. L’humiliation que tout passager européen d’avion subit quand il embarque en cabine ne se limite pas au stress de tout voyage. Ne doit-il pas se déshabiller à moitié et courir derrière ses effets personnels au rythme du tapis roulant poursuivit par une équipe de surveillants ou d’agents de sécurité l’enjoignant sans arrêt de se presser? Sans oublier qu'on l'empêche de conserver sur lui une bouteille d’eau pour se ravitailler sans devoir effectuer de dépenses superflues, ou d’introduire dans son sac à main un coupe ongles pour le soin des doigts pendant les heures mortes passées souvent dans les salles d’attente des aéroports. Mais le pire dans tout ça, c'est que parfois, on se rend compte que tout cela ressemble à une mascadre. Aliéner les gens pour rien Aéroport de Budapest, la capitale de la Hongrie, état membre de l’UE. Le journaliste qui écrit ces lignes, après avoir passé avec succès tous les contrôles vers la zone d’embarquement et avoir récupéré ceinture, chaussures et autres effets personnels se retrouve soudainement en pleine zone commerciale pleine de boutiques de toutes sortes : de produits de luxe ou de consommation immédiate, souvenirs inclus. ![]() La présence d’une rangée de boîtes contenant des fruits secs l’interpelle. Il décide d’en acquérir une qui contient 150 grammes de noix de cajou. Immédiatement après, il décide de vérifier le mécanisme d’ouverture et de fermeture de la boite. Tel qu’il s’en doute depuis le début, pour consommer ces précieux fruits secs il suffit de tirer d’un anneau pour décoller une lame en aluminium fine comme le fil d’un scalpel. Un geste rapide et précis suffirait pour juguler n’importe quel passager, membre de l'équipage et, bien sûr, le commandant de l’avion, car l’objet peut être facilement caché dans le creux d’une main sans que personne ne puisse se rendre compte avant l’instant fatal. Et tout cela grâce à une entreprise allemande, Pittjes, spécialisée dans les fruits secs et les snacks présents dans de nombreux aéroports de l’UE, et sensée connaitre la législation européenne. Il est difficile de ne pas se demander quel est le sens des ces mesures de sécurité dérangeantes et souvent aliénantes de l'autre côté du check point, si c'est pour ravitaller en matériel tout preneur d'otages en herbe dans la zone internationale. Un business qu’il faut maintenir vivant Depuis que l’Irlande a inventé en 1946 le concept des boutiques 'libres d’impôts' dans les zones aéroportuaires internationales, ce modèle s’est répandu dans le monde entier profitant historiquement aux personnes qui pouvaient se permettre de payer un billet d’avion ainsi que les entreprises publiques qui géraient ces boutiques. Pourtant, dans l’Union Européenne, depuis 1999, ces ventes et achats privilégiés ont été supprimées pour les passagers de vols intracommunautaires, c’est à dire que pour l’immense majorité des passagers d’avion qui transitent en Europe, les taxes sont appliquées, donc les prix similaires avec ceux de l'extérieur, alors que les boutiques ont été privatisées, franchisées. Tout cela a coïncidé, de plus, avec la mise en marché de mesures de sécurité sensées éviter des actions terroristes à bord des avions ; des mesures qui obligent dans la pratique le passager à consommer d’avantage dans les boutiques des zones d’embarquement des aéroports. CQFD ? Fernando Navarro Sordo Europa 451 Vaclav Klaus s’est planté en beauté 11/02/2009
ANALYSE/ Le Président français, Nicolas Sarkozy n’était franchement pas heureux lors de la conférence de presse du Conseil européen lorsqu’il a dû avouer avoir cédé au Président tchèque sur la Charte des droits fondamentaux. Pourtant, il aurait du se réjouir, car Vaclav Klaus vient de s’auto-désavouer ainsi que ses amis eurosceptiques. Les députés européens s'en souviennent encore. En février dernier, alors que la République tchèque prenait la Présidence de l'Union européenne, son Président, un certain Vaclav Klaus avait prononcé un discours violemment eurosceptique devant le Parlement. Un des ses leitmotiv: l'Europe se dirige vers une économie centralisée et bureaucratique et un régime privant les peuples de liberté et de démocratie. Certains élus avaient quitté l’hémicycle. Farouche opposant au Traité de Lisbonne malgré la ratification par son Parlement du texte, Vaclav Klaus a fait trainer le suspense jusqu'au bout, refusant de signer. Finalement, il posera sa bafouille en bas de la page. Pourquoi cela? Car il a obtenu un opt-out sur la Charte des droits fondamentaux, texte supposé pouvoir remettre en cause les décrets Benes, ayant permis d'expulser les Allemands de Tchéquie après la Seconde Guerre Mondiale (2 à 3 millions de personnes). Les vrais maîtres du jeu Face au risque de voir encore la ratification capoter, le Conseil européen réunit à Bruxelles les 29 et 30 octobre lui a donné satisfaction. Mais obtenant cela, Vaclav Klaus ne s'est-il contredit ? Voir carrément auto-trahit ? Lui qui dénonçait une Europe où les Etats sont écrasés par la machine bruxelloise, ne vient-il pas de démontrer que ces mêmes Etats sont encore les maîtres du jeu? Que l'inter-gouvernementalisme n'est pas mort et qu'au contraire, le supranational est des plus fragiles. Si, car un seul Etat peut bloquer tout la machine. Que ce soit un grand ou un petit. Et quant à ses comparaisons avec l’époque soviétique, combien d'opt-out l'URSS a toléré chez ses satellites avant d'envoyer les chars? Ici tout a été réglé autour d'une table. Se présentant comme un défenseur de la démocratie à l’échelle nationale, ne vient-il pas au passage de la bafouer lui-même ? En remettant en cause une décision, un vote de son propre Parlement, qui a ratifié l’ensemble du Traité de Lisbonne sans rien demander de plus. Il serait plutôt osé de sa part d’argumenter que les parlementaires tchèques sont des eurocrates non élus. Et ce sont aussi des chefs d’Etat élus qui lui ont accordé cette dérogation. Les piliers démocraties de l’UE sont multiples et divers : démocratie de premier et second degré. Etant lui-même un Président élu par une assemblée d’élus et non pas par le peuple, il devrait comprendre le concept. Une fausse excuse pour l’honneur Vaclav Klaus a ainsi obtenu ce qu’il voulait pour sauver son honneur d’eurosceptique, tout en se donnant tort sur toute la ligne. Bruxelles ne peut ni ne veut détruire les nations, puisque de toute façon tout se construit avec. L’ancien opposant au régime communiste vient surtout de prouver que le refus du progrès de la protection des droits ne vient pas forcément de l’UE. Mais aussi des Etats. Comment ce « défenseur de la liberté populaire » compte-t-il justifier à ses citoyens la non-implémentation de la charte dans leur pays ? Alors que tout le monde sait très bien qu’elle ne menaçait pas les décrets Benes, n’étant pas rétroactive. Ce qui est bien connu, c’est l’ultralibéralisme du Président tchèque. Quelle est la menace réelle quand on sait que l’article 51 précise que « cette charte ne s'adresse qu'aux institutions et organes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité ». Car c’est bien le détail : la charte était là avant tout pour les institutions elles-mêmes ou lorsqu’un Etat membre met en œuvre une disposition européenne. C’est ainsi, que lors d’un Conseil européen d’automne 2009, Monsieur Klaus montra à l’Europe tout entière la mesquinerie de son opposition. La question qui reste donc en suspens est toujours la même : a quant l’avènement d’une opposition européenne digne de ce nom ? Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Le traité de Lisbonne devrait entrer enfin en vigueur le 1er Décembre 2009. Le processus de sélection d’un Président et d'un chef de la diplomatie de l’UE va donc s’accélérer. Le choix est difficile mais nécessaire. Onno Quist, le personnage principal du roman La découverte du ciel, du néerlandais Harry Mulisch, nous livre sa théorie. Quand Onno Quist part en exil à Rome, après une vie et une carrière semées de lourds échecs et épisodes tragiques, son ultime mission reste d’écrire une lettre-roman à son père déjà mort. Dans cette lettre il formule sa conception particulière du pouvoir et du charisme physique chez l’homme ou la femme de pouvoir. « Là où les maisons royales ont disparu, la continuité n’a plus été assurée que par les fonctionnaires, qui sont issus de la cour et dont la présence n’a jamais connu d’interruption depuis Babylone et l’Égypte ancienne. Les fonctionnaires sont éternels, ils survivent au pharaon, aux rois et aux présidents, mais sans chef rien ne va ; des fonctionnaires sans direction sont des habits sans empereur. C’est d’ailleurs bien ce qui pourrait faire capoter l’unification de l’Europe. Ce qu’il y a de plus important que la compétence d’un chef, c’est le fait qu’il est là. Avec un chef incompétent, les choses tournent mal, mai sans chef tout sombre dans un arbitraire abstrait, d’où émerge inéluctablement un nouveau chef –car c’est, contrairement à ce que voudrait l’optimisme des anarchistes, le principe fondamental de l’ADN. » Fernando Navarro Europa451 ![]() (Flickr/Cédric Puisney) "Daniel Cohn-Bendit, le leader étudiant photogénique du Mai 68 parisien, et qui est de surcroît le co-président du Parti Vert européen, sautait de bonheur hier dans les couloirs annexes à la salle de presse du Parlement, entouré de journalistes". "Excité comme un gamin qui vient de tout gagner aux billes dans la cour de l’école, il racontait les détails stratégiques de la dernière victoire parlementaire des Verts : un amendement au Paquet Télécommunications pour éviter de sanctionner sans passer par une autorité judiciaire les internautes soupçonnés de téléchargement illégallement sur Internet. Il s’agit de l’Amendement Bono, soutenu contre toute attente par 407 eurodéputés presque tous issus des Verts, Socialistes, Libéraux et de la Gauche unitaire. Les conservateurs, ou bien se sont abstenus, ou bien ils ont voté contre. « Un jour historique pour la démocratie européenne et une claque pour Sarkozy », clamait hier Guy Bono, le socialiste promoteur de cet amendement qui a bénéficié du soutien et du punch populaire de l’écologiste Daniel Cohn-Bendit. » STOP retour en arrière Oubliez ce que vous venez de lire. Les paragraphes précédents sont un extrait d’une chronique publiée le 6 Mai 2009, un mois avant les élections européennes. Entretemps, les partis conservateurs européens ont remporté une large victoire et ce qui modifié l’équilibre des forces au sein de la Chambre européenne. Et le Conseil européen a de son côté exercé une pression en bonne et due forme. Si le Paquet Télécom est avant tout une réforme pour moderniser le marché des télécommunications, se cache aussi derrière les intérêts de ce secteur, qui souhaite un nouveau cadre législatif lui permettant d’investir avec des garanties. « Autrement, le risque c’est de voir les investisseurs partir en Asie », se plaignent les défenseurs de ce paquet. En outre, cette législation prévoit de finir avec "la neutralité de la toile". La droite, très stressée avec ce blocage L’ancienne ministre conservatrice espagnole, Pilar del Castillov qui fait partie des rapporteurs qui ont travaillé pendant 2 ans sur ce paquet législatif, se montrait très attristée pour ce blocage. « C’est lamentable que soit bloqué ce paquet avec les bénéfices qu'il permet en terme l’emploi en ces temps de crise », tonitruait-elle devant les journalistes rassemblés à l’époque. Ce blocage de la directive sur les Télécommunications aurait été causé par un mauvais calcul du Président français Nicolas Sarkozy, tel que le soulignait la socialiste Catherine Trautmann, rédactrice du rapport final du Parlement sur cette question. « Si le Paquet Télécom avait été une vraie priorité de la présidence française de l’UE, Sarkozy se serait bien gardé d’impulser un projet de loi et un débat parallèle en France sur la question. A savoir: doit-on ou pas sanctionner sans autorisation judiciaire les internautes qui téléchargent illégalement des contenus web ». Lors de la première lecture de la loi Hadopi au printemps dernier, le Parlement européen s'était prononcé contre. Le Parlement européen impuissant? Mais depuis quelques jours cette même institution ne s'oppose plus à ce que les autorités administratives sanctionnent les téléchargements P2P soit disant illégaux sans passer par une autorisation judiciaire. L'amemdement 138 qui prévoyait cette protection du citoyen-internaute a été renvoyé aux oubliettes lors de la scession pléniaire de la semaine dernière à Strasbourg. La raison invoquée ? Les traités en vigueur ne permettraient pas au PE de légiférer sur cette question, pourtant essentielle pour le citoyen. Entre le recul concernant la liberté de la presse en Italie, la concentration des médias et celui-ci, il serait bientôt nécessaire de demander concrètement aux eurodéputés quelles sont leurs compétences, hormis celle de remettre le prix Sakharov. En tout cas, Hapodi n'a plus grand chose à craindre de la part de Bruxelles. Les associations de défense des droits des internautes expriment leur surprise considérant que « le Parlement européen a décidé d’abandonner la défense des droits du citoyen». Fernando Navarro Sordo et Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 ![]() La droite italienne ne manque pas de chiens de garde catholiques et anticommunistes à l'Union européenne. Mario Mauro, eurodéputé italien, accuse les journalistes et les communistes de s’unir dans une stratégie politique commune, pour discriditer Silvio Berlusconi au niveau européen. Point de conférence de presse de Berlusconi ou de ses ministres pendant laquelle les journalistes Italiens ou étrangers ne s’intéressent pas sur les relations du Cavaliere avec les escort girls ou la justice. À Bruxelles la situation n'est guère mieux : à peine la nouvelle législature commencée, que Libéraux et Verts européens se sont unis pour porter le débat de la liberté de presse en Italie au coeur du Parlement européen. Face aux critiques, un des représentants de la droite italienne à Bruxelles n'a pas mâché ses morts :« Nous allons jouer cette partie à l’offensive, et non pas à la défense ». La phrase est de Mario Mauro, le chef de file de la délégation d’eurodéputés du Peuple de la Liberté et ancien vice-président du PE. Il est, ce qu'on appelle : le porte flingue européen de Berlusconi. Quand cela chauffe à Bruxelles, c'est lui le pompier. « La presse a un projet de pouvoir » En bon vasal, Mauro montre ses dents aux journalistes, parmi lesquels il a « tendance à voir beaucoup de communistes à cause de sa condition d’homme de droite à droite de Berlusconi », selon ses propres paroles dans un ton ironique. L’offensive, en tout cas, est à l'échelle européenne. Le gouvernement de Berlusconi a attaqué en justice les journaux et revues qui se font l’écho de ses mésaventures politiques et personnelles : il exige un montant de 3 millions d’euros pour dommages et intérêts à El País, La Repubblica, L’Unità et Le Nouvel Observateur. La ministre italienne de l’Égalité d’opportunités, Mara Carfagna, s’est aussi attaquée à La Repubblica. Elle demande 900.000 euros au journal pour avoir publié des déclarations publiques de la comédienne satyrique Sabina Guzzanti, et pour avoir fait référence à des informations révélées dans Le Nouvel Observateur. Toutes ces informations avaient déjà été publiées dans le journal Il Foglio, une propriété de Berlusconi, contre lequel aucune plainte n'a été déposée. Étrange. Lors des débats au sein du PE sur la situation de la presse en Italie, Mario Mauro a enfoncé le clou, assurant que « le groupe de L’Espresso et La Repubblica agit comme un parti dont le but serait de détruire le projet démocratique et politique de Berlusconi ». Tout en ajoutan : « Un vrai risque pour la démocratie existe quand un média a un projet de pouvoir comme stratégie », assomma-t-il en pointant du doigt La Repubblica et oubliant que des médias tels que Le Nouvel Observateur ou El País n’ont aucun intérêt politicien en Italie. Et finalement, c'est encore une fois Silvio Berlusconi qui devient une victime. Le 8 octobre 2009, lors du débat sur le projet de résolution du Parlement européen, il a lancé à l'Assemblée : "Les dommages que vous causez à l’Europe sont peut-être plus importants que ceux que vous infligez à l’Italie. Vous proposez aux citoyens une caricature de l’Europe, vous pensez pouvoir donner des leçons de démocratie, non pas pour défendre les droits des gens mais pour déformer la réalité à la manière du stalinisme". Reste que l'Italie reste le seul pays de l'UE où le chef du gouvernement est aussi le plus grand patron de presse nationale. La droite italienne a beau pointer du doigts des Murdoch ou des Lagardère, ces derniers ne siègent pas au Conseil européen. Tout dépendrait du discriminé? Mikolos Haraszti, responsable pour les médias dans l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), souligne dans un de ses rapports, assez critiques avec Berlusconi que « le rôle du journaliste est de poser constamment des questions », et demande qu’on retire les charges contre les médias. Mario Mauro devrait prendre en compte l'avis de cette organisation, qui l'a nommé en janvier 2009, représentant personnel de la présidence de l'OSCE contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, avec une référence particulière à la discrimination contre les chrétiens. Une place intéressante, pour un homme très proche du Vatican, qui n'apprécie que moyennement les homosexuels et qui a soutenu les mesures discriminatives envers les Roms, décidées par le gouvernement Berlusconi. Il s'était même montré agacé quand le Commissaire du Conseil de l'Europe en charge de droits de l'Homme, Thomas Hammarberg, jugeait la situation inacceptable. Il semblerait que l’intention des hommes politiques de la droite italienne consiste à détourner l’attention vers d’autres personnes. La stratégie de Mauro lors du débat sur la liberté de la presse fut étonnante: il se mit alors soudainement à défendre le Parti Démocratique italien de Dario Francheschini qui serait selon lui, « la vraie victime de tout ce capharnaüm médiatique", en étant discriminé par La Repubblica en faveur du parti Italie des Valeurs, du juge Antonio di Pietro. Un classique: diviser pour mieux régner. Le prix de la fidélité : recalé deux fois en 2009 Cela fait 10 ans que Mario Mauro travaille comme eurodéputé. C’est un référent de l’aile la plus conservatrice du Peuple de la Liberté, parti fondé par Berlusconi, et en Italie, il est particulièrement connu pour ses positions à tendance homophobes. « Les résolutions contre l’homophobie dans l’UE sont des documents idéologiques qui ont peu à voir avec la tutelle concrète des Droits de l’Homme, mais plutôt avec la destruction des valeurs qui sont à l’origine de l’Union en tant que projet politique », affirme cet homme politique qui s'alarme de « la dictature laïque totalitaire ». Jusqu’au mois de juillet dernier, Mauro aspirait à la présidence du Parlement européen avec le soutien de Berlusconi et Frattini, mais ses positions catholiques radicales ont poussé les partis politiques à faire le choix du protestant polonais Jerzy Buzek. Très proche du clergé italien, il fait parti du mouvement "Comunione e Liberazione", une sorte d'Opus Dei italien, très influent dans le nord de la péninsule. Point découragé, l'ambition de Mauro s’est alors tournée vers la présidence du groupe PPE au Parlement, dirigé par Joseph Daul. Mais la droite européenne ne voulait pas de frasques berlusconiennes en Belgique, et ont donc reconduit le français au poste. Une droite italienne qui agace On ne peut pas reprocher à Mauro un manque de cohérence politique, mais ses adhésions personnelles et idéologiques lui ont valu l’ostracisme à la droite italienne en Europe. Dans les congrès européens du Parti Populaire, les seuls discours utilisés par les délégués pour sortir fumer une cigarette sont les discours de Berlusconi, comme à Varosovie en mai dernier, alors que le Premier ministre français, François Fillon et la Chancellière allemande, Angela Merkel ont eu droit à des standing ovations. Ceci dit, il ne faut pas être avare avec la solidarité, ne serait-ce que pour profiter des voix italiennes lors d’un vote serré. Ainsi, quand Mauro, devant la pression des médias et des instances judiciaires subie par Berlusconi à l’échelle internationale, a demandé de l'aide au PPE, ce dernier a accouru prompt pour déclarer à travers la bouche de Joseph Daul, devant les journalistes que « nous sommes devant un procès injuste contre le gouvernement italien. Vous, les journalistes, quand on traite ce sujet qui vous touche directement, vous n’avez pas la même attitude que quand vous vous limitez à faire de l’information. Je doute de l’honnêteté déontologique de beaucoup de journalistes ». Mais derrière cette unité de façade, des voix au sein du PPE commencent à s'élever dans les coulisses. Une partie des conservateurs européens commencent à en avoir assez de devoir couvrir leurs alliés politiques, qu'ils soient Italiens pour la liberté de la presse ou Lituaniens au sujet de l'homophobie (concernant une nouvelle loi au sujet de l'éducation nationale et la prévention contre l'homosexualité). Car si une discipline de parti est nécessaire, ces députés originaire de pays plus progressite ont aussi des comptes à rendre devant leurs électeurs et leur opinion publique. La tâche de Mauro risque donc de devenir plus complexe au prochain accrochage entre l'Italie de Berlusconi et Bruxelles. Fernando Navarro Sordo et Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 Les deux pays sont séparés depuis presque 20ans, mais parfois le passé commun de l'ancienne Tchécoslovaquie resurgit, à l'improviste. Et c'est effectivement ce qu'il risque de se passer au sujet du Traité de Lisbonne et de l'opt-out demandé par le Président Klaus. Depuis le oui massif des Irlandais au traité de Lisbonne, les 26 Etats ayant ratifiés le texte font pression sur le Président tchèque pour qu'il signe ce que son Parlement a accepté. Eurosceptique et ultralibéral, il justifie son refus par une nouvelle astuce, mélangeant Histoire et droit : l'application de la Charte des droits fondamentaux remettrait en cause le "décret Benes", qui permis l'expulsion des 3 millions d'Allemands vivant dans les Sudètes à partir de 1945. Le risque serait que la Charte donne une base légale aux descendants pour réclamer la restitution de leurs biens et des compensations. Même si nombre de juristes n'ont de cesse de répéter à Klaus : la Charte n'est pas rétroactive, il ne veut rien entendre. Or à cette époque, la République tchèque n'existait pas en tant que telle. Elle était incluse dans la Tchécoslovaquie, dissoute en 1992. C'est ainsi que depuis ce week-end, les autorités slovaques se sont réveillées : si la République tchèque obtient ce qu'elle souhaite, c'est-à-dire, soit des garanties, soit un opt-out sur la Charte, son ancienne moitié veut la même chose. Raison invoquée ? La Slovaquie est un pays qui légalement a succédé à l'ex-Tchécoslovaquie et les décrets Benes font partie de son système juridique, qui pourrait ainsi être déstabilisé si la République Tchèque seule obtient une dérogation. Ce serait donc involontairement que Bratislava se retrouverait partie prenante dans ce dossier, du fait de la résistance de Vaclav Klaus. Le premier ministre slovaque, Robert Fico a déclaré que la position de son pays dépendra de ce qu'obtient Prague: si aucune concession n'est accordée, rien ne sera demandé. Mais si un opt-out ou déclaration est signé, il devra alors être valable pour les deux pays. Toutefois, il serait bon de rappeler que le parlement slovaque a ratifié le Traité de Lisbonne sans restriction, ni revendications, en mai dernier. Jean-Sébastien Lefebvre Europa451 | Catégories:
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